Absynthe Minded : les va-t-en-guerre belges

Absynthe Minded et son leader flamand Bert Ostyn sont connus depuis longtemps dans leur pays. Ils se sont formés en 2002 à Gand, officieuse capitale culturelle de la Belgique, et ont ensuite parcouru leur petit pays, guitares, violons et contrebasses dans le dos, enchainant salles de concerts et festivals. Ils se sont construit en huit ans un répertoire musical inspiré du jazz manouche et du rock folk pour livrer un style tout en finesse, pondéré, teinté d'obscurité. Le mélange du rock et de la musique des Balkans n'est pas en soi innovateur, mais rien ne le vaut lorsqu'il est bien fait. Et qui d'autre qu'un groupe belge pour réussir ce pari ? Depuis qu'est sorti ''Absynthe Minded'', le quatrième opus, Absynthe Minded a signé son entrée dans le paysage musical français. Leur titre ''Envoi'' tourne actuellement sur toutes les radios nationales. À l'occasion de leur venue en France pour le tournage du prochain Taratata, Renaud Ghilbert, le violoniste a bien voulu répondre à nos questions.

N'est-ce pas insultant d'avoir déjà 4 music industry awards et 4 albums en Belgique et d'être considéré comme un nouveau groupe prometteur en France ?
Non, on a commencé en Belgique, c'est normal qu'on ait plus de reconnaissance et de récompenses là-bas. Mais si tout va bien, dans quelques années, on aura de belles récompenses ici, comme les Victoires de la Musique. On n'est pas comme Lady gaga. Quand elle sort un single, elle vend 12 millions d'albums en deux jours. En tant que Belges, on reste modestes, on prend du plaisir à jouer dans des petites salles. C'est pas facile de percer en Europe. C'est un peu comme à la guerre, il faut conquérir chaque pays. Mais c'est la deuxième fois qu'on fait Taratata, peu de groupes belges peuvent en dire autant.

C'est l'éclectisme de Gand qui vous a légué cet héritage musical singulier ?
On s'est connu à Gand, mais je suis de Bruxelles, le bassiste est né à Anvers, le chanteur est de Courtrai, et notre pianiste est né à Ostende. Ce n'est pas vraiment Gand qui nous a influencé. Ce qui rend Absynthe Minded assez hétéroclite, c'est qu'on a tous une histoire différente. J'ai des influences manouches et jazzy, Bert, le chanteur, est plutôt branché rock et pop. Tout se mélange. C'est une symbiose entre 5 musiciens.

Qu'est ce qui vous inspire ?

La vie en général ! Il y a beaucoup de choses qui se passent, positives ou négatives. L'amour est une source d'inspiration, on aime tous les jolies femmes... On aime aussi beaucoup voyager. On revient de Chine, on y a fait quelques concerts. Vendre des millions d'albums en Chine, ce n'est pas un but en soi, mais c'était une chouette aventure. L'inspiration vient de la musique qu'on écoute, des choses qui se passent dans notre vie.
''Absynthe Minded '', un clin d'œil aux artistes des années folles ?
C'est Bert qui a trouvé ce nom là. Ça a un rapport direct avec cette époque. On est tous amoureux de Django Reinhart et de la période des années 20-30. Il y a eu de grandes évolutions au niveau de l'art pictural et musical. C'est une sorte de clin d'œil à cette époque.

Il faut que la scène soit une drogue pour faire 300 concerts en trois ans...
Oui, c'est sur. On était tous musiciens avant de se rencontrer. On a commencé très jeunes. C'est une drogue, on n'a jamais rien fait d'autre. On ne connait pas le travail en ''nine-to-five'', comme beaucoup de gens font. On espère aller toujours plus loin, jouer toujours ensemble parce qu'on s'entend très bien.
Vous entamez une tournée en France, en Belgique et en Allemagne, et après ?
On va faire une chouette petite tournée en Belgique, ''Absynthe Minded Unplugged''. C'est un truc qu'on n'a encore jamais fait avec des morceaux qui ne sont pas nouveaux, datant de la première année où on était ensemble, mais qu'on n'a jamais publié. ''Unplugged'', ça veut tout dire, il n'y aura pas d'ampli, ce sera vraiment intime.
En concert le 20 octobre à l'Épicerie Moderne de Feysin.
Album ''Absynthe Minded'', déjà dans les bacs.

à lire également
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Lyon a perdu l'un de ses plus anciens bouquiniste et puits de culture musicale. Emporté à 64 ans, Serge Boissat n'a jamais cessé de diffuser sa passion pour le rock au sens large et pour la bande dessinée. Son ami et fondateur de la radio libre "Radio Bellevue" en 1981, le réalisateur Jean-Claude Chuzeville, lui rend hommage.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut