Accident d'un poids lourd transportant un produit toxique sur l'autoroute A7
Relevage du camion-citerne sur l’A7 vers 1h50 Capture Twitter @Vinci Autoroutes

Lyon. Accident sur l'A7, scénario catastrophique dans la vallée de la chimie

L'angoisse provoquée mercredi 18 mai par l'accident sur l'autoroute A7 d'un poids lourd transportant 19 000 litres de disulfure de carbone, un produit instable et inflammable, pose la question de "l'effet domino". Lyon Capitale a imaginé un scénario fictif l'illustrant.

La grosse angoisse provoquée, mercredi 18 mai et jeudi 19 mai, par l'écoulement de disulfure de carbone, produit volatil, particulièrement instable et inflammable, rejetés par un poids-lourd à la hauteur de Chasse-sur-Rhône, nous a poussé à nous interroger sur la survenue d'un accident, autrement plus dramatique, en prenant en compte l' "effet domino".

Accident d'un poids lourd transportant un produit toxique sur l'autoroute A7
Relevage du camion-citerne sur l'A7 vers 1h50
Capture Twitter @Vinci Autoroutes

Si notre scénario reste fictif, il se base néanmoins sur la littérature des accidents industriels survenus sur la planète depuis le début du XXe siècle. Bien que les process aient évolué - "un accident de type Feyzin en 1966 ne peut pas se reproduire à l'identique" - il n'en reste pas moins que l'industrie sans risque n'existe pas. Ainsi, la rupture franche d'un isoconteneur de chlore, accident dit de référence pour l'usine Arkema de Pierre-Bénite, a une probabilité très infime de se produire. Sauf si d'autres accidents, en amont, viennent le provoquer. C'est le fameux "effet domino".

C'est justement ce que l'on a fait, en nous appuyant sur l'expertise de Patrick Lagadec, directeur de l'Ecole polytechnique de Paris et l'un des grands spécialistes mondiaux de la gestion des crises, selon lequel les industriels sont préparés pour des scénarios évidents et préprogrammés mais qu'aujourd'hui, l'imprévu devient la norme. Et qu'on ne sait pas forcément réagir à cet imprévu. La catastrophe de Fukushima en est l'exemple parfait : si l'hypothèse d'un tsunami, consécutif à un tremblement de terre (ou non), avait été envisagée, une perte totale d'électricité pendant plusieurs jours ne l'avait en revanche pas été.

Scénario paru dans Lyon Capitale n°703 de septembre 2011

Avertissement
Le scénario présenté se base sur des accidents ayant eu lieu en France et à l'étranger.

Simulation

Jeudi 20 décembre 2012 - alors que tous les "oracles" prévoient la fin du monde pour le lendemain - l'explosion d'un camion de propylène sur l'autoroute A7 provoque une série de conséquences catastrophiques, dont la déchirure d'une citerne de plusieurs tonnes de chlore, un gaz extrêmement toxique. Les détonations de l'explosion s'entendent à plus de 80 kilomètres. Les 33 hectares de l'usine chimique sont quasiment soufflés par l'onde de choc. Au nord, les vents dispersent un nuage toxique jaune verdâtre au-dessus des 2e, 5e, 7e et 8e arrondissements de Lyon, jusqu'aux portes de Bellecour. Des milliers de personnes sont évacuées, on recense 4 900 blessés et 296 morts. C'est la plus grosse catastrophe industrielle que la France ait connue depuis AZF, onze ans plus tôt, le 21 septembre 2001.

 

5h20 – accident routier
Un camion-citerne transportant 20 000 litres de propylène, en provenance de la raffinerie de Feyzin, heurte violemment la barrière de sécurité en béton du terre plein central de l'autoroute A7. Un autre, contenant le même hydrocarbure est en travers de la route. L'accident a lieu à proximité de l'usine chimique Arkema de Pierre-Bénite. Le choc fissure la citerne.
Un accident similaire s'est produit le 11 juillet 1978, en Espagne, à Los Alfaques Un camion-citerne transportant 25 tonnes de propylène, un gaz hautement inflammable, s'est renversé et a explosé à proximité d'un camping bondé. Le 9 janvier 2004, à Lyon, la collision entre deux poids-lourds, dont l'un transportant 20 000 litres de produit chimique (toluène) fait deux morts et entraîne l'évacuation de 1 500 personnes, dont un lycée entier. Le toluène se déverse dans les sous-sols et les égoûts, provoquant une grave pollution. A Lyon, on recense 5 accidents de transport de matières dangereuses depuis l'année 2 000.Chaque jour, 2 000 véhicules transportant des matières dangereuses traversent Lyon intra-muros.

