Bruckner, le deuxième souffle

En mars, le chœur et orchestre XIX s'empare de la messe en ré mineur, une œuvre d'une puissance mystique rare. Le manque de reconnaissance du talent de Bruckner daterait du XIXème siècle, période où la critique viennoise s'est acharnée sur le compositeur autrichien. Les regards portés sur la personnalité de ce campagnard d'origine modeste ont altéré les jugements sur sa musique, certes influencée par celle de Wagner (Bruckner l'admirait), mais en réalité assez éloignée. En effet ses neuf symphonies révèlent une profondeur épurée, dénuée de tout artifice et d'une extrême modernité, les rendant presque cinématographiques. Le chef d'orchestre Sergiu Celibidache, grand spécialiste de Bruckner, a saisi le tourment derrière l'apparente naïveté de la composition et son interprétation de l'adagio de la 8ème symphonie est un pur chef d'œuvre dont on peine à croire qu'il a été composé au XIXème siècle ! Gustav Mahler disait de Bruckner qu'il était "à moitié génie, à moitié débile". Mort à Vienne en 1896, il ne demeure aujourd'hui que sa part de génie.
Bruckner, messe en ré ; Brahms, Rhapsodie pour Alto solo. Par le Chœur et Orchestre XIX, direction Jean-Philippe Dubor. Les 25 et 27 mars, à la Crypte de Fourvière, Lyon 5ème. www.choeur-orchestre19.org

Coffret CD Celibidache / Bruckner. EMI Classics. Symphonies 3 à 9,
Te Deum, Messe en fa mineur.

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