Jean-Marie Garcia : "Quelque chose d'insignifiant"

Jean-Marie Garcia est jugé devant la cour d'assise du Rhône pour le meurtre de Chaïb Zehaf à la sortie d'un bar à Oullins un soir de mars 2006. Récit de la première journée d'audience.

La matinée de lundi a été consacrée à l'examen de la personnalité de Jean-Marie Garcia. C'est tête baissée que l'accusé écoute la lecture de l'ordonnance de mise en accusation. Yeux cernés, cheveux courts, Garcia va à plusieurs reprises embrasser discrètement un médaillon qu'il porte autour du cou. Le président Cathelin l'interroge sur ses rapports avec sa famille. Garcia raconte la voix très posée sa souffrance d'avoir vécu dans un foyer ou la religion de son père (témoin de Jehovah) est omniprésente. "La religion de mon père était pesante, d'ailleurs, c'est ce qui a provoqué de nombreuses disputes entre lui et ma mère", dit-il à la barre.

Malgré tout, Garcia n'en veut pas à son père et à sa mère qui selon ses dires ont essayé tant bien que mal de lui inculquer une bonne éducation. Mais le jeune Garcia qui ne supporte pas le divorce de ses parents est en échec scolaire. Il vivra un temps chez sa mère à Gaillard en Haute-Savoie. Garcia a de mauvaises fréquentations et se met à consommer du haschich. Il ne supporte pas l'autorité des adultes. Il raconte notamment cet accrochage avec un enseignant alors qu'il était âgé de 15 ans et demi. "J'avais inscrit des slogans anarchistes sur ma trousse. Cela ne lui a pas plu, car il n'avait pas les mêmes idées politiques que moi". Fou de rage, Garcia se fait justice soi-même en frappant son professeur avec une chaise et en lui assénant des coups de pieds et des coups de poings.

Jean-Marie Garcia sombre dans la drogue et l'alcool. Malgré deux cures en 2000 et 2004, il n'arrive pas à se soigner. "Je pensais pouvoir guérir mais j'ai rechuté. On va dire dire que j'ai pratiqué la politique de l'autruche, c'est ce qui m'a conduit en cours d'assises", déclare-t-il lucidement. Après quelques années d'errances, Garcia qui a rencontré une femme avec qui il aura trois enfants pense en avoir terminé avec ses mauvais démons. "J'avais enfin ce que je voulais avec elle. J'espérais pouvoir repartir de l'avant", affirme-t-il. Mais il n'en sera rien. Garcia continue de boire et sa femme décide de le quitter.

Lors d'une perquisition au domicile de l'accusé, les enquêteurs découvrent de nombreuses armes, explosifs, détonateurs et munitions, ainsi qu'une baïonnette de l'armée nazie. Le président de la cour donne la parole à l'avocat général Jean-Olivier Viout qui tente de comprendre pourquoi Jean-Marie Garcia possédait autant d'armes à son domicile.

"Je n'ai pas à vous le dire", répond du tac-au-tac le prévenu. Ajoutant sur un ton ironique : "Ce que je peux vous dire par contre c'est que ces armes n'ont pas été volées et n'ont jamais servi à des actions criminelles". Une réponse qui a le don d'agacer l'avocat général. Vient le tour de François Saint-Pierre, l'avocat de la partie civile, d'interroger Jean-Marie Garcia sur la présence à son domicile d'un étui en cuir siglé d'une croix gammée : '"Pour moi, c'est quelque chose d'insignifiant", dit-il.

Deuxième jour du procès : Ce mardi dès 9h30 - Cour d'Assises du Rhône

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