5h22 - 3 morts
Le conducteur du camion et un couple d'Allemands de retour de vacances sont tués dans l'accident. Ce sont les trois premiers morts d'une tragédie qui en comptera 296.

5h26 – arrivée des pompiers sur le lieu d'accident
De la fumée s'échappe du camion. Un début d'incendie se déclare. Arrivés sur place, un premier piquet de pompiers commence à arroser la citerne fissurée.
Pour Sylvain Chaumette, de l'INERIS (Institut national de l'environnement et des risques industriels), les pompiers n'arriveront pas avant 5h35.

5h45 - explosion du camion de propylène
Près de 25 minutes après le début du sinistre, une fuite précède un grondement : le propylène s'enflamme, embrase le camion. Le second camion explose quasi simultanément. L'explosion génère une boule de feu de plus de 100 m de haut et 25 mètres de diamètre.
Le 11 juillet 1978, en Espagne, l'explosion du camion citerne de propylène a engendré une boule de feu géante, faisant plus de 200 morts. Tous les campeurs situés dans un périmètre de 150 mètres sont morts instantanément. Jusqu'à 250 mètres du point d'explosion, 1/5 des personnes sont décédées des suites de leurs blessures. Le bilan humain est le plus lourd connu en Europe dans ce type d'accident. D'après les études de danger du centre d'emplissement de Feyzin, Rhône Gaz (octobre 2006), l'explosion d'une sphère de butane de 1 000 m3 a des effets létaux dans un rayon de 525m (654 mètres pour les effets irréversibles).

5h50 – destructions en chaîne
La boule de feu s'est déversée comme une énorme vague sur la partie Est du site d'Arkema. Heureusement, les dépôts et stockages pétroliers de Lyon sont situés plus au sud. A priori, ils ne craignent rien. Une grande partie de l'usine Arkema est en feu. Des wagons, sur la ligne de chemin de fer d'Arkema, située en bordure d'autoroute, sont en feu. Toutes les personnes présentes dans un rayon de plus de 50 m ont été projetées à terre. Bilan : 24 pompiers et 32 automobilistes tués net par l'onde de choc. Le nuage de vapeur de feu a « sauté » par dessus les toits des bâtiments : 67 employés de l'usine, qui avaient échappé à l'onde de pression, meurent sur le coup, brûlées par les micro-goutelettes en feu qui leur sont retombées dessus. Des débris de citerne et de béton de plusieurs centaines de kilos ont atterri sur l'autoroute, provoquant trois accidents de poids-lourds. Une barge, sur le fleuve, a été atteinte par des projectiles. Dans le quartier du Perron, les fenêtres et les portes des maisons ont été arrachées, les vitres et les devantures des magasins ont volé en éclats. Les destructions sont essentiellement localisées dans un rayon de 2 km autour d'Arkema.
Le 4 janvier 1966, lors de l'explosion de la première sphère de propane de la raffinerie de Feyzin, le quartier des Razes, situé de l'autre côté de l'autoroute, a été secoué comme un tremblement de terre. Les vitres et les devantures des magasins ont volé en éclats. Les fenêtres et les portes ont été arrachées. 130 à 150 maisons ont été sérieusement endommagés par l'effet de souffle. Les destructions se sont localisées dans un rayon de 2 km.

5h52 – un camion de chlore en feu
Chez Arkema, alors q'un camion-citerne est en cours de dépotage, une des vannes saute à cause d'un projectile du à l'explosion du camion. Le chlore fuit. C'est un gaz extrêmement toxique. Sur la voie de chemin de fer qui jouxte l'usine et l'autoroute, des wagons de dépotage de trichloréthane sont en proie au feu.

5h54 – arrivée de pompiers
Sur place, les pompiers de la plateforme d'intervention d'Arkema, équipés de matériel spécialisé (cellule mobile d'intervention chimique, émulseur) sont à l'ouvrage. La chaleur est intenable.
La situation est un peu confuse. Le feu est partout.

