Source : Alexandra Huard

Lyon : le Rhône devient une poubelle à trottinettes électriques

À Lyon, le Rhône est plus clair ces derniers jours, laissant entrevoir de nombreuses trottinettes reposant au fond. Le fleuve est devenu une poubelle à trottinettes électriques.

Lundi matin, Alexandra Huard longe le Rhône et jette un coup d’œil dans le fleuve qui est plus clair que d'habitude. Elle y découvre des dizaines de trottinettes électriques qui reposent au fond, sur le seul secteur entre le pont Morand et la passerelle du collège. Elle décide alors de publier ses photos sur son profil Facebook, sa publication est devenue virale, partagée plus de mille fois. Le constat est là : le Rhône est devenu une poubelle à trottinettes électriques avec des utilisateurs ou casseurs qui n'hésitent pas à jeter les deux roues en libre service dans le fleuve.

Source : Alexandra Huard

Des dizaines de trottinettes visibles

À notre tour, nous nous sommes rendus sur les berges et rives du Rhône, ne pouvant faire que le même constat. À un endroit, une quinzaine de trottinettes s'entasse sur un espace à peine plus grand qu'un studio pour étudiant. Entre Morand et la passerelle du collège, elles sont là par dizaines. Combien reposent au fond des cours d'eau de la ville ? Impossible de connaître l'ampleur du phénomène, nouvelle forme de pollution dont l’existence est invisible quand le fleuve est moins clair et plus haut, soit une grande partie du temps. Dans leurs entrailles, on retrouve des batteries au lithium, qui peuvent entraîner une contamination de l'eau si leur enveloppe n'est plus étanche. Il arrive que les pompiers en remontent à l'occasion de plongée, mais ils n'ont clairement pas que cela à faire. L'un d'eux explique : "Ce n'est pas notre mission, on rend service parfois, mais on ne peut pas nettoyer le fleuve". En mai, l'association Sea Shepherd avait déjà récupéré 22 trottinettes dans la Saône (lire ici). Les amateurs de "pêche à l'aimant" sont parfois visibles sur les berges du Rhône, sortant tout ce qui est présent à proximité. Du côté de Pierre Hémon, vice-président en charge des déplacements à la métropole de Lyon, c'est également l'amertume qui prime : "C'est du capitalisme sauvage, on arrive, on fait sa crotte, et on repart".

Quid des opérateurs ?

Contactés par Lyon Capitale, Bird et Voi n'ont pas encore répondu à nos sollicitations. Pour sa part, Lime affirme "mettre en place plusieurs actions pour endiguer le phénomène" comme l'impossibilité de terminer son trajet à 50 mètres des rives de Saône et du Rhône. "Lime effectue très régulièrement des passages avec des patrouilleurs pour éloigner celles qui seraient déplacées vers les berges", précise un représentant de l'entreprise, "Une fois qu’elles sont dans l’eau et qu’on en a le signalement, Lime les récupère avec un grappin ainsi que des plongeurs professionnelles".

Du côté de chez Dott on assure prendre le problème au sérieux. "Nous avons une équipe avec des grappins qui récupère les trottinettes qui sont le plus proches du bord", explique Manon Pagniez, responsable des opérations à Lyon, "Avec les autres opérateurs et une association de plongée, nous allons prochainement monter une initiative de pêche collective pour en récupérer plusieurs d'un coup". Cette opération ne devrait pas manquer d'être relayée à grand coup de communication, comme les opérateurs ont l'habitude le faire. Le problème est pour l'instant très visible, mais cela ne va pas durer.

Le fleuve est actuellement bas et clair, les trottinettes ressortent, mais avec l'arrivée de l'automne et des crues, elles disparaîtront à nouveau sous tous les éléments chargés par l'eau. La "poubelle Rhône" a pourtant de grand risque d'être toujours là, nourrie sans cesse.

