Collomb : ouverture à tous les étages

Il veut maintenant s’imposer comme le pionnier de la gauche “arc-en-ciel", qui va du centre à l’extrême-gauche, comme l’ex-coalition Prodi en Italie. La logique d’ouverture l’avait conduit à accueillir un sarkozyste et des Modem aux municipales. Logiquement, il a ouvert vendredi son exécutif au Grand Lyon en offrant quelques strapontins à des seconds couteaux de l’UMP et du Modem (lire ci-dessous). Plus fort, il a annoncé qu’il soutiendrait Thomas Rudigoz, l’ancien directeur de cabinet d’Anne-Marie Comparini, aux cantonales, pour essayer de reprendre le siège abandonnée par le député Michel Havard (UMP), pour cause de cumul. Collomb a même obtenu le soutien du PS pour son protégé, qui fait partie des Modem qui l’ont rejoint pendant la campagne municipale. S’il est élu, la situation de Rudigoz sera cocasse. Car au département du Rhône, la majorité en place rassemble l’UMP et l’UDF-Modem, alors que le PS est dans l’opposition... Dans ces conditions, que fera le Modem Rudigoz ? C’est d’ailleurs la question que se posent les jeunes socialistes, qui “déplorent" le choix de Collomb : “Le Modem, avec le soutien de l’UMP, est aujourd’hui majoritaire au conseil général. Nous nous interrogeons sur l’opportunité de renforcer cette majorité alors qu’il s’agit d’une chance unique de faire basculer le département à gauche. Nous dénonçons donc l’utilisation de méthodes visant à faire passer les calculs politiciens avant la proposition de véritables alternatives politiques locales au niveau départemental" expliquent-ils dans un communiqué plein de bon sens.

Alors Rudigoz, sera-t-il dans la majorité ou dans l’opposition ? “Je n’ai pas de déclaration à faire, tant que je ne suis pas officiellement candidat" répond-il, très laconique. “Je suis dans l’attente des soutiens. Je déposerai ma candidature en fonction. J’ai déjà le soutien de Gérard Collomb et du PS. J’attend l’investiture de François Bayrou. C’est en bonne voie." L’art du grand écart ne lui fait visiblement pas peur.

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