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Les profs stagiaires réclament plus de formation

REPORTAGE - 150 enseignants stagiaires étaient réunis, mardi 22 mars, devant le Rectorat de Lyon, pour protester contre le manque de formation. Depuis la rentrée scolaire dernière, ils enseignent avec un niveau master sans passer par la case IUFM, le système mis en place pour les former, ne les satisfait pas.

"Enseignants négligés, société en danger ", "enseignant, un métier qui s'apprend" ou encore "stagiaire à temps plein, ce n'est pas le bon chemin". Voilà les quelques slogans criés par les 150 enseignants stagiaires présents, mardi 22 mars, devant le Rectorat de Lyon. Des enseignants en poste à plein temps pour la première fois depuis la rentrée de septembre, et qui n'ont bénéficier que d'un petit mois de formation après la fermeture des IUFM l'année dernière. Ils prennent néanmoins en charge des classes à plein temps cette année et réclament une formation complémentaire en alternance estimant avoir été envoyés au casse-pipe par leur hiérarchie.

"On fait beaucoup plus d'erreurs"

Un tiers de formation et deux tiers d'enseignement. C'est ce qu'ils réclament concrètement pour mieux préparer leurs cours. Leur temps-plein de 18 heures par semaine actuellement en vigueur ne le leur permettant pas. Une situation qui joue sur le moral de certains, les jeunes enseignants éprouvent de plus en plus de difficultés à faire cours : fatigue physique, surmenage, arrêt maladie pour certains, etc. Mais aussi et surtout "la culpabilité vis-à-vis des élèves. On sait que l'on fait beaucoup plus d'erreurs", regrette Maria Parisi, porte-parole du Mouvement des stagiaires mobilisés.

Les enseignants-stagiaires ont peur également de la menace de licenciement qui pèsent selon eux sur eux à la fin de l'année s'ils ne font pas face. Et si certains n'obtiennent pas leur titularisation, ce sera justement à cause du temps plein qui ne leur permet pas de travailler correctement. D'autant que certains enseignent sur plusieurs établissements. "C'est une situation encore plus inégalitaire car on sera évalué sur plusieurs établissements, que ce soient des établissements de ZEP ou pas. Ce n'est pas normal", déplore Maria Parisi.

"J'ai deux lycées, avec 5 niveaux différents de 7 classes, c'est un boulot énorme"

Depuis la rentrée 2011, 371 enseignants stagiaires de l'Académie de Lyon ont commencé à travailler avec seulement deux jours de formation en août, juste avant leur affectation. Ce n'est qu'aux mois de février et mars qu'ils ont eu à nouveau 1 mois de formation. Une formation qui a permis aux professeurs stagiaires de découvrir les difficultés de chacun, et qui les a décidé à demander une audience au Rectorat. "J'enseigne dans deux lycées, avec 5 niveaux différents et 7 classes, c'est un boulot énorme", témoigne par exemple Valentine, enseignante stagiaire en italien. "Mais le plus dur, c'est de travailler tout le temps dans l'urgence. Il y a tout un cumul de difficultés et ça me rend malade de ne pas pouvoir travailler normalement", regrette la jeune femme.

Emmanuel, lui, est enseignant titulaire depuis 10 ans. Il a refusé d'être tuteur auprès des enseignants stagiaires, pour protester contre le nouveau système qui a remplacé l'IUFM cette année . "Pas dans ces conditions", résume-t-il. "Maintenant, on prend des jeunes de niveau Master, mais ce n'est pas une formation. Quand ils sortent, ils ne sont pas aptes à être enseignants".

En attendant la réponse du Rectorat, les enseignants stagiaires ont décidé de continuer leur mobilisation, soutenus par le SNES, le syndicat des enseignants du second degré et la CGT Educ'action.

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