Christophe Quiniou, le maire de Meyzieu, sur le plateau de 6 minutes chrono.

Lyon : "mon désarroi est grand" (Quiniou), "la mort dans l'âme" (Vullien), ils quittent le Sytral

A partir du 1er janvier 2022, le Sytral va devenir l'AOMTL qui gérera l'ensemble des transports du département du Rhône. Les représentants de la Métropole de Lyon pour cette nouvelle instance ont été désignés mardi lors d'un vote houleux à la Métropole. Où l'opposition a quitté la salle. Et ne sera plus représentée au Sytral.

Lyon Capitale vous le décrypte longuement ICI. Une délibération sur le Sytral, où plutôt sur le futur Sytral, a mis le feu aux poudres mardi lors du conseil de la Métropole de Lyon. A partir du 1er janvier 2022, le Sytral (le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise), l'autorité qui pilote et gère les transports dans la Métropole de Lyon (bus, trams, métros, et peut-être bientôt téléphérique) va devenir AOMTL (Autorité organisatrice des mobilités et des territoires lyonnais), un établissement public qui gérera l'ensemble des transports de 13 collectivités ou communautés de communes de l'ensemble du département du Rhône. Un super Sytral en somme. Un Sytral en très grand. Un mastodonte Sytral qui investit déjà 2,55 milliards d'euros sur le mandat 2020-2026.

Lire aussi : Après la polémique, qui seront les 24 élus de la Métropole de Lyon qui siégeront au futur Sytral ?

Ce qui a fait débat, ce qui a déclenché l'ire - et le mot est faible - de tous les élus de l'opposition, c'est une délibération défendue par Bruno Bernard pour désigner les représentants de la Métropole dans cette future AOMTL. Les quatre principaux groupes d'opposition ont vivement refusé la proposition de Bruno Bernard de leur accorder 4 sièges sur les 24 dans cette nouvelle assemblée (un siège par groupe). Ils en ont 7 actuellement au Sytral. Du coup, devant le refus de Bernard de leur accorder 7 sièges, ils en ont pris aucun. Il n'y aura donc pas d'élu de droite, notamment, dans le futur Sytral (alors qu'ils sont 4 élus de droite actuellement).


"Nul ne peut se résoudre à cette vision d'un pouvoir exercé de façon isolée"

Christophe Quiniou, maire de Meyzieu


Christophe Quiniou, le maire LR de Meyzieu, était l'un des 4 élus de droite. Il quitte donc le Sytral. Amer. "Contraints et forcés, comme d’autres conseillers métropolitains, je quitte le SYTRAL et mon désarroi est grand. Pour la première fois de son histoire, le conseil d’administration de l’organe gérant nos transports en communs n’aura pas de pluralité politique", explique-t-il ce mercredi dans un communiqué cinglant.

"Le Président de la Métropole a montré son vrai visage à l’occasion du conseil métropolitain et nul ne peut se résoudre à cette vision d’un pouvoir exercé de façon
isolée. Les sujets de transports en communs sont essentiels dans la politique d’aménagement. Il en va en de l’avenir de notre territoire, de ce que l’on porte
comme projets pour nos habitants. Les enjeux sont immenses. Le fait que le Président de la Métropole n’accepte pas d’accorder aux différents groupes politiques la place qui est leur revient sur la base de leur représentation au suffrage universel n’a pas d’égal dans l’histoire de notre collectivité : c’est consternant !", regrette le maire de Meyzieu.


"Bruno Bernard n'a pas d'autres solutions, il faut qu'il change d'avis"

Michèle Vullien, ancienne maire de Dardilly


Elue au Sytral depuis 1995, ancienne sénatrice, l'ancienne maire de Dardilly, Michèle Vullien, quitte elle aussi son siège (elle siège dans le groupe de Gérard Collomb à la Métropole de Lyon). "Je ne comprends pas pourquoi Bruno Bernard agit comme ça. Je suis au Sytral depuis 1995, avec des présidents de droite, de gauche, du centre, on a toujours travaillé au-delà des clivages politiques au Sytral. C'est une posture politicienne qui me navre. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça. C'est incompréhensible. C'est donner une consistance de politique politicienne à un organe qui doit être au-dessus de la politique, qui doit concerner uniquement la mobilité pour tous", se désolait mardi Michèle Vullien au micro de Lyon Capitale.

"Pourquoi le président d'un seul coup fait ce clivage ? Ca me dépasse. Ca me navre. Il faut qu'il change d'avis, il n'a pas d'autres solutions. Il passe vraiment pour quelqu'un de rétrograde. Si je dois quitter le Sytral, je le quitte la mort dans l'âme", ajoute Michèle Vullien, ancienne maire de Dardilly.


POUR ALLER PLUS LOIN

Christophe Quiniou était l'invité de notre quotidienne, 6 minutes chrono, au mois d'octobre, pour évoquer l'un des projets du Sytral, la prolongation du métro A à Décines-Meyzieu.

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