Le T. Rex devait être visible au musée des Confluences à partir du 16 décembre.

"Rigueur scientifique", "éthique", l’arrivée d’un T-Rex "mise en suspens" au musée des Confluences

Alors qu’il devait être exposé entre les murs du musée des Confluences à partir du 16 décembre, le squelette d'un Tyrannosaurus rex mâle restera au placard jusqu’à nouvel ordre. Par "prudence" et dans l’attente de "recherches complémentaires".

C’est par un communiqué laconique que le musée des Confluences a annoncé mardi la mise en suspens de l’arrivée d’un spécimens Tyrannosaurus rex mâle, qui devait être présenté pour la première fois au monde à partir du 16 décembre. En quelques lignes, les services du musée expliquent que par "prudence" et "dans l’attente de recherches complémentaires" l’accueil de Ryker est mis en suspens.

Un doute sur son origine ?

Une surprise alors que l’arrivée à Lyon pour un an du quatrième Tyrannosaurus rex le plus complet jamais découvert, avec 73 % de son squelette fossilisé, avait été très largement relayée par le musée. Pour le moment difficile d’en savoir plus sur les doutes qui pèsent sur Ryker, mais la direction du musée a tout de même estimé nécessaire de préciser dans son message à la presse que depuis son ouverture "le musée des Confluences a toujours défendu, parmi ses priorités, la rigueur scientifique, le respect de ses publics et la qualité de ses expositions". 


"Permettre au musée de s’assurer que la présentation de Ryker répond aux valeurs et à l’éthique de l’établissement, ainsi qu’à son projet scientifique et culturel", musée des Confluences


Plus loin, elle ajoute que ce délai "doit permettre au musée de s’assurer que la présentation de Ryker répond aux valeurs et à l’éthique de l’établissement, ainsi qu’à son projet scientifique et culturel". Il y aurait-il des doutes sur son origine ou sa provenance ? Contacté afin d'obtenir plus d'éléments le musée des Confluences n'a pas fait preuve de plus de transparence dans sa réponse, se contentant d'ajouter "nous ne ferons pas de commentaires sur les recherches complémentaires pendant cette mise en suspens. Le musée sera susceptible de faire une information par la suite".

Des rumeurs entourant l'origine du spécimen proposé au musée il y a seulement quelques mois auraient commencé à émerger après l'annonce de son arrivée à Lyon. Ryker serait-il une "chimère" ? Autrement dit un fossile composé à partir d'éléments provenant de plusieurs espèces, ce qui scientifiquement poserait un problème de véracité. "On trouve une centaine de fossiles d’une bestiole donnée, on les rassemble et cela crée un squelette quasi complet. Mais scientifiquement c’est une chimère. C'est-à-dire que ce sont de petits éléments que l’on a ramassés à droite à gauche et parfois on se trompe en ajoutant des éléments d’un animal qui n’a rien à voir pour combler les trous", détaille à Lyon Capitale un collectionneur averti. Invités à réagir, les services du musée des Confluences assurent toutefois que les recherches complémentaires menées sur Ryker ne porte pas sur ce registre.

Un squelette découvert aux États-Unis

Long de 11 mètres et haut de 3,7 mètres, Ryker a été découvert aux Etats-Unis, dans le Montana. Des milliers d'heures de travail ont été consacrées à l'identification de chacun des os du squelette. Son crâne, particulièrement remarquable, contient tous les os les plus significatifs, précisait le musée lors de l'annonce de son arrivée. À lui seul, Ryker offrirait même un témoignage rare sur la lutte pour la survie des dinosaures. En effet, ses os sont parfois cassés ou endommagés indiquant un combat constant pour sa survie. Le squelette révèle notamment plusieurs traces de morsures. C’est en tout cas ce dont on pensait être sûr avant la mise en suspens de son exposition.

Un lien avec la récente polémique entourant un autre T-rex ?

Le timing de l’annonce faite par le musée des Confluences n'est pas anodin. En effet, dimanche 20 novembre la maison de vente aux enchères Christie’s a annoncé suspendre la vente d’un squelette de T-Rex prénommé Shen, lui aussi découvert dans le Montana. D’après le New-York Times, le spécimen qui devait être vendu entre 15 et 25 millions de dollars présenterait de nombreuses similitudes avec Stan, un autre T-Rex déterré en 1992 et vendu en 2020 pour 31,8 millions de dollars. Interrogé par le quotidien américain sur l’annulation de cette vente, le porte-parole de Christie’s avait alors expliqué que le squelette mériterait des études plus approfondies. 

Le doute planerait sur des moulages du squelette de Stan, qui auraient pu être ajoutés à celui de Shen afin de le compléter. "Ils utilisent Stan pour vendre un dinosaure qui n’est pas Stan", a notamment dénoncé auprès du New-York Times Peter Larson, le président du Black Hills Institute of Geological Research. Une compagnie de fossile du Dakota du Sud, aux États-Unis, qui détient la propriété intellectuelle de Stan.

"Peut-être que ça les a poussés à chercher plus loin", souffle un spécialiste des moulages de dinosaure en parlant de Ryker, le spécimen lyonnais. De son côté, le musée des Confluences nous a finalement précisé que sa décision de mise en suspens est bien "liée au spécimen Ryker lui-même et pas au retrait du spécimen Shen par Christie's".

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