Des voitures de nuit à Lyon
© Tim Douet

Lyon : 142 heures perdues dans les bouchons, des solutions existent

Comme chaque année, le constructeur de GPS TomTom a livré son Trafic Index, une étude permettant de découvrir l'état de la congestion dans les grandes métropoles. À Lyon, la situation se dégrade très légèrement, et les conducteurs auront perdu quelques jours de leur vie quotidienne à attendre dans les bouchons.

142 heures, soit 5 jours et 22 heures, c'est le temps perdu par les conducteurs à Lyon dans les bouchons en 2019, selon TomTom et son Trafic Index. Le taux de congestion augmentent de 1 %, pour s'établir à 30 %. Lyon se classe en 6e position derrière Paris (39 % de congestion), Marseille (34 %), Bordeaux (32 %), Grenoble (32 %) puis Nice (31 %) à la cinquième place. Des Parisiens qui perdent 163 heures par an dans les bouchons de leur côté.

À l'échelle mondiale, Lyon est à la 120e place, le podium étant occupé par Bangalore en Inde (71 % de congestion, 243 heures perdues), Manille aux Philippines (71 % pour 257 heures perdues), et Bogota (68 % pour 230 heures perdues en 2019).

La neige engendre la pagaille

Le jour où la circulation était la plus fluide à Lyon en 2019 a été tout simplement le premier janvier. Quant au pire, ce fut le 14 novembre, marqué par les chutes de neige sur l'agglomération. En circulant en heure de pointe pour un parcours de 30 minutes, les conducteurs voient leur trajet augmenter de 19 minutes le matin, le constat est identique le soir. Enfin, selon TomTom, le pire créneau horaire de la semaine pour circuler est le mardi de 8 heures à 9 heures.

Quelles solutions ?

Les solutions rapides pour améliorer la situation existent, même si certaines peuvent sembler paradoxales. Construire plus de routes permettrait-il de supprimer les bouchons ? Non. La littérature scientifique sur la théorie des flux ne manque pas depuis plus d’un demi-siècle, soulignant ce qui n’est pas forcément une évidence à première vue : pour fluidifier, il faut supprimer ; ajouter, c’est congestionner. Lyon a déjà testé la chose. Fin 2012, le tunnel de la Croix-Rousse a fermé pendant neuf mois sans conséquences majeures sur la circulation à Lyon. Une part du trafic s’est évaporée, qui est revenue à sa réouverture.

De même, proposer des voies de bus en site propre et aménagements cyclables le long des grandes artères congestionnées peut avoir un double effet : ceux qui les empruntent ne subissent pas les bouchons et ne perdent pas de temps. En parallèle, les conducteurs coincés à côté, qui se font continuellement doubler par des modes plus efficients, peuvent décider de tenter l'expérience.

Même si l'étude TomTom ne permet pas de savoir combien de temps ont gagné les usagers TCL de modes en site propre, vélos ou trottinettes en 2019, ils sauront déjà qu'ils n'ont pas perdu 142 heures de leur vie l'année dernière.

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23 commentaires
  1. Galapiat - 29 janvier 2020

    fermer des infrastructure existantes décongestionnerait Lyon ??, vue par le petit bout de la lorgnette!!, sauf que le flot des véhicules n'est plus visible à l’endroit traité , se reporte ailleurs souvent dans des zones inadaptées. les logiciels smartphones en sont la preuve, l'on y voit même des PL emprunter des routes dont leur gabarit ne permet pas le passage. Depuis la brillante rénovation du giratoire de Vourles (A450) arrivant de Brignais, gros ralentissement vers hôpital Lyon Sud, vers Sté c'est bouchon depuis sortie Brignais , ( fallait bien préserver l’activité des 2 stations )Il manque: le second pont parallèle sur le barrage , prévu mais jamais réalisé) l'anneau des sciences pour évacuer vers l'Est.

  2. Lugdunum69 - 29 janvier 2020

    "Fin 2012, le tunnel de la Croix-Rousse a fermé pendant neuf mois sans conséquences majeures sur la circulation à Lyon. Une part du trafic s’est évaporée, qui est revenue à sa réouverture."

