Reportage au coeur des Minguettes (3/3)

Ne se limitant pas seulement à l'urbanisme, il table sur la coopération avec les acteurs locaux pour faire évoluer l'image négative du quartier et l'intégrer au reste de l'agglomération lyonnaise. Lyon Capitale vous propose une série de trois reportages sur le quartier des Minguettes.

Volet 3 : Une jeunesse qui se cherche

Vénissieux et les Minguettes en particulier souffrent d'une image négative qui leur colle à la peau. A l'espace Pandora, association culturelle fondée en 1985, Thierry Renard enfant des Minguettes constate la détérioration de l'image que certains jeunes, notamment, peuvent avoir d'eux-mêmes : " Quand j'étais jeune, dans les années 80, je ne me souviens pas avoir ressenti ce manque de confiance en l'avenir, le monde nous appartenait. Aujourd'hui, les choses sont différentes et notre travail avec Pandora est de redonner la foi aux jeunes et de leur montrer qu'ils ont un réel potentiel et plein de choses pertinentes à dire ".

Une des questions lancinantes qu'ils se posent est " Pourquoi à chaque fois que l'on parle de nous c'est pour parler de délinquance. On a toujours l'impression que la banlieue c'est des jeunes qui brûlent des voitures et, à la longue, c'est lassant et exaspérant. Alors certes, il y a des problèmes, mais on ne peut pas résumer les Minguettes à cela " confie Houssine, un jeune homme de 24 ans. Ahmed Benferat, très impliqué dans le milieu associatif lyonnais et œuvrant activement pour les quartiers dits difficiles, confirme ces interrogations : " c'est un fantasme que de croire que tous les jeunes des cités et des Minguettes en particulier sont des délinquants en puissance. Au quotidien, il n'y pas de violence particulière aux Minguettes. Certes, des voitures brûlent de temps à autre, mais on est très loin de la réalité dépeinte par les médias ".

La violence dans ces quartiers est une question difficile à traiter tant elle est complexe et diffuse. " En réalité, la violence prend rarement un aspect physique et ne reste que ponctuelle. Si on doit parler de violence, c'est plutôt celle subie au quotidien par la population et par les jeunes qui sont sans cesse confrontés aux clichés que l'on peut se faire de ces quartiers, mais aussi par un contexte socio-économique difficile". En bas des immeubles, quelques jeunes de 14-16 ans se réunissent pour parler, 'taper la discut''. Pris pour cible des maux des quartiers ils expliquent qu'ils " ne sont pas là pour faire chier le monde ", seulement qu'ils " n'ont pas d'autres endroits où aller ". " Nos parents n'ont pas les moyens de nous payer des tas de loisirs. Je suis inscrit au club de football, mais ce n'est que deux fois par semaine ".

Un temps livrés à eux-mêmes, un temps rebelles contre une société qui ne les comprend pas forcément, " ces jeunes n'aspirent qu'à devenir un jour aux yeux de tous l'égal de l'ensemble de la population " souffle Ahmed Benferat. Pour offrir un parcours de réussite à la jeunesse, la mairie de Vénissieux s'appuie surtout sur la vie associative locale. Celle-ci propose par l'intermédiaire d'organismes comme Bioforce un accompagnement scolaire ou encore des choix d'activités culturelles et sportives. Une autre initiative fait peu à peu son chemin : le développement des chantiers d'intérêt collectif qui en clair permet aux jeunes de financer leurs projets.

Florian Fayolle / Crédit photo : Restate

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