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Campus des berges, université Lyon 2

Lyon 2 : les contestataires dénoncent une "rupture du dialogue"

Ce matin les étudiants et personnels de l'université Lumière Lyon 2 ont découvert leur faculté fermée par la présidence alors que 5 personnes étaient interpellées sur le campus de Bron le matin même. Les contestataires y voient "une rupture du dialogue" de la part de la présidence.

La contestation contre la loi ORE à Lyon vient de franchir un cap. Plus d'une centaine d'étudiants se sont réunis ce matin sur le quai Claude Bernard devant l'Université Lumière Lyon 2 pour une AG improvisée après avoir découvert qu'ils n'avaient plus accès à leur campus. Plusieurs cars de la police stationnent à proximité pour s'assurer qu'ils ne bloquent pas la circulation et que la situation ne déborde pas. L'un d'eux parlemente avec quelques militants de manière plutôt vive. Ces derniers accusent les forces de l'ordre de vouloir les évacuer manu militari dès qu'ils en auront l'occasion comme ce fut le cas il y a trois semaines. "Encore ce matin, vous avez carrément lâché les chiens", accuse une jeune femme, faisant référence à l'intervention policière ayant lieu le jour même à 3 heures du matin sur le campus de Bron.

"Des équipages de police se sont aperçus que des barricades étaient en train de se monter et que plusieurs individus étaient en train de dégrader la chaufferie", s'est justifiée la préfecture, contactée par Lyon Capitale, qui précise que 5 personnes ont été interpellées. Une intervention qui a été déclenchée à l'initiative des policiers et non pas par la présidence assure-t-on du côté de l'université. "En vérité cette intervention policière, ainsi que la fermeture de l'université, a été décidée pour empêcher la tenue d'une AG qui devait avoir lieu aujourd'hui", rétorque Frédéric Volle, responsable de la fédération FO éducation du département du Rhône. "C'est quand même la deuxième fois que la police intervient à Lyon 2. On est extrêmement inquiets de voir que la seule réponse apportée à une mobilisation sans violence se sont les interventions policières qui se développent à Lyon et partout en France. Il y a bien quelqu'un là-haut qui en a décidé ainsi."

Réunion de crise

Le campus de Bron a depuis retrouvé son fonctionnement habituel. C'est loin d'être le cas sur les quais où l'on doit interpeller des agents de sécurité à travers les barreaux du portail pour pouvoir s'adresser à la direction de la communication de l'université. "Les étudiants contestataires bloquent les issues de secours. On est donc dans l'incapacité de pouvoir assurer la sécurité s'il se passe quelque chose. C'est pour cela que l'on a décidé de fermer le site."

Sur le campus des quais flotte une ambiance de siège. Alors que les étudiants ont interdiction d'accéder à leur établissement, la présidente Nathalie Dompnier et son entourage s'y sont enfermés pour "une réunion de crise". D'un côté comme de l'autre, la confusion règne. "L'université met tout en œuvre pour que les examens puissent avoir lieu", résume Michelle Busnel qui ne pouvait en dire plus sur les décisions que va prendre la présidente dans l'immédiat. Et d'admettre ce que les étudiants contestataires craignent : le probable déroulement des partiels sous surveillance policière à partir du 14 mai comme cela vient d'avoir lieu dans d'autres universités comme Nancy.

La mobilisation continue malgré tout

Malgré la perte de leur lieu de rassemblement, les étudiants et personnels mobilisés ont donc décidé de se réunir pacifiquement sur les quais sans bloquer la circulation pour essayer de réagir. Depuis jeudi deux amphi de l'ENS sont également occupés pour accueillir les étudiants mobilisés. "On est désemparés", déplore cependant Bastien Pereira Besteiro, enseignant vacataire en sociologie. Lui et ses camarades dénoncent une ambiguïté du positionnement de la présidente qui s'est pourtant prononcée publiquement pour l'ouverture des négociations sur la loi ORE. Elle était même intervenue dans une précédente assemblée générale pour se justifier de l'intervention policière du 13 avril.

Mais la décision de fermer l'université sera probablement un point de non-retour. "Pour nous c'est une rupture de dialogue de la part de la présidente" considère l'enseignant vacataire. "On s'opposera à la tenue d'examens dans des conditions inacceptables, à savoir sous la surveillance d'agents de police ou de sécurité privé. Cette question des examens est utilisée pour freiner le mouvement étudiant. En fermant l'université, on essaye de diviser les étudiants". Face à l'absurdité de la situation, un étudiant opposé à la réforme ironise : "on est finalement devenus des anti-blocage".

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