Les cafés-concerts lyonnais en danger

Inquiets de voir certains arrêter leur programmation, comme le Citron ou le Tostaki, d'autres englués dans des difficultés administratives : Le Furib'Art pour les contrôles de police, le Sonic pour des affichages sauvages, le Tostaki pour des normes de sécurité et de sonorisation. Les quelques 3000 groupes de la région craignent de voir disparaître l'un après l'autre les lieux où ils peuvent se produire devant du public. Leur seul objectif, selon Kooz, un des initiateurs de l'appel est d'interpeller les pouvoirs publics, en profitant de ce moment privilégié des élections municipales. " On veut simplement pouvoir jouer ".
C'est le décret antitabac qui a mis le feu. Les gens sortent maintenant sur les trottoirs et aggravent les problèmes de voisinage. " On est pourtant bien insonorisés " explique Marie-Noëlle Leroy, du Furib'Art, " mais on n'a pas les moyens de se payer un fumoir " Du coup il faut trouver des programmations moins bruyantes " On s'autocensure ". On évite le rock, le punk, le métal, pour privilégier la chanson française. " Quand on programmait de l'électro ça attirait les contrôles de police ". Beaucoup de petits lieux rencontrent aussi des difficultés liées aux mises aux normes de sécurité. Un simple certificat de conformité coûte 1300 euros. " Il m'en faut trois ", explique Franz Colson du Tostaki, "pour un budget de 4000 à 5000 euros ". Pour lui, cela représente plusieurs mois de chiffre d'affaires. Or, le paradoxe, c'est que sans ces certificats, il ne peut pas exercer son activité, organiser des concerts, donc pas de chiffres d'affaires. Comment payer les mises aux normes ?

Plus symbolique encore est l'histoire du Sonic, la péniche-salle de concert amarrée quai des étroits. Poursuivie pour des affichages sauvages par les services d'écologie urbaine de la ville. " C'est une mauvaise appréciation des situations par les services " plaide Jean-Pierre Bouchard, chargé de mission Musiques Actuelles à la Ville de Lyon. Depuis, il a engagé une médiation pour permettre aux salles de concert d'afficher sous certaines conditions sans risquer d'être poursuivies. Pour lui,la plupart des problèmes de ces petite salles gagneraient à être anticipés. " Le contact n'est pas rompu, mais certains organisateurs ne le cherchent pas vraiment, or ils auraient tout intérêt à nous consulter sur les normes avant d'engager des travaux ou avant de prendre un local ". Pour des lieux comme le Bistroy, des solutions ont fini par être trouvées avec une aide de la ville.

" Des solutions, on en trouvera en se mettant autour d'une table " , reprend Kooz. Pour l'instant c'est le temps de l'interpellation. Pas de la récupération politique. Dans un communiqué de samedi 09 février, le Sonic dénonçait l'instrumentalisation de la cause des cafés concerts par les têtes de liste UMP dans le 5è et le 1er arrondissements et demandait " à voir avant de croire ".

L'appel des musiciens lyonnais se trouve à : http://www.myspace.com/collectifmusicienslyon

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