Une fête de la neurodiversité à Lyon "cause majeure avec l'écologie"

Pour sa première édition, la Fête de la neurodiversité aura lieu à Lyon ce 5 octobre 2019. Co-organisatrice de cet événement autour des minorités et diversités cognitives, Juliette Speranza revient avec nous sur ce concept le neurodiversité.

Dyslexique, hyperactif, haut potentiel, trouble du déficit de l'attention, autisme, asperger... la neurodiversité reste encore méconnue en France. Visant à promouvoir la diversité des "fonctionnements cérébraux humains", elle n'en demeure pas moins l'une des clés pour comprendre sans exclure ceux qui ne rentreraient pas dans les cases imposées par nos sociétés.

Ce samedi 5 octobre, à Lyon, la première édition de la Fête de la neurodiversité se tiendra à la salle Victor Hugo dès 17 heures. Durant cette soirée inédite, auteurs, psychothérapeutes, enseignants, ou entrepreneurs échangeront sur le sujet, en présence du comédien, auteur et militant Hugo Horiot. Deux tables rondes seront ainsi proposées : l’éducation et la neurodiversité et le monde du travail et la neurodiversité. Il est possible de réserver dès à présent via la plateforme en ligne dédiée (plein tarif à 21 euros). 

Co-organisatrice de l'événement, l'auteure Juliette Speranza revient avec nous sur cette première Fête de la neurodiversité et ce concept.

Lyon Capitale : Comment lance-t-on une Fête de la neurodiversité ?

Juliette Speranza : Ça nous semblait être une urgence, une évidence. Les minorités cognitives vivent une forme d'exclusion, visible ou invisible. Il y a énormément de personnes qu’on appelle les atypiques, s’éloignant plus ou moins de la norme, et qui sont en souffrance. Ça commence à l’école, cette exclusion se retrouve aussi dans les familles, le milieu du travail, bref dans tous les pans de la société.

Peu connu en France, le concept de neurodiversité est davantage présent dans les pays anglo-saxons, comment l'expliquez-vous ?

En France, il y a eu pendant longtemps une approche très médicalisée pour les profils atypiques. On voulait démédicaliser tout cela, que l'approche ne soit pas que par la pathologie. La notion de neurodiversité est la réponse à un sentiment global d’injustice, celle d’être considéré de manière différente, désavantageuse, car on a un profil qui ne correspond pas aux normes. La neurodiversité est un concept salvateur. À travers l'association nous voulions faire connaître le mouvement de la neurodiversité en France, rassembler, monter des initiatives. Tout est récent, on n'est pas encore très nombreux, mais pour nous c'est l'une des causes majeures de ce siècle avec l'écologie.

C'est une expression forte, pourquoi avancer cela ?

Nous souhaitons montrer que notre société qui refuse d'être suffisamment souple pour laisser sa place à la neurodiversité entraîne des désastres sociaux et économiques. Beaucoup de personnes qui aimeraient travailler ne peuvent pas aujourd'hui. Pourtant chaque haut potentiel, chaque "dys" a ses capacités bien à lui, ses richesses. Les profils cognitifs sont complémentaires entre eux et on ne peut pas laisser les gens sur le bord de la route, car ils ont différents. Changer de paradigme revient à considérer les intelligences de manières égales, ça n’a jamais été accepté par la société. La neurodiversité, ça ne concerne pas que les personnes atypiques, mais bien tout le monde.

Vous disiez que cela commençait dès l'école...

... oui la valorisation des parcours atypiques au sein de l'école est extrêmement importante. On a eu beaucoup de mal à aller vers cela en France. Il faut qu’on forme les enseignants à la neurodiversité. On n’est pas encore sur une dynamique de l'école inclusive dans sa globalité, vers l'acquisition de plus de souplesse dans la manière d’appréhender les profils. On n’y arrivera pas tout seul, il faut que l’Education Nationale suive pour de vrai. Il y a eu des déclarations, des discours, de belles initiatives isolées, mais les professeurs ne sont pas formés ou pas soutenus. Nous sommes en train de monter plusieurs projets pour promouvoir la richesse de la neurodiversité à l'école, mais aussi dans le monde du travail.

Quel est le but de la soirée ?

Partager, échanger. L'inclusion est un de nos thèmes majeurs. Pour la plupart d'entre nous, notre but c'est l'inclusion totale dans le parcours scolaire classique. Elle ne génère pas de souffrance quand elle est accompagnée au mieux, avec le concours de tous. Après, on ne veut pas non plus jouer la politique de l'autruche, on sait que c'est difficile. Ensemble, on peut y arriver, montrer que les choses sont possibles quand on s'adapte, là encore, y compris dans le milieu professionnel. La Fête de la neurodiversité, c'est notre manière pertinente et grand public de promouvoir l'égalité et l'inclusion. À la manière de la biodiversité, nous sommes tous concernés par la neurodiversité.

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