BRUXELLES, CAPITALE SUR SOL D’ARGILE

TOURISME. Capitale européenne, capitale Belge, capitale de la région flamande, Bruxelles affiche un visage multiple. Siège d’instances internationales dans une Belgique ébranlée par une crise institutionnelle depuis 2007, la ville fait office de dernier bastion belge. Unique en son genre, déroutante mais terriblement accueillante.

Une ambiance unique mais une identité torturée. Bruxelles, vous avez dit Bruxelles ? Mais de quoi parle-t-on ? De la capitale de la Belgique ? Du siège des institutions européennes ? De la région ? Du creuset de la Bande dessinée et de l’art nouveau ? Ou de l’îlot francophone en plein pays flamand ? Car il n’y a pas un Bruxelles mais plusieurs. À l’image des personnalités originaires de la ville : Tintin, Jacques Brel, Annie Cordy, Plastic Bertrand... La ville, la région, la capitale, qu’elle coiffe l’une de ses casquettes, Bruxelles est unique et atypique.
Surprenante, paradoxale, belle, parfois laide aussi. Les superbes demeures Art Nouveau de Victor Horta côtoient les voies rapides et les palissades de chantiers. Les personnages de BD sont en concurrence avec les graffs. On imagine un “plat pays” et l’on découvre une ville très vallonnée.
Bruxelles c’est aussi le siège de l’OTAN, de l’UEO (Union de l’Europe Occidentale), de la Commission européenne, du Parlement européen, d’innombrables ONG et lobbys. Des institutions qui drainent 20 000 fonctionnaires, badges au cou, qui croisent des hommes d’affaires venus du monde entier, échangeant en anglais alors que dans les cafés on parle le brusseleir, dialecte à mi-chemin entre le français et le flamand. Bruxelles est aussi le symbole à la fois du consensus traditionnel de la politique belge mais aussi de la farouche division entre les communautés linguistiques. Ici, 85 % des habitants parlent français. Dans cet îlot francophone, qui abrite 30 % d’étrangers, s’est formé un modèle original où cohabitent Bruxellois de souche, Flamands, Wallons, et de multiples nationalités. Modèle original mais à la merci d’un éclatement. “C’était au temps où Bruxelles rêvait, c’était au temps du cinéma muet. C’était au temps où Bruxelles dansait, c’était au temps où Bruxelles bruxellait”.

LES INCONTOURNABLES DU PENTAGONE
Deux jours seulement pour découvrir la richesse d’une métropole ? Le choix sera difficile à faire tant la ville recèle de lieux à voir, de musées à visiter et d’ambiances dans lesquelles se plonger. Pour un court séjour, mieux vaut rester dans le Pentagone, le Bruxelles historique.

Grand Place
Incontournable, impressionnante, saisissante...les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le lieu. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1998 la Grand Place est, comme bien souvent dans les villes flamandes, le lieu central de la ville. Pour Victor Hugo, qui a vécu dans une maison au numéro 26, Jean Cocteau et bien d’autres, elle serait la plus belle place au monde. À regarder la richesse ornementale et la beauté des maisons de corporations qui la bordent, on les comprend.
L’Hôtel de Ville, seul témoin de l’architecture du Moyen Age, est visible de loin. La légende veut que son architecte, constatant l’asymétrie de sa façade se soit donné la mort...La Maison du Roi, en style néo-gothique, lui fait face. Les têtes couronnées ont cependant déserté la place puisque c’est désormais le Musée de la ville qui occupe le lieu.
À la mi-août, un gigantesque tapis de fleurs, composé de plus de 500 000 bégonias couvre les pavés de la Place. C’est également là que chaque année se tient le défilé de l’Ommegang. Reconstitution historique avec plus de 1400 figurants, des chevaux, des géants...elle commémore la venue de Charles Quint dans la ville en 1549.

Manneken Piss
Emblème de la ville, le petit bonhomme de 61 centimètres urinerait dans sa fontaine depuis le quatorzième siècle. Plusieurs légendes circulent sur la statue aussi appelée Menneke Pis en flamand. Pour certaines, c’est un hommage à un petit garçon qui aurait éteint la mèche d’une bombe “en pissant dessus”. Mais pour tous, cette statue est le symbole de l’indépendance d’esprit des Bruxellois.
Preuve de l’amour que les habitants portent au petit bonhomme, encore aujourd’hui, l’Ordre des Amis du Manneken Pis s’applique à l’habiller, souvent pour honorer une profession. Fin novembre 2009, le gosse a même “pissé” du Beaujolais nouveau !

