La rentrée s'effectue masquée à Lyon © Antoine Merlet
Photo d’illustration Covid-19. © Antoine Merlet

Faut-il craindre une nouvelle vague de Covid-19 à Lyon et dans le Rhône pour l’été ?

L’été débute seulement et déjà l’ombre du Covid-19 se fait de nouveau menaçante sur la France, notamment dans le Rhône où le nombre de cas progresse sensiblement depuis le début du mois de juin, flirtant avec la moyenne nationale. Nouveau variant, baisse d’immunité, hospitalisations, retour du masque ?, vaccination, Lyon Capitale fait le point avec le docteur Durand, directrice de la santé publique à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Près d’un mois et demi après la levée de l’obligation du port du masque dans les transports en commun, qui marquait un retour à la normale pour de nombreux Français, le covid 19 tendait à devenir un lointain souvenir, relégué dans l’actualité par les élections. Pourtant, depuis le début du mois de juin les contaminations augmentent progressivement partout en France, notamment dans le Rhône où le taux d’incidence flirte avec la moyenne nationale.

De 173 au 27 mai, le taux d’incidence est désormais de 692 cas positifs au Covid-19 pour 100 000 habitants sur une semaine glissante. Une évolution rapide, qui est scrutée avec attention par les autorités sanitaires à l’heure où l’été débute.  

La situation scrutée de près

De là à parler d’une 7e vague et d’un retour des restrictions sanitaires ? "Pas à l’heure actuelle" selon le docteur Durand, directrice de la santé publique à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, car "nous sommes seulement au début des augmentations". D'autant que pour le moment les hospitalisations sont encore largement contenues dans le département du Rhône où 288 personnes sont hospitalisées dont 14 en réanimation.

Alors que la ministre de la Santé, Élisabeth Bourguignon, a recommandé aux Français lundi de remettre le masque dans les transports, pour Lyon Capitale, Anne-Marie Durand balaie toutes les questions liées à la reprise épidémique du Covid-19 dans le Rhône en invitant les Lyonnais à remettre le masque dans les lieux clos et à respecter les gestes barrières.

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Lyon Capitale. Les contaminations au covid-19 repartent à la hausse en France depuis un mois, qu’en est-il dans le Rhône ?

Dr Anne-Marie Durand. L’augmentation est partout en France, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, mais pas plus qu’ailleurs car on garde des chiffres inférieurs au taux d’incidence national. Celui-ci était de 451 vendredi soir, par rapport à la moyenne nationale qui est de 565. En revanche, dans la région le taux d’incidence varie d’un département à l’autre. Le taux le plus bas est à 293 et le plus haut est à 571 pour le Rhône. [Depuis cet entretien réalisé le 27 juin, les chiffres ont évolué, dans le Rhône le taux d’incidence est désormais de 692, contre 693 au niveau national, NDLR].

Comment expliquer cette reprise du Covid-19 ?

Ce qui peut expliquer cette augmentation des cas c’est d’abord la circulation de nouveaux sous-variants que nous attendions puisqu’ils progressent un peu partout en Europe. Nous restons sur le variant Omicron, mais la part du nouveau sous variant BA.5 est en augmentation dans notre région.

La progression de l’incidence est aussi liée au relâchement des gestes barrières dans les lieux fermés et lors de rassemblements de personnes en grand nombre. Le masque est très peu porté, le lavage des mains est également réduit et d’autre part les chiffres de la vaccination n’augmentent pas autant qu’on le souhaiterait, notamment chez les personnes les plus fragiles.


"La première recommandation c’est les gestes barrière, en particulier quand des personnes se rassemblent en nombre dans des lieux fermés, dans les transports, etc.", Dr Anne-Marie Durand


Faut-il y voir un lien avec la couverture vaccinale ? 

La couverture vaccinale des enfants reste faible, mais c’est surtout pour les personnes de plus de 60 ans, concernées par la 2e dose de rappel, que la vaccination reste faible, trop faible. Cela explique en partie l’augmentation de l’incidence, voire d’ailleurs l’augmentation des admissions à l’hôpital que l’on constate ces derniers jours.

Quelle est la situation dans nos hôpitaux, le nombre d’admissions est-il lui aussi en hausse ? 

Sur le département du Rhône nous avons aujourd’hui 10 personnes [14 depuis le 27 juin, NDLR] en soins critiques et 57 au niveau d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ce sont des chiffres qui restent bas, néanmoins les admissions ont tendance à augmenter ces derniers jours et sont compensées par des sorties, ce qui explique un chiffre global relativement bas. Nous restons donc très vigilants sur ce point.

S’agit-il d’un léger rebond épidémique ou d’une 7e vague à proprement parler ?

Aujourd’hui nous n’en sommes pas à décrire une vague puisque l’on est au début des augmentations. L’incidence concerne l’ensemble des classes d’âges, mais la gravité concerne surtout les personnes les plus âgées.

On parle beaucoup d’un nouveau sous variant  d’Omicron, le BA.5. Est-il plus contagieux, plus grave que les précédents ? 

Il est à peu près aussi contagieux que l’ensemble des variants Omicron, même si potentiellement il peut l’être un peu plus. Pour ce qui est de sa gravité, nous n’avons pas constaté une gravité supérieure liée à ce sous-variant, mais il faut être vigilant parce que si la vaccination des personnes les plus fragiles n’augmente pas, en particulier chez les plus âgés, l’immunité diminue au fil du temps. Donc plus le temps passe et plus le risque d’avoir des pathologies graves augmente.


"Nous constatons une augmentation donc il faut tenter de prendre toutes les mesures préventives qui permettent d’éviter une nouvelle vague", Dr Anne-Marie Durand


Faut-il craindre pour les vacances d’été ? 

À l’heure actuelle et si nous faisons tous notre travail de prosélytisme de la vaccination et que surtout le gestes barrières sont appliqués nous n’avons pas d’inquiétude majeur sur l’impact de ce nouveau variant, mais nous n’avons pas de boule de cristal et nous suivons l’évolution de manière très attentive. Nous constatons une augmentation donc il faut tenter de prendre toutes les mesures préventives qui permettent d’éviter une nouvelle vague. 

Vous conseillez de porter le masque dans les transports ?

Oui bien sûr, il faut recommander le port du masque dans les transports, mais aussi dans tous les lieux fermés où il y a du monde. [Quelques heures après cet entretien réalisé le 27 juin à midi, la ministre de la Santé, Élisabeth Bourguignon, recommandait aux Français de porter le masque dans les transports, NDLR]

On parle déjà d’administrer une 4e dose de vaccin à la rentrée, qui est éligible pour le moment ? 

Le 2e rappel est recommandé pour les personnes de plus de 60 ans à 6 mois et à trois mois pour les plus de 80 ans, les personnes immunodpérimées et les femmes enceinte puisque l’immunité part plus vite chez elles. La vaccination ne les empêchera pas de contracter la maladie, mais elle leur permettra d’éviter les pathologies les plus graves et c’est ce que l’on cherche. 

Il reste des centres de vaccination mais leur activité est faible, ils ferment progressivement et c’est le monde ambulatoire qui assure aujourd’hui 95% des vaccinations. Néanmoins, trois sont encore ouverts à Villeurbanne, Albigny-sur-Saône et Beauvallon.

À deux mois de la rentrée, qu’en est-il de la vaccination des enfants de moins de 5 ans ? 

À ce stade elle n’est pas d’actualité.

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