6h15 – évacuation des populations
Les habitants sortent de leurs habitations, hébétés. Les sirènes résonnent sur toute la zone industrielle de Pierre-Bénite (dépôts, entrepôts et stockages pétroliers du port Edouard Herriot, de l'autre côté du fleuve). Les pompiers arrivent de partout. L'autoroute A7 est bloquée, les routes départementales également. C'est le sauve-qui-peut général. La circulation est, à certains endroits, bloquée. La navigation sur le Rhône est arrêtée. Des bus TCL, réquisitionnés, arrivent sur place. A Pierre- Bénite, Saint-Genis-Laval, Oullins et La Mulatière, des centaines de personnes commencent à être évacuées.
Les exemples d'évacuation de populations, suite à des accidents chimiques, sont légion. Le 19 mai 1981, à Porto Rico (Brésil), une fuite d'ammoniac et de chlore dans une usine chimique a entraîné l'évacuation de 2 000 personnes. Le 3 septembre 1988, à Los Angeles, 20 000 personnes sont évacuées suite à une réaction chimique incontrôlée dans une usine de fabrication de pastilles d’hypochlorite de sodium pour piscines. Le plus grand déplacement volontaire de population connu remonte au 10 novembre 1979 : l'accident d'un train de wagons de produits chimiques à Mississauga-Toronto (Canada) a entraîné l'évacuation de 226 000 personnes.

6h28 – grave fuite de la citerne de chlore
La fuite de chlore continue. Le camion contient entre 18 et 20 tonnes de produit.
Sur les 557 accidents (dont 251 en France) impliquant du chlore, survenus entre 1917 et 2003, 35 d'entre eux ont entraîné, directement ou indirectement, le décès de 240 personnes.
Pour exemple : le 5 novembre 1947, à Pauma, en Finlande, une fuite de 15 tonnes de chlore provoque la mort de 19 personnes. Le 24 décembre 1939, une fuite de 20 à 25 tonnes de chlore intoxique mortellement 60 personnes. Le 13 décembre 1926 à Chateau-Arnou-Saint-Auban, une fuite de chlore libère entre 20 et 25 tonnes de chlore dans l’atmosphère. Divers bilans font état de 19 et 40 morts. Le 8 janvier 1997, à Lahore, au Pakistan, l'un des deux conteneurs contenant 1 500 kg de chlore liquéfié tombe d'un camion : entre 27 et 32 morts.

7h00 – nuage toxique de 8 km2
Dans le ciel, un immense nuage jaune verdâtre de 8 km2 surplombe la « vallée la chimie ». Les conditions atmosphériques s'avèrent défavorables et les vents poussent le nuage en direction de Lyon. Le chlore est un gaz très toxique, irritant et suffocant. L'ensemble des populations de Pierre-Bénite, Saint-Fons, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Priest, Corbas, Oullins, Saint-Symphorien-d'Ozon, La Mulatière, Sainte-Foy-les-Lyon, ainsi que que les 2e, 5e, 7e et 8e arrondissements de Lyon sont priées de rester confinées chez elles, après avoir calfeutré les ouvertures de leur logement.
Le 12 juillet 1991, à Fuji-Shi (Japon), une erreur de manipulation lors du dépotage d'une citerne de chlorure d'aluminium provoque un nuage de chlore de 4 km2.

7h16 – 200 pompiers en renfort
Devant l'ampleur de la catastrophe, les pompiers des casernes du département sont appelés en renforts. Ils ont réussi à éteindre le feu sur les wagons de trichloréthane.

7h32 – le nuage aux portes de Bellecour
Les masses d'air frais poussent le nuage vers Lyon. Le ciel s'assombrit. De fortes odeurs commencent à être ressenties au Confluent, dans le quartier de Gerland.
Lors de l'accident de Missisauga-Toronto, des études ont montré qu'en cas de rupture franche du wagon de chlore, les vents défavorables auraient pu causer des concentrations excessives de chlore dans un rayon de 30 kilomètres et la mort immédiate de 1 000 personnes (l'accident a eu lieu un soir, à 1,5 km de Toronto)

