Nathalie Bianco, formatrice et militante laïque, dans les locaux de Lyon Capitale en janvier 2022.

Burkini : pour Nathalie Bianco, "c'est la liberté de nos filles qui prend l'eau, petit à petit"

Le dernier billet de Nathalie Bianco, auteure originaire de Lyon, fustige l'autorisation du port du burkini dans les piscines municipales de Grenoble. Elle dénonce un "dogme qui prône l'obligation de pudeur pour les femmes" et s'inquiète pour la liberté de "nos filles".

Dans une interview accordée à Lyon Capitale en janvier dernier, Nathalie Bianco affirmait : "Non il n’y a aucun respect à avoir pour aucune idéologie ! On respecte les gens mais les idéologies, on peut et on doit les remettre en question et même s’en moquer sans crainte".

Dans cette logique, cette formatrice, militante laïque et auteure lyonnaise a réagi, vendredi 20 mai, à la polémique autour de l'autorisation du burkini dans les piscines à Grenoble. "Si mon œil s’attarde sur toi bien malgré moi ne le prends pas mal : c’est ton étrange tenue, ta "burka de bain" qui m’interpelle. Pas toi", lance-t-elle.


"Ça m’étonnerait qu’un dieu, il y a 1400 ans de ça, se soit préoccupé de savoir dans quelle tenue les femmes devaient aller à la piscine municipale", Nathalie Bianco, militante laïque.


Nathalie Bianco est connue pour ses prises de parole sur les réseaux sociaux. Des billets d'humeur dans lesquels personnalités politiques, médiatiques ou people en prennent pour leur grade selon l'actualité. Dans des mots qu'elle qualifie de "réfléchis et assumés", elle délivre ses avis, souvent tranchés. Sur le burkini, elle introduit : "Ça m’étonnerait qu’un dieu, il y a 1400 ans de ça, se soit préoccupé de savoir dans quelle tenue les femmes devaient aller à la piscine municipale".

Dans son argumentaire, Nathalie Bianco estime d'abord que l'autorisation du burkini va à l'encontre des règles communes. "Parce que, dis-moi, nouvelle-copine-de-piscine, tu es comme moi, tu as des enfants ? Tu fais de ton mieux pour les éduquer ? Comme moi tu t’échines à leur apprendre qu’en société, pour bien vivre ensemble, il faut respecter les règles communes ? À la piscine comme ailleurs. Alors, oui, on va sous la douche, même si elle est froide. Non, on ne fait pas pipi dans l’eau même si personne ne le voit [...] Je me dis que ça va être difficile de leur expliquer, à tes gamins, que toi, au nom de ton rigorisme politico-religieux tu as exigé de t’affranchir des règles communes. [...] Tu vas me parler de liberté et de discrimination. Tu vas me citer Rosa Parks… Pardon, mais Rosa Parks était empêchée de monter dans un bus à cause de sa couleur de peau.  [...] Toi, il t’était juste demandé, comme à tous les usagers de respecter le règlement. Personne ne contrôle les origines, les opinions politiques ou la religion des gens à l’entrée des piscines municipales et c’est heureux". 

"Pas très synchrone avec l'époque"

Pour cette auteure de plusieurs livres, dont le dernier Les petites, paru en fin d’année 2021 chez Sixième(s), l'autorisation du burkini à Grenoble n'est pas une avancée pour les femmes. "T’es pas très synchrone avec l’époque. Parce que la banalisation d’un dogme qui prône l’obligation de pudeur pour les femmes et qui considère que celles-ci doivent dissimuler la totalité de leur corps, on ne peut pas parler d’un grand "progrès"". Taclant au passage les "pseudos féministes", Nathalie Bianco s'interroge sur la place qu'aura la femme dans quelques années, si la pratique du burkini devient la norme, alors qu'elle est aujourd'hui minoritaire. "Tu peux me citer beaucoup d’endroit dans le monde prônant la pudeur féminine où les « rebelles » peuvent se baigner sans risque en bikini ?".

Et de conclure : "Alors d’avance, pardon, nouvelle copine de piscine, si je te contemple avec un peu d’insistance et de tristesse. Ce n’est pas toi que je fixe. C’est ma liberté et celle de nos filles que je regarde prendre l’eau, petit à petit".


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