Photo : Florent Deligia

 

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6 commentaires
  1. Laure laure - 11 septembre 2019

    De toute façon la Ville ne fait rien contre le fléau des trottinettes. Je les ais interrogé il y a peu sur le stationnement anarchique sur les trottoirs, j'ai eu le droit à la réponse "éléments de langage" comme quoi le ciel est bleu et la température idéale et puis basta ................
    En attendant elles barrent parfois littéralement le trottoir parfois, empêchant le passage, roulent toujours aussi vite en zone piétonne et sont présentes en circulation sur les trottoirs ,
    C'est un peu comme la chaleur en ville, on cause on cause et on fait du minéral de partout en posant trois bacs en bois de plantes riquiqui à grands renforts de communication " on fait quelque chose !!!! "

  2. vieux caladois - 11 septembre 2019

    d'abord une amende de 150 euros au concessionnaire par trottinette retrouvée, avec saisie immédiate sur les finances de la société, ensuite poursuites judiciaires ...car ce sont bien ces sociétés qui veulent faire du fric qui sont responsables à 100 %...et au bout de 20 trottinettes retrouvées interdiction d'exercer pour la société...quant à celles abandonnées sur les trottoirs saisie immédiate et mise en fourrière

  3. Anthony1992 - 12 septembre 2019

    Moi je peux vous dire qu' il y en a plus que ce qui est dit dans l article car étant pêcheur je me suis mis à la dépollution à l aimant en 3 cessions j ai sortis pas moins d une 60 de trottinette si ce n est plus avec des barrières de chantier ville et d'autre entreprise, plus des vélos et des indigowells.... J ai pris des photo que j ai envoyé au société quand sa me réponds les mecs vienne 2 jours après pour les récupérer mais elle sont rejeté à l eau. J ai été au commisariat municipal et national ils peuvent pas surveillé de partout alors qu' il y a des caméras à quoi servent elles? En ce qui concerne la ville de Lyon elle s en fou royalement disant qu' elle ne touche aucune prix pour le stationement des trottinette que les média avait inventé sa . Ils mon demande d appeler la métropole qui ne gère pas sa non plus. Qui eux demande au brigade fluvial puis à la police qui eux renvois vers la mairie. Chacun se renvois la balle . En attendant le Rhône est pollué autant que la Saône . Et quand certains se bouge d autre appelle la police pour ce qui nettoye. Et ceux qui jette non rien.

  4. ifoyaka - 12 septembre 2019

    Ce n'est certainement pas le dernier qui a utilisé l'engin qui le jette a l'eau a moins qu'il se soit déconnecté.Devant ce monde d'inconscient il faut que ces trottinettes soient bloquées comme les vélibs incitant les utilisateurs en fin d'utilisation de les bloquer et la responsabilité sera engagée

  5. philippechaumont - 12 septembre 2019

    Laisser des trottinettes en libre service sans qu'elles soient "dockées" d'une manière ou d'une autre quand elles sont à l'arrêt, comme les Vélov', est totalement idiot. 1) n'importe qui peut les prendre pour en faire ce qu'il veut (et donc y compris les jeter dans le Rhône) 2) elles sont garées n'importe où et non sur des emplacements réservés judicieusement disposés pour ne pas emm... les piétons et notamment les non-voyants. L'autre jour j'ai aidé un non-voyant qui n'arrivait pas à traverser la montée St Sébastien car son chemin était bloqué par plusieurs trottinettes et le pauvre gars errait en plein milieu de la chaussée sans reconnaître sa route habituelle. 3) s'il faut un emplacement réservé, rien de plus facile pour la ville que d'en profiter pour récupérer auprès de la société propriétaire un loyer correspondant au frais d'installation de ces emplacements et à leur gestion. J'ajouterai que le système de dockage pourrait être standard et imposé à tous les fournisseurs, de manière à ce que la Ville n'ait pas à gérer 36 types différents...

  6. annebernardet - 12 septembre 2019

    Le problème des trottinettes ne vient pas des trottinettes en elles-même, mais bien des personnes qui les manipulent (utilisateurs ou vandales)
    Jusqu'à preuve du contraire, les trottinettes n'avancent pas toutes seules.
    Par analogie avec les voitures, ça reviendrait à dire que la responsabilité d'un véhicule mal garé ou laissé à l'abandon dans la cambrousse serait attribuée aux constructeurs automobiles ou aux concessionnaires.

    Le problème est donc bien une absence de civisme.

    Il n'y a pas que les trottinettes qui sont jetées à l'eau. Mais pourtant, personne ne critique les fabricants d'échafaudage ou de barrière, ni les vélo'v...

    Je suis personnellement en contact avec les opérateurs déployant les trottinettes électriques afin d'étudier la récupération des trottinettes de la Saône et du Rhône.

    Dire également que les opérateurs ne font rien pour éviter que les trottinettes ne soient jetées dans l'eau est faux.

    En somme, arrêtons de rejeter la responsabilité sur les opérateurs de trottinettes.

    Sur ce, je vous souhaite une agréable soirée.

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