L’Enchanteresse, de Tchaïkovski – Mise en scène Andriy Zholdak © Stofleth
L’Enchanteresse, de Tchaïkovski – Mise en scène Andriy Zholdak © Stofleth

Destins croisés à l’opéra de Lyon

Trois opéras sinon rien. C’est la devise imposée par Serge Dorny dans le cadre du “festival d’opéras” annuel. Pour l’édition 2019 il nous a destiné l’Enchanteresse de Tchaïkovski, Didon et Énée de Purcell et le Retour d’Ulysse de Monteverdi. Première ce vendredi, puis alternance des trois œuvres.

Comme chaque saison depuis l’avènement du maintenant traditionnel “festival d’opéras”, la grande maison lyonnaise concentre une partie non négligeable de sa programmation autour d’une thématique et sur une période ramassée. C’est le point d’orgue de la seconde partie de saison à l’opéra, qui voit se déployer un arsenal considérable afin de permettre l’agencement de trois productions distinctes en simultané.

Derrière un thème attrape-tout, un joyau

L’Enchanteresse, de Tchaïkovski – Mise en scène Andriy Zholdak © Stofleth
L’Enchanteresse, de Tchaïkovski – Mise en scène Andriy Zholdak © Stofleth

Autrefois à connotation franchement sociétale (voire politique), la thématique se fait d’année en année plus “générale”, à l’image du fil conducteur défini cette saison, résolument mange-tout : on pourrait en effet ranger au moins 80 % de la production lyrique derrière ce “Vies et destins” aux contours vaporeux. Mais penchons-nous sur le programme. Comme chaque année, le festival tente de mettre en perspective des œuvres d’horizons et d’époques divers : du baroque au contemporain, des tubes aux curiosités… Commençons par ces dernières avec la très confidentielle Enchanteresse de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Jamais présenté en France, cet opéra en quatre actes de 1887 est un joyau méconnu du compositeur russe, bâti autour d’une figure féminine, Kouma, symbole de l’émancipation féminine. C’est Daniele Rustioni qui en assurera la direction tandis que la mise en scène a été confiée à Andriy Zholdak.

Baroque au goût du jour

Didon et Enée, Remembered – Mise en scène David Marton © Blandine Soulage
Didon et Enée, Remembered – Mise en scène David Marton © Blandine Soulage

Pendant ce temps-là, au même endroit et à raison d’un jour sur deux sans compter les relâches, se joue Didon et Énée. Un grand bond dans le temps puisque le seul véritable opéra de Purcell fut créé en 1689. Un brûlot fulgurant d’à peine une heure qui voit sorcières et fées s’inviter à L’Énéide de Virgile dans un livret syncrétique très british. Mais, là encore, la curiosité est au rendez-vous puisque l’œuvre se verra augmentée d’une pièce contemporaine, Remember me, spécialement composée (en 2018) par le guitariste jazz et figure de la scène berlinoise Kalle Kalima. Une production hybride confiée, en ce qui concerne la mise en scène, à l’un des spécialistes du jeu en eaux troubles : David Marton.

Ulysse par la main

Le Retour d’Ulysse, de Monteverdi – Mise en scène William Kentridge © Ick Heo
Le Retour d’Ulysse, de Monteverdi – Mise en scène William Kentridge © Ick Heo

Une valeur sûre pour finir, avec le second opus du père de l’opéra baroque, Claudio Monteverdi. C’est la fameuse version du Retour d’Ulysse mise en scène par William Kentridge et la Handspring Puppet Company, présentée à la Maison de la danse. Un imaginaire radical à mi-chemin entre Antiquité et esthétique baroque où de grandes marionnettes en bois brut se partagent les différents rôles avec les chanteurs. C’est le Ricercar Consort de Philippe Pierlot (sur instruments d’époque) qui assurera les arrières des solistes issus du studio de l’Opéra de Lyon.


Festival d’opéras / Vies et destins – du 15 mars au 3 avril à l’opéra de Lyon et à la Maison de la Danse


[Article extrait du supplément Culture de janvier de Lyon Capitale]

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