Opération repêchage de trottinettes dans le Rhône @AssociationOdysseus3.1

Lyon : 109 trottinettes ont été repêchées dans le Rhône ce dimanche

Un association a repêché 109 trottinettes dans le Rhône ce dimanche. Le Rhône est devenu une véritable poubelle à trottinettes électriques à certains endroits.

"C’est un triste record". Lionel Rard, fondateur de l’association Odysseus 3.1, ne cache pas son dépit au moment de commenter les résultats de l’opération de la journée dans le Rhône. Le fleuve est devenu une véritable poubelle à trottinettes électriques. Cette semaine, plusieurs photos ont circulé montrant l'ampleur de phénomène. Sans attendre les opérateurs de trottinettes, Odysseus 3.1 a décidé d'aller pêcher elle-même ces trottinettes sous l'eau. Cette association lyonnaise organise depuis un an des plongées extrêmes sous la glace, travaille avec les chercheurs, notamment pour détecter la pollution des micro-plastiques dans l'eau et organise des conférences pour sensibiliser les publics.

Au-delà de la dégradation de l'environnement que causent les trottinettes abandonnées au fond de l'eau, il s’agit d’éviter au maximum une possible pollution à cause des batteries au lithium des trottinettes.

97 trottinettes retrouvées sur 800m sur une seule rive

Et les "résultats" obtenus sont édifiants. "J’étais assez dubitatif. On avait déterminer des zones. Mais on aurait jamais imaginé en trouver autant sur une aussi faible distance", poursuit Lionel Rard. C’est simple, sur environ 800m entre le pont Morand et un peu après le pont Lafayette, sur la rive côté Presqu’île, les plongeurs remontent… 97 trottinettes. Il en repêchent également 12 près de la passerelle du collège, sur l’autre rive, à proximité des quais du Rhône où les trottinettes pullulent sur les berges.

"Si d’un côté de la rive on en retrouve autant sur environ 800m, qu’est-ce que ça doit être sur l’ensemble de la ville ? Dans l’ensemble du Rhône ? Et de la Saône ?", s’interroge le fondateur de l’association. Neuf plongeurs dont deux apnéistes ont participé à l’opération, décidée d’urgence. "On a réagi sous le coup de l’émotion. On est des plongeurs engagés", explique Lionel Rard.

Des dizaines et des dizaines de trottinettes encore au fond des fleuves lyonnais

Comme beaucoup, Lionel Rard a découvert cette semaine les photos des trottinettes dans le fleuve via une publication Facebook postée par Alexandra Huard : " Alexandra Huard, la lanceuse d’alerte, s’est jointe à nous. Une petite histoire marrante où je lui ai dit : « la prochaine fois, vous ne voulez pas prendre le métro. Vous avez vu le bordel que vous avez fait ». On a pris un fou rire".

Et maintenant, quoi faire ? Des dizaines de trottinettes doivent encore être noyées au fond du Rhône et de la Saône. L’association ne peut pas plonger toutes les semaines."On va un peu plonger de partout en France. Je ne peux pas mobiliser mon association tous les week-ends pour nettoyer. Nous, on a pas vocation à le faire toutes les semaines, explique le spécialiste. Il faut une vraie concertation. Après, si la mairie ou les opérateurs de trottinette veulent payer des professionnels, ça va coûter une fortune".

Un membre de l'opérateur Lime est notamment venu récupérer les trottinettes repêchées ce dimanche.

Des caddies, des vélo'v, des barrières de chantier également retrouvées

Ce dimanche, tout le monde a joué le jeu. Les VNF (Voies Navigables de France), un organisme public qui gère les fleuves, ont très vite donné l’autorisation de plonger. Cela prend beaucoup plus de temps en temps normal.

Le Rhône, une vraie poubelle ? Car dimanche, outre la centaine de trottinettes, 2 vélo’v ont été remontés à la surface. Comme des caddies, des batteries de voiture, des barrières de chantier… "Jusqu’à minuit la nuit dernière, je recevais des messages d’encouragement. Ca vaut le coup de sauver ce qui reste à sauver. Des personnes extérieures à l’associations sont venues nous aider. J’ai envie de faire passer un message : tant qu’il en y a qui balanceront des trottinettes, d’autres viendront les repêcher", conclut Lionel Rard.

3 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 15 septembre 2019

    Les dieux ou les chefs dont on ne voulait plus, leurs statues finissaient dans le Rhône...
    Et grâce à cela, on a pu les trouver des siècles plus tard et ils ont fini dans des musées !
    Alors si on vide le Rhône des trottinettes, des déchets, des carcasses de voitures, et du PCB, comment vont faire nos descendants pour avoir une trace du passé ???
    - Ouf, il leur restera les nombreuses décharges (d'ordures ménagères, de déchets nucléaires, etc).
    :o)

    1. Lugdunum69 - 16 septembre 2019

      Une statue ne pollue pas... Les trottinettes et pas mal de déchets, si... Mais j'ai bien compris l'ironie.

      Sinon pour les futurs historiens du XXXème siècle, ils ne s'intéresseront pas à notre époque, c'est peu probable, car tout est mentionné dans des livres / disques durs. Il n'y aurait presque rien à chercher, tout est déjà "connu". Ils auront pas besoin de chercher une trottinette, des plans de fabrication de trottinettes ne sont même pas déjà un secret pour eux 🙂

      1. Abolition_de_la_monnaie - 16 septembre 2019

        Pour continuer sur le sujet de la mémoire, les disques durs sont très très fragile dans le temps (durée de vie assez courte), et fragiles magnétiquement. Si vous comptez dessus pour transmettre à long terme des informations, je crois que c'est un leurre... Regardez aussi l’obsolescence programmée du matériel de lecture... Si on avait dit que les k7 VHS seraient là pour les générations futures... 😀
        .
        Idem sur le papier. Les livres anciens nous sont parvenus parce qu'ils étaient d'une bonne qualité, maintenant, que vaut le papier moderne et performant ? Je ne suis pas sûr qu'il ne devienne pas poussière rapidement. Et s'il tient dans le temps, vu les quantités considérables de production, il faudra que les chercheurs du futur fassent le tri ! :o)

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