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Coronavirus : “Le complotisme est devenu majoritaire dans le débat public”

Marie Peltier est historienne, spécialiste du complotisme à l’Institut supérieur de pédagogie Galilée de Bruxelles*. Pour elle, nous sommes arrivés à un moment de synthèse globale de toutes les théories du complot qui circulent depuis des années. Entretien en pleine crise du coronavirus.

Lyon Capitale : Comment expliquez-vous le déni d’une partie de la population face à la réalité sanitaire ?
Marie Peltier : Je pense que ce déni est multifactoriel dans ses causes. D’une part, c’est une situation inédite. La société n’était pas du tout préparée à affronter à nouveau une pandémie. Lorsqu’une chose, à laquelle on ne s’attend pas, bouscule très profondément nos vies, c’est difficile de lui donner du sens et de l’accepter. J’identifie par ailleurs deux autres éléments : d’abord, tous les discours de propagande et de désinformation qui circulent sur le Net depuis déjà plusieurs années ont préparé un terreau de défiance vis-à-vis de la parole de l’autorité publique. Parallèlement à cela, les politiques sanitaires ont beaucoup péché par leur incohérence et leur inconséquence en rendant, à plusieurs égards, la situation un peu absurde ou incompréhensible, spécialement durant cette deuxième vague, avec cette espèce de confinement qui n’en est pas un, aussi bien en Belgique qu’en France.

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