Michel Côté : "Montréal a demandé l'avis d'un comité d'éthique"

Mais il met en garde sur le "respect" dû aux morts.

Lyon Capitale : Auriez-vous accueilli cette exposition dans le futur Musée des Confluences ?
Michel Côté : C'est une belle question. Il ne peut pas y avoir de réponse tranchée. Je crois qu'on ne peut pas la présenter sans contextualiser et prévenir le public à l'entrée. Elle a été présentée à Montréal l'année dernière. Le centre des sciences avaient demandé l'avis d'un comité d'éthique, qui a conseillé de la présenter, mais en incluant à l'entrée une salle explicative, pour poser le débat à l'intérieur de l'exposition. C'est la même chose lorsque l'on présente des momies égyptiennes, ou des têtes aborigène, on ne peut pas le faire n'importe comment. En résumé, je pense que c'est jouable. Tout est question de présentation.

Est-ce que cette exposition présente bien les corps ?
C'est bien de se poser la question. Les corps sont mis dans des mouvements sportifs... Ils deviennent des outils qu'on met en scène. Il y a un code d'éthique pour les muséologues, qui précise qu'on peut présenter des corps humains dans le respect des personnes. A quel moment cela devient irrespectueux ? A Montréal, d'après ce que j'en sais, l'exposition a été bien accueillie par le public. Les gens ont su garder le respect.

Comment garder ce respect ?
C'est difficile à définir. Dans le musées des Confluences, on présentera le tombeau Koban en faisant en sorte que le visiteur ait le sentiment d'entrer dans un lieu de recueillement. Le problème de la tête Maori par exemple est d'une autre nature : vous vous adressez à des contemporains qui veulent enterrer leurs morts. Je suis favorables à rendre aux Maoris les têtes qu'ils réclament, pour qu'on puisse les enterrer correctement.

L'exposition ne joue-t-elle pas sur le ressort de la fascination pour le morbide ?
Pour moi ce n'est pas morbide, puisque c'est présenté de manière assez esthétique. Il n'y a donc pas de répulsion. La question qu'on doit se poser : est-ce que la fascination nous fait oublier que ce sont des corps, et non des objets ? Mais nous sommes aussi des corps. Si on met en valeur cette réalité, ce n'est pas forcément négatif. Je ne suis pas contre ce principe, tout est dans la manière de le faire.

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