    Refermons-le alors...!

  3. Arkane - 29 janvier 2020

    La théorie fumeuse qui veut que l'on ferme un tunnel ou on réduit les voies et la circulation "s'évapore", c'est une jolie théorie d'écolo parisien ! En réalité, c'est tout simplement du trafic qui se reporte ailleurs dans d'autres zones ou des personnes qui renoncent au trajet. Bref, c'est un centre ville qui se meurt et qui devient un "musée" pour touriste.

    Sinon fermons toutes les routes et on verra donc les bouchons disparaitre. Par contre, si vous n'avez plus de pâte au Carrefour du coin qui n'est plus livré ou si votre boulanger ne peut pas venir bosser en voiture, on verra si la théorie soutient le quotidien...

    1. Abolition_de_la_monnaie - 29 janvier 2020

      Une théorie d'écolo parisien ?
      Alors les producteurs de voitures qui ont toujours poussé à "toujours plus de routes" sont des écolo-parisiens ?
      Eux, savent qu'il y a une relation entre ces deux paramètres, que les routes font la circulation. + il y a de routes, + les ventes de voitures augmentent.
      Et donc, à l'inverse, + les individualistes sont nombreux à se tasser sur les routes, + ils commencent à réfléchir et à remettre en cause l'usage de leur voiture.
      Quant aux boulangers... si un boulanger du centre vit dans sa petite campagne, c'est qu'il veut le beurre, l'argent du beurre et le c... de la crémière. Un peu comme beaucoup dans la région 🙂

      1. Galapiat - 29 janvier 2020

        la théorie développée par ceux qui ne bossent plus, , n'ont pas ou plus d'enfants à charge, ont des emplois du temps de fonctionnaires bien règlés, sont desservis par les transports en commun, environ 15 §%de la population.

        1. Abolition_de_la_monnaie - 29 janvier 2020

          sacrés farceurs alors que les producteurs de voitures ! 🙂

          1 voiture qui pollue, on se dit, c'est pas grave, c'est dilué.
          1 milliard de voitures sur terre (chiffre réel), on se dit : ouais, il y a peut être un problème dans l'organisation de notre société, et la pollution n'est plus inoffensive.
          Sans aération, les utilisateurs de voiture dans des tunnels, s'asphyxient rapidement.

          1. Galapiat - 29 janvier 2020

            Abbo: en est tu sur "sans aération" pourrais tu résister? est tu prêt à servir de cobaye ?

          2. Abolition_de_la_monnaie - 29 janvier 2020

            Gala: moi je peux respirer le pot d'échappement de mon vélo et je ne finance pas les pays producteurs de pétroles pour me mouvoir. Qui est le cobaye de quoi ? 🙂

  4. Arkane - 30 janvier 2020

    Abolition : et comment fais-tu pour sortir de Lyon et aller à la campagne ? dans d'autres villes ? Tu fais 200 à 300km à vélo ? C'est juste pour savoir si dans le futur on va devoir tous faire des étapes du Tour de France pour avoir la famille ou les amis ? Ah oui j'oublie le train... 🙂 Quel blague la SNCF quand on prends le train régulièrement comme moi pour aller un peu plus loin que Tassin ou Venissieux ! J'arrive à de temps en temps entre deux grèves et deux pannes de train à atterir dans une gare sans guichet, sans taxi, sans bus pour aller à mon RDV !

    1. Galapiat - 31 janvier 2020

      tu n'as pas répondu à ma question es tu prêt, ton vélo a des pneus en bois ou produit à base de pétrole ?

      1. Abolition_de_la_monnaie - 31 janvier 2020

        Vous ne répondez jamais à mes questions, pourquoi je répondrais aux vôtres ?
        (parce que moi je ne suis pas de ce genre :o)

        Les pneus... vous vous rappelez du caoutchouc ? Substance naturelle même si je ne doute pas qu'il faille de la chimie pour le transformer. En tous cas, pas de pétrole :o)

        1. nico-yzfr6 - 31 janvier 2020

          Même si je trouve vos propos souvent bien sentis, là, je vous trouve un peu malhonnête à sous-entendre que vous pouvez vous passer totalement de pétrole. On est malheureusement tous dépendants du pétrole. Essayer de limiter notre consommation et de le recycler au mieux est tout ce que nous pouvons faire. Mais si vos pneus sont en caoutchouc, à base de quoi sont les gaines de vos freins, les poignées et la peinture de votre vélo ?

