Le délitement du groupe de sous-traitance industriel ACI, en redressement judiciaire depuis fin septembre, s'est poursuivi mercredi devant le tribunal des affaires économiques (TAE) de Lyon qui a acté la cession d'une demi-douzaine de ses sociétés.
L’examen d’offres de cession à la découpe d’une douzaine d'autres filiales a lui été renvoyé au 24 février et au 10 mars par le TAE qui a aussi prononcé la liquidation du décolleteur MPR, de Haute-Savoie, qui comptait une cinquantaine de salariés. Parmi les sociétés cédées figurent Lorentz, qui comptait une centaine de salariés et est reprise par Mirabeau Industry, dont le siège est dans les Bouches-du-Rhône, et LBY (une vingtaine de salariés) qui rejoint l'entreprise rhodanienne Atos Fluid.
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Une dizaine de sociétés avaient déjà été vendues ou liquidées depuis le placement en redressement judiciaire fin septembre 2025 d'ACI, un groupe de sous-traitance travaillant pour des secteurs tels que l’armement, l’aéronautique et le nucléaire, qui s’est développé à marche forcée depuis sa création en 2019, et présidé par le médiatique et controversé dirigeant Philippe Rivière.
Le redressement judiciaire avait été décidé à l’initiative d’un actionnaire minoritaire, Patrice Rives, qui avait été aussitôt démis de ses fonctions de directeur-général par M. Rivière.
"Mauvaise gestion et de malversations"
Avant l’audience de mercredi, l'avocat de Philippe Rivière, Gauthier Doré, avait déclaré à l’AFP que son client avait enfin trouvé "un fonds d’investissement européen permettant un plan de retournement par le haut grâce à une solution de continuation pour une vingtaine de sociétés du groupe employant 900 salariés", sur les 1.450 qu’il comptait courant 2025.
Mais ce projet de plan de continuation a dû être abandonné. En effet, selon des sources syndicales, le fonds en question, le britannique Atlas Capital Markets, qui prévoyait d’entrer au capital de la holding de M. Rivière (actionnaire majoritaire) moyennant un apport d’une dizaine de millions d’euros en actions et en obligations convertibles, "n’a pas été en mesure de démontrer dans l’immédiat un financement supérieur à 1,5 million".
Ces dernières semaines, les représentants de plusieurs sociétés d'ACI ont déclaré "s’opposer au maintien à la tête" de leur entreprise de M. Rivière, qu’ils accusent de "mauvaise gestion et de malversations".
Le député PS de la Loire Pierrick Courbon, qui a obtenu début novembre du ministre de l’Économie Roland Lescure la réalisation d’un audit d’ACI Group par Bercy, a de son côté déclaré mercredi à l’AFP que "la confiance des pouvoirs publics envers Philippe Rivière, un temps perçu comme une étoile montante de l’industrie française, a été rompue".