1er mai : mobilisation lyonnaise moins forte que l’année dernière

4 500 personnes selon la police et 8 500 selon les organisateurs. Le traditionnel défilé du 1er mai a rassemblé deux fois moins de monde que l’année dernière. Un « tour de chauffe » avant un conflit sur les retraites ?

Derrière la banderole de tête « Pour une répartition des richesses, pour l’emploi, les salaires, la retraite », un modeste cortège a battu le pavé pluvieux. 4 500 manifestants selon la police - et 8 500 selon les organisateurs - ont rallié dans la matinée Bellecour, depuis la place Jean Jaurès (quartier de Gerland, 7e arr). Le long du parcours, les causes de cette modeste mobilisation ont été égrenées par les responsables syndicaux lyonnais : la pluie, un 1er mai qui tombe un samedi et surtout le recul de la dynamique unitaire syndicale.

Sur le plan national, cinq confédérations (CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires) au lieu de huit appelaient à manifester. Même si, sur le plan local, la CFTC enjoignait ses militants à se joindre au défilé et que le cortège de la CNT était conséquent, il manquait FO et les cadres de la CGC. « L’année dernière, on a bénéficié des grosses journées de mobilisation de 2009 », précise également Gilbert Debard, secrétaire départemental de l’UNSA. Le pic de la mobilisation avait été atteint le 19 mars quand 45 000 personnes avaient manifesté dans les rues de Lyon. Depuis, l’unité syndicale s’est fissurée alors que de plus en plus de voix critiquaient la stratégie de la multiplication des journées d’action.

Malgré tout, l’optimisme était de rigueur ce 1er mai. « C’est un tour de chauffe », affirme Rosario Elia de la FSU. Tout le monde a en effet en tête une nouvelle « bataille des retraites » qu’il faudra certainement mener quand le gouvernement annoncera, vraisemblablement à la fin du mois de juin, les options retenues. Mais tous redoutent un allongement de la durée de cotisation. « Pour le moment, le gouvernement n’entend jouer que sur l’âge de départ à la retraite. Mais si on recule cette âge, on baisse automatiquement le niveau des pensions puisque les gens travaillent de plus en plus tard et qu’ils sont mis au chômage à 55 ans », précise le secrétaire de la CGT du Rhône, Pierre Coquan.

Les solutions avancées tournent autour de la répartition des richesses et de l’emploi. D’où le slogan de la banderole de tête. « La création d’un million d’emplois ou encore la taxation des revenus financiers régleraient une grande partie des problèmes », avancent Pierre Coquan de la CGT. « A cause des politiques d’entreprises, on ne travaille pleinement qu’entre 35 et 45 ans. C’est donc totalement hypocrite de parler d’allongement de cotisation, poursuit Anne-Marie Colongeli de la CFDT. Il faut donc travailler sur le niveau d’emploi et la pénibilité. Mais pour l’instant ni le patronat, ni le gouvernement n’avancent sur ces questions-là. Ça nous encourage à durcir le ton ». Compte tenu du calendrier, il y a peu de chance qu’un mouvement social sur les retraites démarre avant l’été. Rendez-vous en septembre.

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