La police s’invite à la "prise de Bellecour"

Le 21 octobre, après cinq jours de scènes d’émeutes lycéennes dans le centre-ville, le préfet du Rhône avait décidé de frapper très fort en enfermant dehors toutes les personnes qui se trouvaient place Bellecour. C’est contre cette "garde à vue à ciel ouvert" que s’est créé un collectif rassemblant une quarantaine d’organisations de gauche (LDH, PS, CGT, FSU, Cirdel…). Ils organisaient, samedi dernier, une occupation symbolique de la place.

Un mois après le 21 octobre, samedi dernier, ce collectif organisait la "prise de Bellecour" une occupation symbolique de la place vécue par près de 600 personnes (621 personnes contrôlées selon la préfecture). Autour de la statue, des dessins et des photos ont été accrochés, du son d’hélicoptère diffusé. Vers 15 heures deux policiers nationaux sont venus, menaçant de porter plainte à propos d’un dessin montrant, au lieu de Louis XIV, un CRS sur un cheval surplombant des crânes. Ensuite sont arrivés, toutes sirènes hurlantes, sept véhicules de la police municipale. Les fonctionnaires ont demandé d’enlever les voitures qui servaient à tendre les fils de l’expo photo. Les agents ont tenté de relever les plaques mais une partie de la centaine de personnes présentes s’y sont opposées. Dans le même temps, deux camionnettes de CRS se sont positionnées. Vers 17 heures, est finalement venu un responsable de la sécurité publique qui a seulement demandé d’enlever deux véhicules. Rien à propos du dessin qui suscitait l’ire de deux de ses hommes. "Il s’agit d’une provocation, a réagi Jean-Michel Drevon, syndicaliste de la FSU et porte-parole. Ces policiers cherchaient le dérapage de notre part pour pouvoir intervenir et empêcher la tenue de ce rassemblement qui était déclaré. Je pense que ça ennuie que l’on reparle de ce qui s’est passé le 21 octobre place Bellecour".

Action en justice

Depuis début novembre, des permanences se tiennent tous les mercredi, place Bellecour, dans les locaux de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) pour recueillir des témoignages en vue d’une action en justice. Ces personnes, enfermées sur la place, faisaient partie des 600 personnes qui n’avaient pu sortir avant la levée de ce dispositif exceptionnel mis en place par la préfecture du Rhône pour "s’assurer que les personnes isolées n’étaient pas des casseurs recherchées par la police", comme l’avait justifié le jour même le directeur de la sécurité publique (lire ici). Deux niveaux d’action sont envisagés. D’abord une plainte pour "violation manifeste de la liberté d’aller et venir ainsi que de la liberté de manifester puisque une manifestation avait été déposée pour le jour même à 14 heures", explique Franck Heurtrey, président du Syndicat des Avocats de France (SAF) de Lyon. Ensuite, le collectif "soupçonne" la création d’un fichier suite aux 621 contrôles d’identité, poursuit Franck Heurtrey. Un meeting (ouvert au public) du "collectif du 21 octobre" doit se tenir à 19h15, à la Bourse du travail, ce mercredi 24 novembre.

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11 commentaires
  1. Sphinx03 - 23 novembre 2010

    Soit on accuse la police de ne pas en faire assez, soit on l'accuse d'en faire trop! Quoi qu'il en soit, la police est toujours fautive. Etrange tout de même... Pourtant on ne parle plus des casseurs. Ah si, on parle des pauvres petits casseurs qui ont été jetés en prison de manière exemplaire. Dans cette affaire, les casseurs sont les victimes, et la police est délinquante. On monte un collectif pour dénoncer les 'dommages collateraux' causés par les forces de l'ordre (restreinte de la liberté d'aller et venir) mais on oublie presque de dénoncer ceux qui ont fait de la presqu'île leur terrain de jeu pendant 3 jours! Ils en sortent blanchis (hormis deux ou trois malheureux)

  2. deme69 - 23 novembre 2010

    Et qu'en pensent les habitants du quartier? Les commerçants qui ont eu leurs vitrines brisées? les propriétaires des voitures incendiées?

  3. jerome manin - 23 novembre 2010

    600 personnes contrôlées, 15 vitrines cassées et une dizaine de voitures brulées, la majorité reste donc du coté des gens contrôlés ! Les politicards ne sont pas idiots 😉

  4. fagor - 23 novembre 2010

    Jérôme ne faites pas celui qui ne fait pas de politique.

  5. jerome manin - 23 novembre 2010

    @fagor. Choisissez votre réponse : - C'est pas grave car mon petit frère n'aime pas les épinards. - Si vous avez quelque chose à dire, pourquoi ne pas le dire. - La double négation n'a pas la faveur de ma sensibilité de centre droit.

  6. divers - 23 novembre 2010

    Comment, tous les partis que vous avez sollicité pour obtenir une investiture se sont passés de vos talents multiples Jérôme ? Ils ne savent pas à côté de quoi ils passent !

  7. jerome manin - 23 novembre 2010

    @divers. Un peu d'information ne vous fera aucun mal, vous pourrez revenir commenter le sujet. http://www.manin.info

  8. Sphinx03 - 24 novembre 2010

    @Manin -Un politicien qui se veut cohérent et honnête prend position -Un politicard tourne tout en dérision par le sarcasme et la raillerie pour faire oublier qu'en réalité il n'a rien à dire d'intéressant sur le sujet.Selon vous votre 1er commentaire sur cet article, dans quelle catégorie peut-on le classer?Quand vous aurez quelque chose de censé à dire sur le sujet, prevenez-nous.

  9. jerome manin - 24 novembre 2010

    @Sphinx03. On sent le ton de l'invective qui se voudrait procès d'intention gagné d'avance mais : - Je ne suis pas le sujet de l'article, reprenez-vous - Vos banalité lénifiantes sont vraies, que voulez-vous en faire ? - Si vous avez quelques choses à dire sur le sujet, même si cela est un défonçage grandiloquent de porte ouverte faîtes-le, ça devrait au moins vous faire du bien. Parlez-nous de ce qui c'est passé place Bellecour, 'la guerre c'est mal mais il faut bien...' On a déjà donné dans cette philosophie de niaiseux...

  10. Battling - 24 novembre 2010

    Est ce qu'il y a eu instrumentalisation de la situation par tout le petit monde politique ?OuiLa gauche était trop contente (NVB) de dire 'les lycées avec nous' et l'UMP a laissé faire les premiers jours avec comme consigne de 'peu faire'. L'un et l'autre peuvent bien se renvoyer la balle, CRS et manifestants n'étaient que des acteurs d'un spectacle plus global : Comment casser un mouvement social sur fond de sensationnalisme. Est ce que le traitement de l'information était correct sur les manipulations de part et d'autre ?Rien n'est moins sur.

  11. jerome manin - 24 novembre 2010

    Il est des manipulations qui sont sensées rendre sourd.

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