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Éducation : comment réagir face aux mensonges de l’adolescent 

Les adolescents sont souvent discrets sur leur quotidien, affichent parfois un mutisme à toute épreuve et surtout n’hésitent pas à camoufler la vérité en réponse aux interrogations de leurs parents. Pourquoi ces mensonges ? Faut-il s’en inquiéter ? Comment réagir ?

Les exemples de mensonges à l’adolescence ne manquent pas : le jeune minimise une mauvaise note soutenant que même le ou la meilleure de la classe a raté son devoir. Il se cache derrière une fausse excuse pour expliquer à son professeur pourquoi il ne rend pas un travail à temps. Il prétend qu’il va dormir chez un copain ou une copine alors qu’il part en soirée. Il passe sous silence le fait qu’il a un petit ami ou une petite amie pour ne pas avoir ses parents sur le dos… Les prétextes sont en effet nombreux, et l’adolescent est rarement à court d’idées pour arranger la vérité à sa façon et se sortir de situations embarrassantes.

Le mensonge utilitaire

“À l’adolescence, le mensonge est incontournable, comme chez tous les adultes d’ailleurs !, explique Florence Millot, psychologue à Paris et autrice du livre Accompagner son adolescent. Communiquer et l’aider à s’épanouir (éditions Hatier).
C’est un moyen pour l’adolescent de se différencier de l’adulte, de cultiver sa propre identité en faisant ses expériences non approuvées par les parents.

D’ailleurs, un ado qui ne ment jamais a généralement du mal à s’affirmer, à s’affranchir de certaines règles. Il ne semble pas capable de penser différemment de son professeur ou de ses parents.

” À cet âge, le mensonge a bien souvent une fonction utilitaire : l’ado ment pour être sûr d’obtenir ce qu’il veut (sortir, boire de l’alcool…) car il se doute que s’il dit la vérité, ses parents ne seront pas d’accord. Mentir permet à l’adolescent d’éviter une sanction désagréable, des reproches, de “sauver sa peau” quand il a mal fait quelque chose : mauvaises notes, tâches ménagères délaissées, temps d’écran exponentiel… C’est aussi un moyen de préserver son intimité : en tenant ses parents à l’écart de sa vie privée, il évite les questions intrusives, les interdictions, les reproches, il cultive son jardin secret. Florence Millot rappelle qu’à l’adolescence, le mensonge a également une utilité sociale : “Le mensonge permet de rentrer en lien avec l’autre, notamment dans le cadre d’une relation amoureuse. C’est un moyen d’enjoliver la réalité, de donner une image valorisante de soi, comme bien souvent les adultes dans la séduction.”

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