          1. Abolition_de_la_monnaie - 31 janvier 2020

            Je n'ai jamais dit que JE pouvais me passer de pétrole actuellement.
            Nous sommes dans une société de pétrole où le plastique est partout, on est d'accord là dessus. Mais est-ce qu'on organise la société pour éviter cette consommation ? Non, parce que le plastique est "pratique" et le pétrole a une énergie incroyable et... c'est méga rentable.
            Mais je vous pose la question : "le pétrole est-il une ressource infinie ?"
            Si elle ne l'est pas (infinie) alors les suivants devront faire sans, quoi qu'il arrive !
            Comment vont-ils faire ? (on s'en fout de la suite ?)
            Perso, je freine le plus possible cette conso (même si je ne suis pas exemplaire de partout), je ne cherche pas à "donner des leçons" aux autres, juste à essayer de mettre sur la place publique nos "équations de malades" à résoudre, et des solutions potentielles à débattre.

            Donc au final, et vu que la conso de pétrole s'arrêtera un jour (avec toutes ses conséquences), autant ne pas laisser en plus, aux générations suivantes, le souci de nos pollutions par micro-plastiques et autres poisons,
            et remettre au point les process qui nous aident à nous passer de pétrole.
            🙂
            (mais c'est quasi impossible en restant dans un système monétaire où la rentabilité est forcément obligatoire)

          2. Bernard Girard - 1 février 2020

            nico-yzfr6, même s'il y a du pétrole dans les pneus, les gaines de freins, les poignées et la peinture des vélos, admettez qu'un vélo de 25 kg en utilise beaucoup moins qu'une voiture d'une tonne.
            Et pour rouler, ce vélo n'en consomme plus guère, ce qui n'est pas le cas de la voiture.

    2. Abolition_de_la_monnaie - 31 janvier 2020

      @ Arkane :
      oui, le train. Et le vélo ensuite. Et si les petites gares ne sont plus desservie c'est uniquement à cause du fric et du pouvoir du secteur automobile qui en son temps a fait supprimer ailleurs les tramways électriques :o)
      Dans le passé (n'en déplaise au progressistes hypocrites) le maillage ferroviaire en France était bien plus important qu'actuellement. On a donc régressé... avec la voiture qui répand des matières cancérigènes dans l'environnement de tous.

      1. Galapiat - 31 janvier 2020

        alors le test te tente pas !!!! , la recherche qui a bigrement progressé grâce au pétrole notamment; les amidons en tout genre,sont l'avenir , donnée pour 40 ans le brut découvert permet d'espérer le milieu du siècle prochain .la France ne représente que peanuts dans la pollution marine, Pour naviguer en Méditerranée on trouve des monceaux de déchets sur les cotes italiennes dès la frontière. Se passer du pétrole, no problème, on se passe bien du charbon ( en France!!!)

        1. Olivier - 1 février 2020

          Juste pour réagir à la remarque, : "le pétrole, on en a pour 40 ans".
          https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/pourquoi-dit-on-depuis-40-ans-quil-y-a-40-ans-de-petrole/
          Je serai curieux d'avoir votre avis sur le raisonnement expliqué dans le lien.
          Et à supposer qu'on puisse toujours extraire de l'énergie à loisir de notre environnement, je ne suis pas sûr que passer des heures dans un bouchon quand il existe des alternatives (milieu urbain, au moins) soit une manière pertinente de dépenser du pétrole, ou n'importe qu'elle énergie.
          Personnellement, je suis pour une utilisation efficace de l'énergie et de l'argent : or, dépenser 4 milliards pour reporter le trafic de 60000 voitures, électriques ou non, quand 1 milliard peut déplacer le double de personne en métro ou en tram/train, c'est peut-être pas la solution la plus efficace.
          Après, comme vous le dites, il y a les poids lourds, mais alors pourquoi 7 échangeurs sur le trajet de l'anneau des sciences si l'objectif c'est de contourner sans induire plus de trafic?

