Trou noir supermassif
Image de Sagittarius A*, le trou noir au centre de la Voie Lactée, dévoilée par l’équipe du programme de radioastronomie Event Horizon Telescope. EHT/ESO

Trous noirs

L’éditorial du rédacteur en chef de Lyon Capitale.

Il s’appelle SgrA. C’est un trou noir supermassif, dont nous possédons enfin une image. Ce nom lui a été donné parce qu’il se trouve dans la constellation du Sagittaire, un endroit qui émet de nombreuses ondes radio.

À Grenoble, un autre trou noir, fichtrement mastoc lui aussi, a été mis au jour. Éric Piolle, Vert et à dix-sept jours près sagittaire. “Radio goo goo, radio ga ga, radio blah blah”, chantait Queen. Sauf que le blabla du maire écologiste est tout sauf un verbiage sans intérêt.

Son vœu (pieu, la justice ne l’ayant pour le moment pas exaucé) d’autoriser le burkini, maillot de bain couvrant d’inspiration islamique, dans les piscines publiques de la “capitale des Alpes”, est tout sauf un “non sujet”, comme il veut bien le faire entendre.

C’est l’arbre qui cache la forêt. Car s’il était autorisé, cela reviendrait à le rendre obligatoire pour toutes les musulmanes. Prochaine étape : l’aménagement de créneaux pour les femmes ?

En toile de fond, le calcul (savamment aiguillonné par des associations communautaristes) est d’essayer de faire croire que la France rejette les musulmans. Est-ce un “progrès social” que de normaliser un dogme prêchant la dissimulation de la totalité du corps d’une femme ? Pas sûr que les Afghanes applaudissent.

Les trous noirs, ce sont aussi ceux des témoignages glaçants et similaires qui se multiplient un peu partout en France, notamment à Lyon. Le phénomène inquiétait déjà l’Angleterre fin 2021, il affole désormais l’Hexagone. Au-delà du malaise, l’angoisse et la peur.

Piqués à leur insu en soirée, dans des bars, en discothèque ou lors d’un concert, des dizaines de jeunes, en grande majorité des filles, racontent nausées, vertiges, sueurs froides, semi-inconscience et pertes de connaissance. Des plaintes ont été déposées (350), des enquêtes ouvertes. Si le produit injecté est difficilement identifiable, tout comme les coupables, reste que le risque d’infection (HIV, hépatite), lui, est bien réel.

Les étudiants lyonnais ont récemment lancé un SOS à la mairie de Lyon. Une vingtaine de BDE de différentes écoles lyonnaises ont réclamé, sous une même plume, de l’aide à Grégory Doucet “pour lutter contre ce fléau”. Reste à savoir s’il y aura un trou noir municipal.

Dans son Histoire romaine, l’historien Dion Cassius rapporte que sous le règne de l’empereur Domitien “des personnes se mirent à enduire des aiguilles avec du poison et à s’en servir pour piquer qui elles voulaient”.

En 1819 et 1820, les “piqueurs” de femmes sévissaient déjà un peu partout en France. “Ces violences catalysent la peur, peur féminine en premier lieu, peur urbaine, peur politique”, écrit Emmanuel Fureix dans un article daté de 2013 pour la Revue d’histoire moderne et contemporaine. Le bruit s’était alors répandu qu’un être mystérieux poursuivait les jeunes filles. “Serpent, il piquait ; monstre ailé, il volait dans tous les quartiers à la fois ; chimère, il était invisible.”

L’histoire se répète. Le burkini ne fait pas exception. Chaque été, comme une piqûre de rappel, on essaie de “burkiniser” la société. Insidieusement. Pour l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat, “au lieu d’envoyer des barbus en qamis bien moches pour réclamer qu’on tolère leur degré de pratique religieuse, ils ont envoyé des femmes parce qu’avec l’époque #MeToo, les femmes c’est plus mignon”. Et, en définitive, dans tous les cas, ce n’est rien moins qu’une attaque en règle de plus contre les femmes et la liberté des jeunes filles qui prend l’eau. Trous noirs supermassifs.

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