Flâner dans l’Ilot sacré
Situé à quelques pas de la Grand Place, ce petit quartier aux rues pavées très étroites abrite les galeries royales Saint-Hubert. Ouvertes en 1847, elles ont conservé tout le faste de l’époque où elles servaient alors à faciliter l’accès à la Grand Place alors que les rues adjacentes étaient encombrées. Aujourd’hui, espaces culturels, commerces, restaurants et cafés s’y côtoient dans les dorures et le marbre.
Les galeries donnent sur la place aux Marchés aux herbes. Lieu sympa où se mêlent joueurs de musique de rue, vendeurs de gauffres et de souvenirs. Et d’où partent de petits rues, dont celles des Bouchers, truffées de petits restaurants peu chers pour le midi (Moules frites à 10 euros).
Passé le boulevard de l’Impératrice Keizerinlaan, les deux immenses tours de la Cathédrale Saint Michel et Gudule s’élèvent, encastrées dans les immeubles du Centre des affaires, dans le ciel bruxellois. La construction de l’édifice a débuté au Xème siècle et s’est achevée au XVIème siècle, d’où une juxtaposition de style entre roman et gothique. Les vitraux de l’intérieur sont d’une rare finesse ! N’oubliez pas de saluer la statue de Gaston Lagaffe non loin de là !

Le Mont des Arts
L’avantage avec Bruxelles, c’est que bon nombre des incontournables de la vieille ville se situent à proximité. Square aménagé à l’origine pour l’exposition universelle de 1910, le Mont des Arts concentre les principaux musées, la Bibliothèque royale de Belgique et le palais des Congrès.
Les peintures des primitifs flamands sont à admirer aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique surnommés “Bozar”. Juste à côté, le magnifique bâtiment Art Nouveau Old England du Mim (Musée des Instruments de Musique) est réputé pour avoir la plus belle collection du monde d’instruments de musique. Depuis juin 2009, le Musée Magritte Museum abrite la collection la plus riche du peintre surréaliste. Mais gare à l’affluence : il affiche souvent complet.
À voir également, le Palais Royal et le Parc Royal ou parc de Bruxelles. Idéal pour une pause entre deux musées. Avis aux yeux attentifs : le parc recèle de nombreux symboles maçonniques !

Quartier des Sablons et quartier des Marolles
Au Sud du Pentagone, deux quartiers valent le détour. Moins touristiques, plus authentiques. Le Sablon, passage entre la ville haute et basse, est plutôt chic avec ses antiquaires et ses chocolatiers. Dédale de rues pavées de maisons cossues style Art Déco et Nouveau qui se mêlent à d’autres en briques. À voir : l’Église des Sablons et le parc qui la jouxte.
Encore plus bas, le quartier des Marolles, plus populaire. C’est là où logeaient autrefois les tisserands et les artisans. Place du Jeu-de-Balle, un marché aux puces se tient tout les dimanches depuis 1873. Idéal pour prendre un brunch ou une bière, clope au bec, dans les nombreux bars de la place. Enfin, c’est le quartier où l’on zwanze ! Humour typiquement bruxellois, à mi-chemin entre variante locale du brusseleir ( mélange de français et de flamand) et sens de la dérision, il est pratiqué, et surtout compris, que par les vrais de vrais bruxellois ! Surplombant ces deux quartiers : le monument le plus imposant de la ville, le Palais de Justice. Avec ses 26 000 mètres carrés de superficie, ses 150 mètres de long et ses 26 salles d’audience, l’édifice est écrasant et constamment en travaux. Monument d’incohérence, une insulte locale “schieve architekt”, littéralement architecte tordu, fait référence à son architecte Poalert, qui a fini dans un asile sans voir son œuvre achevée. De là, magnifique panorama sur toute la ville !

Bulles
Bruxelles est, bien sûr, la capitale mondiale de la Bande dessinée. Un détour pour tous les fans s’impose au Centre Belge de la BD. Sur plus de 4000 mètres carrés, ce musée réunit tout ce qui traite du 9ème art. Expositions permanentes et temporaires, bibliothèque, centre de documentation : c’est le temple des Schtroumpfs, de Tintin, Lucky Luke et Spirou.
Sur les façades peinturlurées de la ville, Boule et Bille, Cubitus entre autres ainsi que les nombreuses bouquinisteries rappellent le statut de Bruxelles en matière de bulles ! À savoir, des tours sont organisés spécifiquement autour de ce thème.
www.brusselsbdtour.com

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