          1. Galapiat - 1 février 2020

            initialement les prévisions donnaient 40 ans de réserve, les dernières découvertes et méthodes d'exploitation ce sont 150 ans, d'ici la entre USA et Corée du nord !!!!

          2. Olivier - 1 février 2020

            Il ne faut pas confondre: "on peut continuer comme ça 150 ans" (on fait comment après, d'ailleurs?) et: "on peut tenir 150 ans en arrêtant de consommer plus".
            Autrement dit, si dans 10 ans on consomme 2 fois notre production actuelle, il ne restera que 75 ans des réserves d'aujourd'hui. On peut encore espérer un volume équivalent de découvertes durant les 10 prochaines années, mais ce rythme ne durera pas toujours.
            Et les dernières méthodes d'exploitation ne sont rentables que pour un prix du baril élevé, ça veut dire qu'en cas de crise, on risque tout simplement de ne pas avoir les moyens financiers d'aller puiser dans ces réserves, nécessaire pour relancer l'économie. Sans parler de l'énergie nécessaire pour l'extraction qui ne cesse d'augmenter à mesure que les ressources les plus simples à extraire s'épuisent.
            C'est un peu comme si vous vous approvisionnez en eau à des puits de plus en plus éloignés à mesure qu'ils se vident : même si vous pouvez théoriquement disposer d'autant d'eau que vous le souhaitez, récupérer de l'eau d'un puit à 100m n'est pas la même chose que tirer l'eau d'un puit à 100km. Et si dans le même temps vous buvez de plus en plus d'eau chaque année, vous ne mettez pas les chances de votre côté.

  5. Bernard Girard - 1 février 2020

    Si les conducteurs perdent en moyenne 142 heures au lieu de "seulement" 140, mais si dans le même temps ils sont de moins en moins nombreux grâce à de bons transports en commun, aux vélos, et au rapprochements entre origines et destinations, il n'y a pas de problème.
    Quand il n'y aura plus qu'une minorité de gens s'obstinant (pour le plaisir de pouvoir râler ?) à rester conducteurs - quitte à perdre 300 heures - les autres (la majorité) se porteront mieux.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 1 février 2020

      Si seulement toutes ces heures de cerveau en stand by, pouvaient servir à une mise en perspective, à une prise de conscience de l'absolu ridicule de cette "perte de temps coincé dans des bouchons qui existent même lorsqu'il y a 4 voies de chaque côté de l'autoroute"...
      Vivement une remise à plat complète et sereine de notre société.

      Hélas il faudra probablement un grand choc pour cela, l'humain ne comprend que lorsqu'il a vraiment de la merde jusqu'au cou. 😀

  6. Bernard Girard - 1 février 2020

    Vous savez tous bien sûr comment TomTom calcule son taux de congestion ?
    C'est le temps supplémentaire pour parcourir réellement une distance, par rapport au temps qu'il faudrait à la vitesse autorisée :
    Sur une voie autorisée à 50 km/h les voitures peuvent en principe parcourir un km en 72 secondes.
    Si en réalité il faut 93,6 secondes (38,4 km/h), TomTom dit que le taux de congestion est 30 %
    (93,6 secondes c'est 30 % de plus que 72 s)
    Si la vitesse autorisée sur le même tronçon est abaissée à 38,4 km/h, il n'y a plus de congestion.

  7. Galapiat - 1 février 2020

    et si, et si, et si , en attendant je prends une de mes bagnoles suivant l'usage la plus pratique en local, un Berlingo 1.9 D de 20ans qui dès les beau jours fonctionne à l'huile de friture récupérée gratis, je me déplace où et quand je le souhaite, Interdit dans la zone une astuce permet d'y circuler, je l'évite;; Bon pédalage aux adeptes.

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