Pourquoi Lyon se passionne pour les pharaons depuis 200 ans

Depuis quelques semaines, la capitale des Gaules est plongée dans l'univers "mythique" de l'Egypte antique avec plusieurs expositions et événements liés à l'histoire des pharaons. Décryptage sur une (très) ancienne passion lyonnaise.

Depuis le mois de septembre 2022, la ville lyonnaise immerge ses habitants dans le monde de l'Égypte antique. Le 29 septembre, l'exposition Toutankhamon À la découverte du pharaon oublié  a ouvert ses portes à La Sucrière, pour " répondre à cette fascination de l'Égypte antique chez les Français" , appuie Cédric Moulart, concepteur de l'exposition.

Dans la foulée, au musée des Beaux-Arts, l'exposition À la recherche des hiéroglyphes oubliés donne l'occasion de venir découvrir "des objets de l'antiquité égyptienne d'une qualité rare" , notifie Geneviève Galliano, conservatrice en chef du département au musée des Beaux-Arts de Lyon. Enfin, dans un style tout autre, un voyage " en réalité virtuelle" au centre commercial de La Confluence permet de découvrir depuis le 3 novembre la pyramide de Kheops.

Le bicentenaire du déchiffrage des hiéroglyphes

L'émulsion d'événements dans la capitale des Gaules n'est pas due au hasard affirme Geneviève Galliano. " En 2022, on célèbre le bicentenaire des premiers hiéroglyphes déchiffrés par Jean-François Champollion". À l'époque, le savant isérois de 32 ans avait rendu possible la compréhension de l'écriture de l'une des plus grandes civilisations de l'antiquité.

Statuette du Nil divin-Hâpy, aux formes androgynes. Basse époque. Vers 664-332 AEC. Bronze, H. 20,9 cm Pièce acquise au XVIIIe siècle par la municipalité de Lyon © Musée des Beaux-Arts de Lyon
Statuette du Nil divin-Hâpy, aux formes androgynes. Basse époque. Vers 664-332 AEC. Bronze, H. 20,9 cm
Pièce acquise au XVIIIe siècle par la municipalité de Lyon © Musée des Beaux-Arts de Lyon

Plus généralement, cette période de l'histoire a une "connotation mythique qui intrique les gens", exprime Emmanuel Guerriero, co-fondateur de la visite en réalité virtuelle de la pyramide Kheops. Pour Cédric Moulart, il y a "une véritable fascination de l'Égypte antique". 

Il y en a pour tous les publics

Aujourd'hui à Lyon, les trois événements sur l'Égypte "sont totalement différents et aussi complémentaires à la fois", affirme le directeur de l'exposition Toutankhamon. "Avec une possibilité de faire de la réalité virtuelle au centre commercial de la Confluence, comme d'aller faire des expositions sur un pharaon ou sur la découverte des hiéroglyphes. Les gens ont le choix." 

La grandeur et la beauté des objets "intriguent les visiteurs". "Avec les trois événements, il y a la possibilité de découvrir l'Égypte de différentes façons", constate Geneviève Galliano. La curiosité autour du pays du Nil est "intergénérationnelle" et "avec la diversité des événements, il est possible de découvrir l'histoire du pays sous différentes formes". 

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À côté des événements qui vont se tenir à Lyon pendant plusieurs mois, Geneviève Galliano explique que Lyon a un attachement particulier avec l'Egypte antique. Il est possible de suivre un cursus "d'égyptologie dans la ville, un des seules en France". Proposé à l'université Lumière-Lyon 2, le diplôme DUESE ( DU Etudes Spécialisée En Egyptologie) vise à fournir en quatre ans de solides bases linguistiques et historiques sur l'Egypte ancienne.

Toutankhamon Lyon
Statuette exposé à l'Toutankamon ®Tempora ®trentesept

Evidemment, les Lyonnais ne sont pas les seuls à se presser dans les expositions de cet automne, comme le souligne Cédric Moulart.  "Les gens viennent de la région et même de plus loin, ils font des kilomètres". L'exposition Toutankhamon a déjà accueilli plus de 40 000 visiteurs à la Sucrière depuis son ouverture fin septembre. Avec une fermeture prévue pour le mois d'avril, le concepteur de l'exposition n'exclut pas une prolongation.

L'histoire de la France avec l'Égypte débute avec Napoléon. Dans une envie d'agrandir son territoire, le jeune empereur s'était dirigé vers l'Egypte. Malgré une défaite contre les Anglais, l'empereur ne repart pas les mains vides de cette terre, " Napoléon avait pris des savants qui avaient passé au crible le pays et en avaient rapporté de nombreux objets",  souligne Geneviève Galliano.

Après cette incursion bonapartiste, l'Égypte fascine de plus en plus. Le 27 septembre 1822, au terme d'un travail acharné, Jean-François Champollion lève le voile sur l'écriture hiéroglyphes des pharaons. "Le jeune isérois Champollion devient à ce moment le père de l'égyptologie". À l'époque, François Artaud, premier directeur du musée des Beaux-Arts de Lyon, rencontre l'égyptologue. Subjugué par le personnage, il mettra exposera les découvertes de l'Isérois dans son musée. Depuis, les liens étroits entre Lyon et les pharaons ont perduré.

 

 

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