Les premières pousses d’ambroisie apparaissent dès la fin mars, marquant le début d’une période clé pour limiter sa propagation. Arrachage précoce, prévention et traitements : voici comment réduire son impact sur la santé et l’environnement.
Les ambroisies font leur retour en cette fin du mois de mars. Arrivées au terme de leur croissance, ces plantes invasives émettent du pollen de juillet au début de l'automne qui provoque des réactions allergiques intenses. Actuellement, les premières plantules d'ambroisie commencent à sortir de terre. Par conséquent, c'est à ce moment qu'il faut les arracher pour interrompre leur cycle de développement. Cette plante ne pourra donc pas produire de pollen allergisant et coloniser les milieux sur le long terme. À noter que le potentiel allergène des pollens peut être accentué lors des phénomènes orageux.
Selon les chiffres de l'agence régionale de santé (ARS) en Auvergne-Rhône-Alpes, 50 signalements ont été effectués sur l'année 2025. "En tant que territoire très urbanisé, la présence de l'ambroisie à Lyon reste bien moindre que dans les zones plus rurales ou agricoles situées dans les territoires voisins", rappelle l'organisation.
Sur le dernier bulletin allergo-pollinique réalisé par la filiale régionale d'ATMO, observatoire de la qualité de l'air, l'indice de pollen sur la région Auvergne-Rhône-Alpes est décrit comme très faible. Un résultat logique puisque comme évoqué précédemment, l'ambroisie diffuse son pollen seulement à partir de juillet. Quelles solutions concrètes pour limiter son expansion, quelles conséquences sur notre santé ? Lyon Capitale fait le point.
Quelles solutions sont mises en place ?
Contactée, la Métropole de Lyon assure que des campagnes d'arrachages régulières ont lieu sur le territoire par les agents de voirie. "Il faut les enlever tout de suite pour les empêcher de proliférer", rappelle la collectivité. La prévention fait aussi partie des actes mis en place à l'échelle métropolitaine, avec la création d'une carte interactive pour calculer les trajets piétons les moins soumis au pollen. D'autres critères sont également concernés par cet outil comme la fraîcheur, le calme ou encore les points touristiques.
Les habitants peuvent également signaler la présence des ambroisies ou se renseigner sur le sujet grâce à une plateforme spécifique. Lutter contre l'ambroisie relève donc d'une action collective et coordonnée entre habitants, collectivités et organisations.
Quel impact sur notre santé ?
Selon l'ANSES, entre 1 et 3,5 millions de Français sont allergiques à l'ambroisie. Quels symptômes, à quoi ressemblent les personnes touchées, et comment se soigner ? Pour le savoir, Lyon Capitale s'est entretenu avec le docteur Marion Braire-Bourrel, allergologue à Lyon 8e, également vice-présidente du syndicat français des allergologues (SYFAL). Selon elle, les symptômes sont multiples. Il y a d'abord ceux qui sont généraux à la plupart des allergies polliniques, "le nez qui coule, le larmoiement, des difficultés à respirer, la gorge qui gratte". Pourtant, il y a également des symptômes spécifiques à l'ambroisie, "ils sont plus sévères", explique Marion Braire-Bourrel,"la personne va être plus fatiguée et souffrir de maux de tête."
Comment se soigner ?
Pour soigner cette allergie, là encore, il existe deux types de traitements. Le premier consiste en la prise quotidienne "d'un traitement symptomatique commun à toutes les allergies polliniques composé d'antihistaminiques, de corticoïdes intra-nasaux, et de collyres à prendre quotidiennement" développe l'allergologue. Dans la majorité des cas, les effets sont suffisants pour le patient. Si ce n'est pas le cas, il doit aller voir un allergologue, et entamer un traitement de désensibilisation spécifique. "Cela va prendre la forme de gouttes sublinguales à prendre pendant la pré-saison, à partir de début mai, et pendant la saison, soit jusqu'à l'automne", argumente le docteur Marion Braire-Bourrel. Ce traitement est à renouveler sur une période de trois à cinq ans. S'il reste peu probable que l'allergie disparaisse, les symptômes peuvent fortement diminuer. "Il faut quand même essayer, ce n'est pas une fatalité", contrebalance celle qui travaille également au service d'allergologie de l'hôpital Lyon-Sud.
Quels types de patients sont allergiques à l'ambroisie ?
Y a-t-il un profil type de l'individu atteint d'une allergie à l'ambroisie ? Pas vraiment. Selon Marion Braire-Bourrel, si la plupart des personnes touchées viennent d'une famille atopique, c'est-à-dire qu'elle a une prédisposition à développer des allergies, l'âge ou le milieu dans lequel évolue le patient n'a pas une grande influence. "Avant, les personnes les plus touchées étaient les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Aujourd'hui, c'est moins le cas, l'allergie aux ambroisies concerne toutes les tranches d'âge." Cependant, cette plante se développant en majorité dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, "les habitants de Lyon, et du Nord-Isère sont les plus touchés" affirme l'allergologue.
Y a-t-il plus de risques en ville ou dans la campagne ?
"C'est différent", lance Marion Braire-Bourrel. "Dans la campagne, c'est plutôt la quantité importante d'ambroisies qui va entraîner les symptômes. Au contraire, en ville il y en a moins, mais le co-facteur de la pollution rend les allergies plus agressives, et les voies respiratoires sont plus irritées par le pollen". Plus globalement, les facteurs d'établissement des symptômes sont la fréquence, ainsi que le taux d'exposition des individus au pollen émis par cette plante.