7h55 – intervention de l'armée
La situation est désormais très inquiétante. Le nuage surplombe toute la partie nord de l'agglomération lyonnaise, une partie des 5e, 7e et 8e arrondissement compris. Le nuage est aux portes de Bellecour. Des militaires ont été dépêchés dans les rues et les places de la ville, qui commencent à être embouteillées par les voitures qui essaient de fuir la ville, malgré les messages d'alerte diffusés aux populations. Pour ne rien arranger, une fine pluie commence à tomber, avec le risque de dissoudre les gaz et des les ramener au sol. Les premières vagues de blessés arrivent dans les hôpitaux. On recense de nombreux brûlés, des irritations des voies respiratoires, des dyspnée, nausées et vomissements et plusieurs oedèmes pulmonaires. Plus de 250 personnes sont tombées dans le coma, suite à des inhalations trop fortes de gaz. 122 sont décédées sur le coup alors qu'elle tentait de regagner un lieu pour se protéger. Elles habitaient toutes dans un rayon de 750 à 1500 mètres de l'usine.
A propos de l'accident ferroviaire de Missisauga-Toronto (lire ci-dessus), des études ont montré qu’en cas de rupture franche du wagon de chlore, un millier de personnes seraient mortes en une demi-heure. Or, cet accident est intervenu en terrain vague, dans une zone inhabitée, les premières habitations – Toronto intra-muros - se situant à 1,5 kilomètres.
Selon Sylvain Chaumette, de l'INERIS (Institut national de l'environnement et des risques industriels), il est très peu probable que l'armée intervienne aussi rapidement (il mise sur le lendemain) car c'est le ministère de l'Intérieur qui en déciderait de l'envoi et les procédures sont très longues.

8h18 – danger sur les autres stocks chimiques
350 pompiers sont désormais sur le site d'Arkema. Les murs d'un entrepôt de stockage de 600 tonnes de trifluorure de bore, un autre gaz extrêmement inflammable et très toxique, ont été partiellement détruits. Le scénario d'un effet domino inmaîtrisable et cataclysmique est maintenant sur toutes les lèvres : près de 2 000 tonnes de produits chimiques sont stockés sur le site (chlore, acide chlorhydrique, trifluorure de brome, difluoroéthane, fluoroélastomère).
Lors de l'explosion de l'usine AZF, à Toulouse, le 21 septembre 2001, les stockages d'ammoniac et d’ammoniac liquide situées à 300 et 600 m du point d'explosion n'ont heureusement pas été touchés, protégés par la structure des bâtiments qui les abritait.

8h37 – Marseille envoie des avions bombardier
Si les cuves de trifluorure de bore sont, par chance, intactes, un atelier de stockage de gaz liquéfiés a quant à lui pris feu. Marseille envoie deux avions bombardier sur place.
Pour l'INERIS, les Canadair atterissent plutôt en zones calmes. D'après eux, il n'existe pas de précédent d'intervention sur un site industriel.

9h35 – explosion de gaz liquéfiés
Une explosion retenti au sud de l'usine. Il s'agit d'un entrepôt de gaz liquéfiés inflammables. Une énorme boule de feu déchire l'air. Puis plus rien. Une trentaine de personnes sont à terre. L'atmosphère se charge d'une odeur suffocante, qui s'ajoute à celle, très irritante, du chlore. Sur l'A7, une dizaine de voitures ont pris feu.

9h36 – débris projetés à 400 m
Des débris de plusieurs tonnes ont été projetés à plus de 400 mètres de l'explosion, dans le Rhône qui fait office de barrage avec les dépôts et stockages pétroliers de Lyon, en face.
De l'autre côté, à l'ouest, on retrouvera des débris enflammés sur le stade de Pierre-Bénite.
Le 8 avril 1979, à Crestview, aux Etats-Unis, à la suite de l'incendie suivie de l'explosion de wagons de produits inflammables, des débris ont été projetés à 200 m du point d'accident. Lors de l'accident de Missisauga-Toronto, les plus grosses parties des caisses de wagon de propane ont été éjectés à 600-700 mètres. Le 4 janvier 1996, lors de la catastrophe de Feyzin, des morceaux de 15 tonnes (sphère de propane) ont été projetées à 350 mètres et des tuyauteries ont été retrouvées à 1,5 km de l'explosion.

9h53 – panique à Pierre-Bénite
Une reconnaissance aérienne effectuée à bord d'un hélicoptère de la gendarmerie permet d'informer que de très nombreux habitants de Pierre-Bénite, par peur de l'explosion et malgré les consignes, sont sorties dehors et courent dans les rues en direction du nord. Les forces de police n'arrivent pas à contenir le flux de populations. C'est la pagaille totale. Les routes sont désormais saturées et les bus ne peuvent plus entrer dans la commune pour évacuer les populations.

