Anne Grosperrin est vice-présidente à la Métropole de Lyon (EELV) chargée du cyle de l’eau. Elle était sur le plateau de l’émission 6 min Chrono.

Régie publique de l'eau : "Nous voulons que les citoyens se ressaisissent de la gestion du bien commun"

À partir du 1er janvier 2023, l'eau sera gérée par une nouvelle grande régie publique. Une première depuis 1986. L'occasion de faire le point avec Anne Grosperrin (EELV), vice-présidente à la Métropole de Lyon, qui porte cette réforme, dans l'émission 6 minutes Chrono.

C'est une petite révolution. Le contrat entre la Métropole et l'entreprise privée, Eau du Grand Lyon - filiale de Véolia - arrive à son terme. C'est une régie publique qui prendra le relais.

A quel besoin répond la régie publique ?

Anne Grosperrin répond ainsi : "Eau du Grand Lyon faisait le travail qu'on lui demandait de faire, via une délégation de service publique qu'elle a plutôt bien honorée. Mais elle ne répond pas aux enjeux d'aujourd'hui en termes de gestion du bien commun de l'eau. On a longtemps considéré cette ressource comme inépuisable, or cet été 2022 aura montré que la raréfaction de l'eau en France est une réalité. C'est un sujet qu'il faut prendre au sérieux puisque nous allons connaître des décennies de tensions sur la ressource. Dans ce contexte climatique, nous avons fait de la préservation de la ressource l'une de nos priorités".

Pourquoi une régie publique ?

La vice-présidente de la Métropole de Lyon chargée du cycle de l'eau détaille : "Un contrat de délégation de service public (DSP) confie la production et la distribution de la ressource à une entreprise privée. Or les enjeux que nous visons aujourd'hui se situent en amont avec la préservation de la ressource tant au niveau de la qualité que de la quantité. C'est par exemple la protection des zones de captage. Vous avez vu passer dans l'actualité de nombreuses actualités de pollution, notamment dans la vallée de la Chimie, mais il y en a d'autres comme les pesticides et les herbicides.  C'est donc toute une partie que nous ne pouvions pas confier à un délégataire."

L'élue écologiste poursuit en développant le volet social de la nouvelle régie : "Ensuite, il y a aussi tout un volet sur le droit à l'eau. 3000 personnes vivent à la rue en permanence, 18 000 n'ont pas de logements... et donc n'ont pas forcément accès à l'eau potable." Enfin, elle met en avant la place nouvelle accordée aux usagers dans la régie : "Il y a aussi le fait que nous voulons que les citoyens se ressaisissent de la gestion du bien commun. 4 places au conseil d'administration de la régie publique seront ainsi réservées à des représentants des usagers. Ce sera la régie publique qui donne le plus de places aux usagers en France."

Retrouvez dans le dernier numéro de Lyon Capitale tout notre dossier consacré à la nouvelle régie publique. A retrouver en kiosque ou sur notre site.

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