Coups de batte de base-ball : cinq militants d'extrême droite arrêtés

Double agression le 15 janvier à Villeurbanne sur fond de règlements de comptes entre extrême droite et extrême gauche. Première victime, une femme de 35 ans, frappée au visage à coups de batte de base-ball. Actualisé à 15h30 le 25 janvier.

Les tensions s'attisent-elles actuellement entre l'extrême droite et l'extrême gauche lyonnaises ? La police vient en tout cas de révéler une violente affaire qui a donné lieu à plus d'une vingtaine d'arrestations parmi les deux communautés ces dix derniers jours à Villeurbanne, Villette d'Anton, Pierre-Bénite et Lyon 4e notamment. Deux personnes ont finalement été mises en examen.

Samedi soir 15 janvier, une soirée était organisée dans une propriété à Villeurbanne, rue de Bienvenus. Le lieu, occupé entre autres par des jeunes d'extrême gauche qui souhaitent en faire un centre culturel social et populaire, attire également ce soir là une bande de militants d'extrême droite, soucieux d'en découdre. "Plusieurs personnes ont violemment été prises à partie sur le trajet de la soirée entre le métro et le lieu du concert", précise un article cosigné par plusieurs associations de gauche sur Internet. Et c'est à la sortie, peu avant minuit, que les choses dégénèrent. Un couple qui se dirige vers la station de métro Gratte-Ciel est attaqué à coups de batte de base-ball par une dizaine de personnes, au niveau de Carrefour Gratte-ciel. "Un guet-apens", soulignent les associatifs sur leur blog.

"Un véritable lynchage"

La police révèle aujourd'hui que les victimes, une femme de 35 ans et un homme de 21 ans, subissent alors des violences volontaires avec arme. La femme violemment frappée au visage s'en tire avec un important traumatisme crânien et 60 jours d'arrêt de travail. "Un véritable lynchage", selon les associations. Son compagnon prend 15 jours d'interruption temporaire de travail. Heureusement pour eux, d'autres membres du collectifs alertés par les cris parviennent à faire fuir les agresseurs, sans réussir à les maîtriser. Les pompiers finissent par prendre les victimes en charge et par les transporter à l'hôpital.

Par suite, les militants "anarcho-libertaires" venus prêter main forte à leurs amis s'en prennent gratuitement à trois jeunes hommes aux crânes rasés qui se servent par hasard de l'essence au même moment à la station service du Carrefour, située à proximité. Persuadés à tort qu'il s'agit de militants d'extrême droite, ils essaient d'ouvrir les portières du véhicule pour en faire sortir les passagers et caillassent violemment la voiture qui prend la fuite, se sentant en danger.

Une vingtaine de personnes entendues

Après une enquête minutieuse et "difficile" des services de police de la division-est de la sureté départementale, les enquêteurs du commissariat de Villeurbanne aidé par les Services départementaux d'information générale (SDIG, les anciens RG), ont arrêtés, jeudi dernier, les cinq auteurs présumés de la première agression. Âgés de 20 à 22 ans, domiciliés à Villeurbanne, Lyon 4e. Villette d'Anton et Pierre-Bénite, le cinquième étant SDF, les cinq jeunes gens qui appartiennent tous à la mouvance d'extrême droite ont reconnu les faits pour deux d'entre eux. La police, dans le cadre de cette enquête aurait entendu une vingtaine de personnes, selon le réseau anarcho-libertaire.

Les deux auteurs présumés des coups ont été présentés ce début de semaine au parquet. Une instruction a été ouverte (contrairement à ce que nous annoncions dans un premier temps, il n'y a pas eu de comparution immédiate ce mardi, ndlr). En garde à vue, ils auraient reconnu avoir porté des coups de ceinture et des coups à la tête aux victimes. L'un d'eux, en fuite après les faits, avait été mis en cause par trois des quatre autres, comme étant l'auteur des coups de battes de base-ball. Il est bien connu des services de police pour "son militantisme actif". Par ailleurs, dans l'affaire de la voiture caillassée à la station service de Carrefour, une plainte a été déposée au commissariat.

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