Kiss In : des baisers qui déclenchent la guerre

Un Kiss In, mouvement permettant aux couples homosexuels de s'embrasser dans un endroit public, doit avoir lieu samedi 15 mai à 19h30 place Saint-Jean à Lyon, en amont de la Journée Mondiale contre l'homophobie. A quelques jours de l'évènement, les menaces planent, le doute subsiste. Faut-il maintenir le mouvement, au risque d'échanges violents, le changer de place ou bien l'interdire ?

Depuis environ un an, un peu partout en France et même dans le monde, des Kiss In sont organisés à l'initiative d'un groupe de personnes qui ne se revendique d'aucune association. L'idée s'est toutefois propagée par le biais des réseaux sociaux comme Facebook. Sur le principe, le Kiss In est un moment où des couples homosexuels s'embrassent pendant quelques minutes, dans un endroit public afin de banaliser un acte qui n'est pas réprimandé lorsqu'il est accompli par un couple hétérosexuel. Afin aussi d'attirer l'attention et, par ce biais, de réclamer une égalité devant la loi, et plus encore, faire évoluer les mentalités, abattre les clichés, « avoir le droit de s'aimer », en clair, tenter de faire accepter l'homosexualité dans la société.

Pas si facile, puisqu'une pétition intitulée « Pas de kiss-in sodomite à Lyon ! » circule déjà sur des sites d'extrême droite, signée par un mystérieux « collectif de catholiques lyonnais », demandant au Préfet du Rhône et à la mairie du 5ème arrondissement, l'annulation de l'évènement. Et incitant un maximum de personnes à se rendre à Saint-Jean ce jour là car « un dérapage christianophobe n'est malheureusement pas à exclure ». Sur les forums où circule la pétition, plusieurs messages homophobes appellent à en venir aux mains. « Ce harcèlement incessant par les activistes gays et anti-chrétiens est insupportable », peut-on lire notamment.

En réponse, la Lesbian and Gay Pride de Lyon, insiste sur le fait qu'il est “inquiétant de voir qu'au nom de la religion certaines personnes n'hésitent pas à prévoir de tabasser deux personnes pour le simple fait qu'elles s'embrassent”. Un autre communiqué de presse émanant d'un “collectif de chrétiens gays” propose simplement de changer le lieu du Kiss In afin de stopper toutes accusations de christianophobie. C'est cette option qui avait été choisie à Paris, le 14 février, par les organisateurs du Kiss In parisien. Pour l'heure, aucune décision n'a été prise à Lyon. Contactée par Lyon Capitale, la préfecture déclare ne pas avoir encore considéré la question.
Le Kiss'in se déroulera finalement ce mardi 18 mai à 19h30.

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