manifestation pro-erdogan
© Antoine Sillières

Deux manifestations parallèles à Lyon : pro-Kurdes contre pro-Erdogan

Moins d’une centaine de militants turcs pro-Erdogan aux Terreaux, de 150 à 300 soutiens kurdes place de la République. Ces deux manifestations sont la conséquence directe d’un affrontement armé en cours à plusieurs milliers de kilomètres de Lyon.

Peu avant 15 heures ce samedi, plusieurs centaines de militants pro-Kurdes s’élancent de la place de la République. Dans le même temps, les forces de l’ordre coincent contre l’Hôtel de Ville sur la place des Terreaux une soixantaine de militants pro-Erdogan. Le but est d’empêcher l’affrontement entre deux manifestations très hostiles l’une envers l’autre.

Les militants pro-Erdogan coincés par la police

Pendant plusieurs heures, les militants pro-Erdogan, coincés par les policiers, vont faire exploser des pétards et chanter des chants à la gloire du président turc ou hostiles au PKK, le mouvement politique et militaire indépendantiste kurde considéré comme terroriste par la communauté internationale dont l'Union Européenne depuis 2008. Une demi-douzaine de fumigènes sont aussi allumés. Quelques coups entre les forces de l’ordre et les militants sont échangés. “Parmi les Turcs qui sont ici, tous ou presque sont affiliés à l’AKP ou au MHP”, expliquait un jeune militant, drapeau truc autour des épaules. L’AKP est le parti du président Erdogan. Le MHP est, de son côté, un parti nationaliste d’extrême droite turc. Les membres de la diaspora turque présents ne seraient pas tous lyonnais. “Il y en a d’un peu partout, Grenoble, Vienne, Oyonnax”, racontait ce même militant.

Plus important et mobile, le second cortège de l’après-midi est composé de Kurdes soutenus par quelques mouvements politiques comme les jeunes communistes. Ils dénoncent eux “le fascisme d’Erdogan et un génocide”. Ils demandent à la France et à la communauté internationale une plus grande dureté vis-à-vis d’Erdogan. Les Kurdes dénoncent le lancement, il y a presque deux semaines, d’une offensive de l’armée turque sur le sol syrien. Les forces d’Erdogan tentent de prendre le contrôle de la région d’Arfin, aux mains jusque là des militaires kurdes.

Sans jamais se croiser, les deux camps se sont affrontés et jaugés à des milliers de kilomètres des véritables combats qui se déroule dans le nord de la Syrie.

Retrouvez le dossier de Lyon Capitale : "Comment Erdogan tisse sa toile à Lyon", dans notre numéro de juin 2017 (n°767)

1 commentaire
  1. Kasneh - 4 février 2018

    Sans les Kurdes les massacres de Daesch en Irak et en Syrie continueraient.

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