Entretien avec Lionel Collet, président de Lyon 1 et du PRES-Université de Lyon

Il vient de signer un partenariat avec Microsoft, après avoir été le premier président d'université à créer (en juin 2007) une fondation d'entreprise.

Lyon Capitale. Comprenez-vous les inquiétudes des étudiants à propos de la loi sur l'autonomie des facs, dite loi Pécresse ?
Lionel Collet : Si la loi prévoyait la sélection et l'augmentation des frais d'inscription, on pourrait comprendre or il n'y a ni l'un, ni l'autre dans le texte. Un autre dossier inquiète : l'argent des entreprises. A Lyon 1, nous sommes très engagés avec les entreprises. Notre discours est de dire que ça ne remplace pas l'engagement de l'Etat. Or actuellement, il n'y a pas de désengagement. En revanche, les sommes allouées par l'Etat restent insuffisantes pour la compétition internationale. Donc il faut aller chercher des fonds complémentaires ailleurs. C'est ce que permet cette loi. Les Etats-Unis ont la meilleure recherche fondamentale du monde alors qu'elle est énormément financée par le privé.

Lyon peut-elle compter sur ses industries pour financer ses universités, même celles de sciences humaines ?
Partout, en France, il y a possibilité de liens entre les entreprises et les établissements là où ils sont. A Lyon particulièrement, l'environnement économique est favorable.

Certains enseignants estiment que cette loi augmente démesurément les pouvoirs du président de l'université...
Dans les premiers projets, le pouvoir du président était clairement renforcé. Aujourd'hui, la loi définitive apporte un équilibre entre le président et le conseil d'administration. L'exécutif est renforcé. Lequel exécutif est élu !

Lyon 2 est bloquée alors que Lyon 1 fonctionne normalement. Soutenez-vous le président Claude Journès de Lyon 2 dans sa manière de gérer ce mouvement étudiant (l'envoi des gendarmes pour débloquer le site des quais) ?
Il a mon soutien total. Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'il a fait le choix de faire appel aux forces de l'ordre pour évacuer les bâtiments. Je fais confiance à son sens du discernement.

Puisqu'un partenariat a été signé avec Microsoft, va-t-on continuer à utiliser des logiciels libres à Lyon 1 ?
Nous n'avons aucune contrainte de n'utiliser que Microsoft. Beaucoup de laboratoire de Lyon 1 sont des adeptes de logiciels libres. Il est hors de question qu'ils changent quoique ce soit sous prétexte que nous avons signé cette convention. Nous ne sommes pas en train de vendre l'âme de Lyon 1 au grand capital. Nous avons toujours eu des relations avec le privé. Simplement nous les formalisons autrement. C'est très démocratique puisque cela passe par le CA de Lyon 1.

Microsoft, partenaire de Lyon 1
Le géant américain de l'informatique va injecter 165 000 euros en trois ans dans l'université de sciences. Au programme notamment : le développement d'outils pour la plateforme d'enseignement à distance "Spirale" et le financement de bourses sur critères sociaux pour certains étudiants en informatique. C'est la première charte de partenariat signée dans le cadre de la fondation d'entreprise de Lyon 1 créée en juin dernier.

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