10h00 – hôpitaux saturés
La totalité des hôpitaux lyonnais est désormais saturée. Il n'y a plus de lits suffisants pour les blessés qui arrivent par « wagons ». Des gymnases sont réquisitionnés et font office d'hôpitaux de campagne. Des médecins volontaires venus des plusieurs grandes villes aident les secours locaux.

10h37 – 2 Canadair sur le Rhône
Scène surréaliste : pendant douze secondes, deux Canadair de la sécurité civile rasent le Rhône sur 410 mètres entre Arkema et le port Édouard Herriot pour remplir leurs soutes d'eau. Ils largueront chacun 6 000 litres d'eau sur le site en flammes.
Un Canadair sur un fleuve français ? C'est déjà arrivé, le 12 mai 2010, sur la Garonne, à l'occasion du 13e rassemblement international d'hydravions de Biscarosse. 6 000 litres ont été écopés en 12 secondes.

10h42 – le nuage se dilue
Grâce à des conditions climatiques redevenues favorables, le nuage toxique se dilue. Dehors, les jardins et les arbres ont grillé sous l'effet des vapeurs toxiques. A proximité du port Edouard Herriot, des centaines de poissons flottent à la surface de l'eau suite à une fuite d'hydrocarbures survenue sur la barge touchée par des projectiles plus tôt.
A titre d'exemple, en août 2009, en Belgique, un nuage chloré s'est échappé d'une usine chimique. Résultat, la végétation d'un village voisin a été grillée.
Le 10 juillet 1976, à Pierre-Bénite, un opérateur a vidangé par erreur un wagon plein d'acroléine, pensant qu'il était vide. Vingt tonnes d'acroléine se sont déversées dans le Rhône. 360 tonnes de poissons morts ont été ramassées sur 90 kilomètres le long du fleuve.

12h31 – le feu est contenu
150 pompiers, venus en renforts d'Isère et de Drôme, réussissent à contenir le feu. La moitié d'entre eux restera sur le site les quatre cinq jours suivant pour sécuriser le site. Les entrepôts de stockages de produits chimique ont tenu et sont désormais, hors de danger. Les quartiers de Pierre-Bénite jouxtant l'usine Arkema sont partiellement détruits. On compte 18 morts.
Pour comparaison, l'explosion de l'usine AZF, à Toulouse, le 21 septembre 2001, a formé un cratère d'une quarantaine de diamètre et de 7 mètre de profondeur.

13h01 – Bilan provisoire : 296 morts, 4 900 blessés, 1 800 personnes évacuées
Le préfet, le maire de Pierre-Bénite, le maire de Lyon, la vice-présidente du Grand Lyon en charge des risques industriels, le commandant du SDIS du Rhône, accompagné d'un aréopage d'élus, d'experts et de techniciens, organisent une conférence de presse. Pour l'heure, le bilan est de 296 morts, 4 900 blessés - dont plus de 250 dans le coma - et 1 800 personnes évacuées.

13h12 – le nuage se dirige vers la Suisse
Le nuage est maintenant dissipé. Les autorités Suisses ont été averties de l'arrivée imminente d'un nuage toxique.

18h00 – ordre de confinement levé
Plus de 12 heures après le début du sinistre, l'orde de confinement est levé. Les habitants dont les maisons sont endommagées (arrachage des fenêtres...) dormiront dans des gymnases aménagées pour l'occasion. L'autoroute reste fermée à la circulation, ainsi que le Rhône. Les pompiers restent sur le site pour le sécuriser et éviter tout départ d'incendie. Les coûts se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d'euros, sans compter ceux « gigantesques » pour Arkema
Le 10 novembre 1979, l'accident ferroviaire de Mississippi-Toronto, au Canada, a coûté aux environs de 70 millions de dollars - secteur public et privé confondus (In « L'accident de Mississippi-Toronto – Patrick Lagadec. D'après The Mississippi Evacuation – Final Report tau the Ontario Ministry of the Solicitor General »).
Le sinistre d'AZF, à Toulouse, le 21 septembre 2001 a été estimé à 1,5 milliard d'euros.

 

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