Atterrissage de Curiosity : un œil lyonnais sur la planète Mars

Ce lundi 6 août , à 7h31, Curiosity, a atterri avec succès sur le sol martien après un voyage de 10 mois dans la stratosphère. Ce bijou de technologie doit déterminer si la planète rouge est habitable. Gilles Dromart, géologue de l'ENS Lyon, travaille sur le projet depuis son commencement. Après avoir participé à l'élaboration des outils de mesure de la sonde et au choix du site d'atterrissage idéal, il analyse aujourd'hui les données renvoyées par le robot.

Atterrissage réussi pour Curiosity. Le rover développé par la NASA a posé ses roues sur la planète rouge ce lundi 6 août à 7h31, heure française. La centaine de scientifiques ayant participé à l'élaboration de ce robot d’exploration de dernière génération a suivi, non sans appréhension, la consécration de 2 ans de travail. Parmi eux, Gilles Dromart, géologue, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon. C'est grâce à ses recherches, et à celles de 9 autres scientifiques internationaux que le site d'atterrissage au milieu d'un cratère de 155 km de diamètre a été choisi. "Sa richesse géologique, offre la possibilité d'analyser les traces de vie sur les 4 derniers milliards d'années", explique le Lyonnais.

Rien de ceci ne serait possible sans ChemCam, un spectromètre laser sur lequel il a également travaillé et qui permet à travers l'analyse des conditions de formation des roches martiennes de savoir si elles ont pu être, et si elles sont, favorables à des conditions d'habitabilité. Une question d'autant plus pertinente qu'il y a 1 an des traces d'eau étaient découvertes sur Mars.

Une réussite incertaine

Mais l’atterrissage de ce lundi a probablement provoqué quelques sueurs froides aux acteurs du projet qui estimaient les chances de réussite à "seulement" 80 %. En effet, la distance de 570 millions de kilomètres qui sépare la Terre de la planète rouge interdit tout pilotage en direct. Le décalage temporel entre l'émission des signaux électromagnétiques envoyés par le robot et leur réception est de 14 longues minutes.

Maintenant arrivée à destination, la bête curieuse effectuera, selon la NASA, le moins de déplacements possible dans les deux prochaines semaines afin de vérifier que tous ses instruments fonctionnent. L'exploration à une vitesse de croisière de 90 m/h pourra ensuite commencer et durera deux ans. Gilles Dromart et une élite de scientifiques participeront à l'analyse des données qu'elle enverra sur Terre deux fois par jour.

Tout a été mis en œuvre pour que la sonde soit plus performante que ses prédécesseurs : Spirit – dont on a perdu la trace depuis le printemps 2010- et Opportunity qui n'a parcouru que 30 km depuis 7 ans.

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