Hubert Mounier et Benjamin Biolay © Gaëlle Mounier
Hubert Mounier avec Benjamin Biolay © Gaëlle Mounier

Lyon : Biolay chante Mounier et L’Affaire Louis’ Trio à Fourvière

Deux ans après le décès de son ami et mentor, Benjamin Biolay rend un hommage de gone à gone à Hubert Mounier, en reprenant sur la scène de Fourvière le chef-d’œuvre de L’Affaire Louis’ Trio : Mobilis in Mobile.

Benjamin Biolay © Gaëlle Mounier
Benjamin Biolay © Gaëlle Mounier

“Mon ami. Mon grand frère. Mon professeur de chanson. Tu vas me manquer atrocement, génie… Je t’aime.” Ainsi Benjamin Biolay annonçait-il au printemps 2016 sur son compte Instagram le décès d’une rupture d’anévrisme de son grand ami Hubert Mounier, musicien, dessinateur et auteur de BD. C’est que brusquement le musicien caladois se retrouvait orphelin de celui qui était son ami mais aussi son mentor, avec lequel longtemps les échanges musicaux furent prolifiques et bilatéraux. Le Caladois ne fut pas le seul à se retrouver brutalement orphelin de ce grand artiste. Car c’était rien moins qu’une étoile de la musique lyonnaise (et pas seulement) qui s’éteignait d’un coup.

Seul dans la Maison de pain d’épice

Ayant connu le succès – immense – dans les années 1980 et 1990 (sous le pseudonyme de Cleet Boris) au sein du cartoonesque triumvirat L’Affaire Louis’ Trio, puis des moments bien plus compliqués, en partie consécutifs à ce succès et à divers problèmes personnels, Mounier avait également produit de magnifiques disques solo, comme Le Grand Huit ou Voyager léger (réalisés avec Biolay). De tout cela, il était revenu, choisissant l’exil en Ardèche pour mener une seconde vie au calme, où il accouchait en 2011 du très beau La Maison de pain d’épice, “double” (disque + BD) album rédempteur sur lequel Benjamin Biolay contribua à lui remettre le pied à l’étrier avant de le laisser se débrouiller seul.

en Simple appareil

Hubert Mounier © Gaëlle Mounier
Hubert Mounier © Gaëlle Mounier

Les dernières nouvelles de Mounier, on les avait eues dans Le Nombril du monde, un livre qui s’accompagnait lui aussi d’un CD, Simple appareil. Mais, s’il se faisait rare, on ne s’attendait pas à ce que la vie fasse qu’il le soit définitivement. Cela avait conduit Biolay, lors de son passage à Fourvière il y a deux ans, à lui rendre un vibrant hommage en reprenant quatre de ses chansons. Mais, comme si cela ne suffisait pas (de fait, cela ne suffisait pas), il convenait d’en faire plus. C’est ainsi qu’il fut décidé d’un spectacle hommage complet pour célébrer l’homme, l’ami, mais aussi rendre grâce au talent – trop souvent méconnu, ou mal connu – de l’ex-leader de L’Affaire.

Mille vies à se rappeler

En choisissant de reprendre intégralement Mobilis in Mobile, chef-d’œuvre du groupe (avec L’Homme aux mille vies) et de la pop française, Biolay et la veuve d’Hubert Mounier, Gaëlle, à l’initiative du projet, entendent sûrement rappeler la richesse musicale d’un groupe qu’on a souvent trop vite réduit à ses airs de zazous rigolards et à son univers de cartoon. Un groupe dont la tonalité mélancolique cachée devait beaucoup à une tristesse existentielle qu’Hubert Mounier transcendait en tubes sautillants ou en ballades majestueuses, renvoyant tant aux Beatles qu’à XTC.

pour Faire un (nouveau) tour dans l’univers d’Hubert

Ce jeudi soir, sur la scène de Fourvière, possible que les trois courts couplets du Soleil est là résonneront dans la bouche d’un Biolay, et dans les nôtres, d’une manière particulière, qui disent : “Il est clair qu’il m’a manqué, qu’il m’a manqué comme un frère / Mais il n’y a rien à y faire car il voyage sous les mers (…) Il éclaire tous nos villages, tous nos mirages pour plaire / Quand il vient poser sur Terre sa bonne humeur passagère (…) Il est clair qu’il va partir, qu’il va partir solitaire / Faire un tour dans l’univers et revenir comme hier.”

Benjamin Biolay (avec Pascal Obispo, Raphaël et Kent) / “Mobilis in Mobile” de L’Affaire Louis’ Trio – Jeudi 19 juillet au théâtre antique dans le cadre des Nuits de Fourvière

Hubert Mounier dans l’émission “Le pont des artistes” sur France Inter © DR
Hubert Mounier dans l’émission “Le pont des artistes” sur France Inter © DR
[Cet article est extrait de Lyon Capitale n° 779 – Juillet-Août 2018]
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