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© Tim Douet

McDonald’s et l’obésité : le paradoxe lyonnais

Plus il y a de McDo, plus il y a d’obèses. C’est le résultat d’une étude très sérieuse au niveau mondial. On a essayé de la vérifier à Lyon et en Rhône-Alpes. Résultat, c’est l’inverse ! Au point de surprendre l’auteur de l’étude, qui estime que l’on a mis le doigt une nouvelle fois sur un “French paradox”.

Une recherche originale, récemment publiée dans le Journal of Internal Medicine*, a mis en évidence une très forte corrélation entre la densité de restaurants McDonald’s et le taux d’obésité – sans pour autant établir de lien de cause à effet. L’étude a porté sur 44 pays, représentant 75 % de la population mondiale et 95 % des fast-foods de l’enseigne. Les chercheurs ont recensé dans chaque pays le nombre de McDo et ensuite croisé ces données avec le nombre d’obèses.

Résultat : plus il y a de McDo, plus il y a d’obèses. La France, pays de la bonne bouffe, se classe avec 19 “restaurants” de la chaîne par million d’habitants dans le haut du tableau, avec le Canada, l’Australie ou encore les États-Unis (45 par million d’habitants).

Rhône-Alpes : n° 1 sur les McDo

Nous avons voulu savoir si l’étude se vérifiait en Rhône-Alpes. Surprise ! Pas du tout... La région compte le plus de fast-foods McDonald’s en France (88), soit un pour 71 000 habitants. Pourtant, c’est l’une de celles où le taux d’obésité est parmi les plus faibles du pays (12,5 % de la population). Inversement, le Nord-Pas-de-Calais, région la moins “mcdonaldisée” de France (un pour 202 000 habitants) est en revanche celle qui recense le plus de personnes obèses (21,3 %).

Dans d’autres régions, l’étude internationale se confirme. Par exemple, Champagne-Ardenne, deuxième région française la plus touchée par l’obésité (20,9 %), est également celle qui compte le plus de McDo (1/58 000). Idem en Picardie, dans le Limousin, le Centre, la Basse-Normandie, le Languedoc-Roussillon, la Franche-Comté et la Lorraine. En résumé, les recherches publiées dans le Journal of Internal Medicine se vérifient pour seulement 8 des 21 régions françaises.

Pour le professeur Frédéric Lapostolle, l’un des auteurs de l’étude, qui a été très surpris de notre découverte, plusieurs raisons pourraient expliquer ces résultats : “Une tendance observée sur des milliards d’habitants ne se retrouve pas forcément sur des millions, question de puissance statistique. Cela ne remet pas fondamentalement en cause le résultat. Deuxièmement, il est clair que les facteurs dits confondants sont multiples : activités sportives, sédentarité, âge de la population et, évidemment, habitudes alimentaires sont au premier rang de ces facteurs. Ainsi, en dépit d’un nombre élevé de restaurants McDonald’s, les Japonais sont peu inquiétés par l’obésité à ce jour. Enfin, il n’est pas impossible que les habitudes et les traditions alimentaires françaises, déjà décrites sous le nom de “French paradox” contribuent à cet état de fait.”

En attendant, McDonald’s envisage d’ouvrir une quarantaine de nouveaux établissements en France.

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* “Worlwide relation between the number of McDonald’s restaurants and the prevalence of obesity”, A. Alhéritière, S. Montois, M. Galinski, K. Tazarourte & F. Lapostolle.

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Cet article est extrait de Lyon Capitale n°727 (novembre 2013), en vente en kiosques et dans notre boutique en ligne.

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