Hôtel de ville de Lyon
Hôtel de ville de Lyon © Romane Thevenot

La Ville de Lyon revoit ses subventions à certains acteurs culturels

Tout en sanctuarisant son budget alloué à la culture pour 2023, la Ville de Lyon a annoncé réduire ses subventions à trois acteurs culturels lyonnais pour un montant de 170 000 euros. 

Nouveau frisson parmi les acteurs du milieu de la culture à Lyon ce jeudi 19 janvier. En présentant ses attributions de subventions de fonctionnement à 18 institutions, l’exécutif écologiste de la Ville de Lyon a acté la baisse de sa dotation à trois associations pour un montant de 117 000 euros, tout en sanctuarisant son budget pour l’année 2023. 

Des choix, qui, s’ils sont sans commune mesure avec la baisse de 2 millions d’euros au secteur lyonnais décidée en 2022 par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, passent mal auprès de certaines des concernées. Dans un communiqué, le Grame, qui est un Centre National de Création Musicale, déplore ainsi la baisse de 40% de la subvention de 170 000 euros que lui attribuait la Ville de Lyon jusqu’ici. 

Une décision qui fait grincer des dents

"Cette décision contredit la politique culturelle municipale mettant en avant diversité, innovation et création. […] Le Grame apporte un soutien à l’écosystème culturel local dans un domaine qu’il est le seul à investir, celui de la musique contemporaine. Il s’inscrit pleinement dans le réseau des lieux labellisés de Lyon, réseau qui contribue grandement à la richesse culturelle de la 2e métropole française", écrivent Sebastian Rivas et Anouck Avisse, les co-directeurs de la structure. Avant d’insister sur le fait qu’il est "crucial que cette subvention soit maintenue pour garantir la continuité et le développement des activités de Grame". 

"Cette décision contredit la politique culturelle municipale mettant en avant diversité, innovation et création"

Sebastian Rivas et Anouck Avisse co-directeurs du Grame

Un cri d’alerte qui n’est pas sans rappeler ceux émis en 2022 par les structures touchées par les baisses du conseil régional, que l’adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors vivement combattu. Sans doute consciente du parallèle que pourrait dresser son opposition avec les baisses soudaines et sans concertation effectuées par l’exécutif de Laurent Wauquiez, l’ancienne maire du 1er arrondissement a insisté sur le fait qu’elle avait prévenu elle-même les trois structures, leur justifiant sa décision. 

Lire aussi : Baisse des subventions de la Région, l’adjointe à la culture de Lyon saisit le préfet 

"Opérer des choix"

"Le budget alloué à la culture ne baisse pas, il reste le 2e budget de notre ville après celui alloué à l’éducation. Mais même avec un budget stabilisé, développer des axes de politique culturelle impose d’opérer des choix", justifie Nathalie Perrin-Gilbert. Des choix dont font aujourd’hui les frais le Grame, pour un montant de 64 000 euros, l’association Les Grands Concerts pour une somme de 40 000 euros et l’association Silk in Lyon qui perd 10 000 euros de sa dotation de 35 000 euros. 

"Le budget alloué à la culture ne baisse pas [...] mais même avec un budget stabilisé, développer des axes de politique culturelle impose d’opérer des choix"

Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture

En réponse aux interrogations des dirigeants du Grame, l’adjointe à la culture explique "il me semble que les frais de structure de l’association sont bien élevés, presque 1,2 million d’euros sur un budget de 1,7 million, par rapport au budget alloué à la création artistique, aux actions de médiation, ou même à la recherche". L’association déployant des actions dans les collèges de la métropole, l’élue explique avoir invité ses dirigeants à se tourner vers la Métropole de Lyon pour bénéficier des appels à projets sur l’action culturelle dans les collèges qu’elle gère. 

Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture à Lyon © Antoine Merlet
Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture à Lyon © Antoine Merlet

Des arbitrages validés par le conseil municipal dans sa grande majorité, les élus de droite ayant marqué leur opposition en votant contre. Non sans avoir au préalable essayé de faire voter un voeu demandant le rétablissement de la subvention de 100 000 euros jusqu’ici accordée aux Grands Concerts, chargés de la mise à disposition de la Chapelle de la Trinité, qui favorise la promotion et la diffusion de la musique instrumentale et lyrique à Lyon. Un voeu rejeté par l’hémicycle, alors que Nathalie Perrin-Gilbert rappelait que la Ville met déjàla chapelle à disposition de l’association gratuitement et paye un forfait pour les fluides, le tout pour plusieurs dizaines de milliers d'euros.

150 000 euros de plus pour aider la Villa Gillet

Lors de ce conseil municipal au total une subvention de 15 980 400 euros a été votée pour 18 acteurs, permettant de pérenniser les subventions de 12 associations et institutions culturelles, comme l’Opéra, Arty Farty, la Maison de la Danse, La Villa Gillet, Le Marché Gare ou encore le Théâtre de la Croix-Rousse. Les trois dernières devraient même faire l’objet de nouveaux arbitrages en leur faveur dans les semaines à venir, après le vote du budget primitif.

"Soit parce qu’ils développent leur activité en conformité avec des axes prioritaires de notre politique soit parce qu’ils ont été mis en péril par le retrait brutal et brusque en 2022 de subventions de la part d’une autre collectivité territoriale [la région, NDLR]. Je pense notamment à la Villa Gillet et au Théâtre de la Croix-Rousse afin qu’elles ne soient pas trop mises en difficulté". Selon nos informations l’adjointe à la culture souhaiterait ainsi porter de 250 000 à 400 000 euros le soutien de la Ville à la Villa Gillet, durement touchée par les coupes budgétaires de la Région. 

L’Auditorium et le théâtre des Célestins verront également leur budget augmenter de 350 000 euros chacun. Une hausse que l’adjointe à la culture justifie par le fait que les budgets de ces deux institutions étaient gelés depuis 2015 et qu’il "était devenu impossible pour elles de suivre la revalorisation du point d’indice, d’assumer la hausse des dépenses d’énergie et de matériaux, tout en préservant leur capacité de création et diffusion artistiques"

Lire aussi : "Il n'y aura pas de retour en arrière" : la Région inflexible sur les coupes culturelles

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