L’un des bus des supporters de l’OL incendié en marge du match entre le PSG et l’OL en Coupe de France. (Photo by Pierre BEAUVILLAIN / AFP)

Violences entre supporters de l'OL et du PSG : les deux camps se renvoient la balle

Samedi, en marge de la finale de la Coupe de France entre l'OL et le PSG, des violences ont éclaté à un péage d'autoroute. 38 personnes ont été blessées au cours des affrontements.

Erreur d'organisation ? "Attaque" des supporters lyonnais ? Violences d'ultras du PSG "armés"? Le flou subsiste dimanche autour des circonstances de la rixe qui a opposé samedi à un péage d'autoroute Lyonnais et Parisiens avant la finale de la Coupe de France, des incidents unanimement condamnés.

Un autocar a été calciné, trente supporters et huit policiers légèrement blessés au cours des affrontements qui ont éclaté aux environs de 18H00 sur l'autoroute A1, au niveau du péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais), à une quarantaine de kilomètres du stade de Villeneuve-d'Ascq où se déroulait la finale PSG-OL (2-1).

Selon le club lyonnais, qui a "fermement" condamné les violences, c'est un car d'ultras lyonnais du Kop virage nord qui a été "incendié après que des fumigènes ont été jetés à l'intérieur". Encourageant les victimes à porter plainte, l'OL a également assuré que plusieurs de ses supporters avaient été blessés, "notamment par des supporters du PSG armés".

Mais le PSG a répliqué dans la soirée de dimanche : condamnant à son tour "avec la plus grande fermeté" les incidents, le club a assuré dans un communiqué transmis à l'AFP que "ses supporters avaient (...) scrupuleusement respecté les modalités de déplacement de l'arrêté préfectoral avant d'être attaqués". Le club parisien, évoquant cinq des bus de ses supporters "endommagés", a aussi annoncé se "réserver le droit de déposer plainte".

Près de 3000 ultras attendus

Selon l'arrêté préfectoral publié avant le match, 15.200 Lyonnais, dont 1.400 ultras, et 15.200 Parisiens, dont 1.500 ultras, devaient faire le déplacement vers le stade nordiste. Un convoi de supporters, escorté par la police, a croisé celui des supporters adverses, "arrivé au mauvais endroit" et "à un mauvais timing", au niveau du péage, selon le récit du préfet du Nord Bertrand Gaume.

"Le fait générateur, c'est que sur les quinze bus d'ultras lyonnais, huit se sont stationnés sur l'aire de Fresnes-lès-Montauban avant l'arrivée des Parisiens", ne respectant pas le point de rendez-vous prévu, a indiqué à l'AFP une source préfectorale.

Sur les sept autocars lyonnais restants, trois étaient en retard. Au lieu de s'arrêter à l'aire de Rumaucourt, comme prévu, l'un des cars retardataires s'est rendu directement au péage où il est arrivé seul et sans escorte. "C'est là que se déroulent les incidents avec les supporters parisiens à proximité", selon cette même source. Des fumigènes sont alors utilisés "de part et d'autre", provoquant l'incendie du car lyonnais.

Une "erreur manifester de parcours" pour l'OL

"Pour des raisons encore à déterminer, l'escorte de police a décidé de faire passer sept cars lyonnais au milieu des dix-huit cars parisiens rassemblés au péage de Fresnes", a pour sa part déclaré le club lyonnais. "À la suite de cette erreur manifeste de parcours, la violence a éclaté sans que l'origine en soit clairement établie", a encore affirmé le club.

"Une grande partie des bus parisiens avait passé le péage et c’est là qu’on voit des Lyonnais en T-shirts de groupes identitaires qui commencent à caillasser un bus qui devait encore passer", a témoigné auprès de l'AFP Auguste (le nom a été modifié pour préserver son anonymat), un ultra parisien présent dans l'un des cars.

Une "boucherie" évitée

"On a forcé les portes des bus pour sortir, les Lyonnais étaient en infériorité numérique, à peu près 200 contre 600-700", a-t-il relaté. "Il y a eu un premier échange de coups, puis on a caillassé leur bus, des vitres ont été cassées, des torches à base de fumigènes ont été envoyées, un bus a pris feu".

"Les policiers ont défendu les Lyonnais et heureusement car, si on était arrivé au contact, en supériorité numérique, ça aurait été une boucherie", a estimé ce supporter.

Les supporters Kop virage Nord, qui revendiquent quelque 6.000 membres, font partie des groupes ultras les plus motivés et les plus surveillés de France, comme ceux du PSG, Marseille, Nice et Saint-Etienne. La préfecture du Nord avait tenté de minimiser les risques de rencontre entre supporters des deux clubs avant ce match, classé 5 sur une échelle de 5 par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, avec par exemple des espaces séparés près du stade.

Le parquet d'Arras, pas joignable dans l'immédiat, est chargé de l'enquête, selon la préfecture.

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