Lotfi Ben Khelifa
© Tim Douet

Vénissieux : la viande dans les cantines, entre non-dit et débat

Entre la majorité communiste et l'opposition socialiste de Vénissieux, la question de savoir s'il faut proposer un menu sans viande aux écoliers se pose. Depuis 2014, Lotfi Ben Khelifa, conseiller municipal socialiste, estime qu'il s'agit de répondre à une demande et d'instaurer plus d'égalité à l'école.

"C'est une question d'équilibre alimentaire, tout le monde sait aujourd'hui que manger trop de viande n'est pas bon pour la santé." Depuis leur campagne de 2014, les socialistes de Vénissieux plaident pour instaurer un choix dans les menus des écoles publiques de la ville : avec ou sans viande. Une idée à laquelle la mairie communiste de la ville semble encore opposée. Lotfi Ben Khelifa, conseiller municipal socialiste évoque une résistance de la part de la municipalité à vouloir entendre la population : "les vénissians le demandent et c'est totalement légitime. Nous sommes dans une commune qui ne pratique pas l'égalité, du moins de ce point de vue là" estime-t-il. Dans la commune, deux repas sont servis sans viande pendant la semaine, le mardi et le vendredi. Les autres jours, de nombreux enfants ne mangeraient pas à la cantine scolaire, n'ayant pas d'autre choix que d'y manger de la viande. Une situation que dénonce Lotfi Ben Khelifa, qui considère que proposer un menu sans viande se fait déjà à Lyon mais toujours pas à Vénissieux.

"La question de la laïcité, c'est le cache sexe que brandit madame le maire pour ne pas discuter de ce problème-là"

"La laïcité est de pouvoir exercer son culte dans la sphère privée et cette demande n'a pas de connotation religieuse" estime Lotfi Ben Khelifa, qui reconnaît cependant que : "s'il y a des religions que ça arrange d'avoir ces menus là, tant mieux pour eux, mais notre objectif n'est pas celui de satisfaire telle ou telle religion ou tel ou tel groupe". Pour lui, la question de la laïcité n'est qu'un prétexte pour ne pas évoquer ce non-dit : à savoir qu'une grande partie de la population de Vénissieux n'inscrit pas ses enfants à la cantine les jours où de la viande est servie. Lotfi Ben Khelifa souligne que pourtant, un vénissian sur deux a participé, via les impôts locaux, à la construction de la toute nouvelle cuisine centrale de la ville pour un coût de 9 millions d'euros. "Cette cuisine centrale ne sert pas à tout le monde mais uniquement à une partie de la population. Elle sert à tout le monde seulement deux fois par semaine. Je ne comprend pas que dans une municipalité comme Vénissieux on puisse être contre l'égalité des enfants : c'est à dire avoir le droit de manger ou non de la viande et ne pas être forcé de goûter tous les plats. Mme Picard met en place des selfs, c'est très bien, à condition que dans les self, non seulement on donne le choix, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, mais aussi qu'on ne force pas les enfants à tout goûter."

"De l'argent public foutu en l'air"

Lotfi Ben Khalifa a également milité pour que la nouvelle cuisine centrale de Vénissieux soit partagée avec les communes voisines : "nous avons proposé que la cuisine centrale soit mutualisée. Le repas reviendrait moins cher et si on partageait la note avec Saint-Priest, Saint-Fons, Corbas ou Feyzin, je pense que ces communes seraient aussi très contentes d'avoir des plats dans leurs cantines et non pas du Sodexo". Selon lui, la mairie a refusé l'idée sans avoir fait d'études. "Ils ont dit que les autres communes avaient refusé, mais ce n'est pas ce que l'on entend de la part de ces dernières. D'ailleurs, il me semble que la commune de Saint-Priest est en train de refaire la sienne. Donc il y a de l'argent public foutu en l'air, tout ça pour avoir son petit fourneau chez soi et pas pour l'ensemble des voisins. C'est quand même un peu stupide comme raisonnement à l'heure où l'on doit faire des économies" conclut le conseiller municipal de la ville.

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3 commentaires
  1. kaoetic - 4 octobre 2016

    Drôle d'article dans lequel il n'ya qu'un point de vue qui s'exprime et se fait ainsi le porte parole d'un parti !?Sur le fond une cantine scolaire est un service offert aux parents et non un droit.Dans une cantine quel qu'elle soit les seules règles : hygiène, qualité,diététique!Tout autre solution relèverait d'une logique d'accordements déraisonnables dont on connait l'issue la désintégration de notre societe.Quand au PS avec un tel representant , nous refaire une énième fois le coup des cantines scolaires ?! , on comprend sa perte de crédibilité et sa prochaine disparition des radars de la vie politique française ...

  2. Ch. Girard - 5 octobre 2016

    Puisque visiblement mes communiqués de presse ne vous parviennent pas je le reproduit ici. Communiqué de presse du 28 septembre 2016 : 'Si j'apprécie le Père Régis Charre et son dynamisme, si nos échanges sont chaleureux, je ne peux suivre sa prise de position sur les menus sans viande. En cela, il se fait 'l'apôtre' d'une revendication qui au fond relève à 99% de l'islam politique. Faire mine de parler d'écologie, d'équilibre alimentaire, alors que l'on sait pertinemment qu'il s'agit d'une revendication communautariste, est une façon bien peu cohérente de promouvoir un débat en vérité. Si ce n'est pas une... Pour lire la suite se rendre sur mon blog : http://christophegirard-venissieuxblog.blogspot.fr/2016/09/debat-sur-les-repas-sans-viande-une.html

  3. Jim Profit - 5 octobre 2016

    Drôle de définition de la laïcité qui est donnée par M. Khelifa. Ce n'est pas seulement 'pouvoir exercer son culte dans la sphère privée'. C'est la liberté religieuse pour les citoyens, et ça n'implique aucune neutralité des citoyens, que ce soit dans la sphère publique ou privée. C'est l’Etat, les collectivités et les services publics qui doivent être neutres. Autant cela pourrait choquer si l'on servait du Hallal ou du Kasher, autant un menu sans viande c'est neutre sur le plan religieux, c'est sain sur un plan alimentaire et ça arrange tout le monde. Quel est le mal de permettre aux enfants musulmans de manger en accord avec leur conviction ? Ceux qui veulent de la viande pourront en manger. Personne n'y perd, à part les partisans de l'oppression identitaire.

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