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© Tim Douet

PPI : 3,5 milliards d’euros pour financer les projets de la métropole

La métropole de Lyon a dévoilé ce mardi 30 juin le document qui présente et budgète 1 175 grands projets pour les cinq années à venir. Tour d’horizon (non exhaustif) de l’emploi de ces 3,5 milliards d’euros par la nouvelle collectivité locale.

Parlons finances, parlons de milliards d'euros. La métropole de Lyon présentait ce mardi 30 juin la “programmation pluriannuelle des investissements” pour les années 2015-2020, PPI pour les intimes. Celle-ci recense les projets qui seront financés par la métropole sur le mandat à venir, et à quelle hauteur budgétaire.

En tout, 3,5 milliards d’euros vont être investis ces cinq prochaines années, pour 1 175 travaux. Une PPI "ambitieuse", selon le président de la métropole, Gérard Collomb. Le montant des investissements a augmenté de 300 millions d’euros par rapport à la période 2008-2014, malgré la baisse des dotations de l’État. Mais le chiffre est en trompe-l’œil. Avec l'absorption des compétences et des recettes du conseil général, le budget général de la collectivité a explosé : plus 1,1 milliard d'euros par an. Proportionnellement, les montants d’investissements ont été revus à la baisse. Le conseil métropolitain a souligné qu’il comptait sur un bon retour d’investissement, misant sur des projets porteurs et sur un effet de levier pour stimuler l’économie.

Parmi les 3,5 milliards, le secteur de la voirie et de la mobilité se taille la plus grosse part du gâteau, avec une enveloppe de 833,5 millions d’euros. Suivent les postes "économie/culture/sport/éducation" avec 623,7 millions d’euros, "solidarité et habitat" avec 580,5 millions et l’environnement avec 534,8 millions d’euros.

Voici quelques grands projets à venir. La liste est loin d’être exhaustive.

Grands projets urbains

La Part-Dieu se sert une bonne part du budget alloué aux grands projets urbains. La métropole va injecter 100 millions d’euros en tout pour favoriser la création de 1 000 logements, 230 000 m2 de bureaux, soutenir la transformation du centre commercial et participer à doubler la superficie de la gare. "Sur le toit du centre commercial, il y aura une grande terrasse paysagère sur laquelle donneront les cinémas et des bars", détaille Gérard Collomb.

Ces projets sont menés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), comme l’illustre le chantier de la gare, qui pèse à lui seul 340 millions sur les bras de six investisseurs différents. Le Carré de Soie et la Confluence vont bénéficier de plans globaux similaires, avec respectivement 45 millions et 80 millions d’euros sur le mandat. Petit détail qui réjouira les piétons du 2e arrondissement, un passage pour relier plus facilement la place Carnot et la Confluence est prévu.

Villeurbanne disposera quant à elle de 44 millions d’euros de la part de la métropole pour l’extension de son centre-ville, le projet Gratte-Ciel Nord.

Rénovation urbaine et embellissement des quartiers

La PPI 2015-2020 doit opérer une jonction entre les deux plans nationaux de rénovation urbaine (PNRU 1 et 2). Le premier, qui entre en cours de finalisation, va bénéficier d‘une nouvelle enveloppe de 91 millions d’euros. Huit quartiers sont concernés, dont le plateau de la Duchère, la Grappinière à Vaulx-en-Velin ou les Minguettes à Vénissieux. Au total, ce sont 5 000 logements qui auront été démolis et reconstruits dans le cadre du PNRU 1. Le PNRU 2 va quant à lui débuter en cours de mandat, avec une aide de 50 millions d’euros. Les Vernes à Givors, Mermoz sud à Lyon ou deux quartiers de Villeurbanne sont concernés, aux côtés de huit autres sites de la métropole. Pour Bron, Michel Le Faou, vice-président chargé de l’urbanisme, explique que "la destruction de l’ensemble UC1 est une priorité. Le relogement des habitants va bientôt commencer".

Au niveau des rénovations de façades, mentionnons les 26,5 millions dévolus à l’embellissement de la Presqu’île. Les abords de l’Hôtel-Dieu vont subir un lifting en parallèle à la transformation de l’illustre édifice. Dans les autres villes, la transformation de nombreux quartiers va être subventionnée. Parmi eux, Montessuy à Caluire-et-Cuire, Joliot-Curie à Mions, la Bégude à Feyzin ou la Saulaie à Oullins.

Recherche et développement et entreprises

Les investissements en faveur de l’innovation et de la création d’entreprises vont faire émerger quelques nouveautés. 59 millions sont alloués à Biodistrict, dans le 7e, avec notamment une aide à la construction du nouveau siège du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), actuellement à Grange-Blanche. 15 millions sont destinés à la création de pôles entrepreneuriaux, des pépinières qui seront basées à Neuville-sur-Saône, Givors et à la Duchère à Lyon. De même, "la Confluence va être l’épicentre de la French Tech à Lyon, comme s’en réjouit David Kimelfeld, premier vice-président de la métropole. La halle Girard va bientôt accueillir des start-up". Enfin, 26 millions iront à la requalification de six zones d’activité. Deux zones seront créées à Neuville-sur-Saône et Rillieux-la-Pape.

Logements

Soutenir la construction de logements va peser pour 412 millions d’euros dans le budget métropolitain. Sur la durée de la PPI, la métropole espère créer 9 000 logements par an, dont 4 000 sociaux. 6,5 millions seront destinés spécifiquement aux logements étudiants. 6 000 d’entre eux sont prévu d’ici à 2020.

Éducation

L’éducation représente un poste de dépense inédit. Et pour cause, le passage du Grand Lyon à la métropole a impliqué la fusion avec les compétences du département. En clair, la métropole doit s’occuper des collèges, ce que ne faisait pas le Grand Lyon. Cette PPI prévoit pas moins de 270 millions d’euros à investir dans les collèges : pour rénover onze d’entre eux partout sur la métropole, mais surtout pour en construire deux nouveaux. "Les emplacements exacts de ceux-ci ne sont pas encore connus, précisent les membres du conseil. Mais l’un devrait couvrir les 3e, 7e et 8e arrondissements de Lyon, et l’autre sera situé entre Villeurbanne et Vaulx-en-Velin."

Outre les collèges, la métropole prévoit 21 millions d’euros pour participer à la création de nouveaux centres de recherche à la Doua et sur le campus Charles-Mérieux et pour réhabiliter cinq campus universitaires existants.

Mobilité

Les modes doux vont se voir dotés de près de 162 millions d’euros. Les pistes cyclables vont passer de 600 km aujourd’hui à 1000 fin 2020. Une passerelle pour vélos sur le pont de la Mulatière est prévue, "grandement souhaitée par les cyclistes de l’Ouest lyonnais", a noté Gérard Collomb.

La sécurisation des tunnels sous Fourvière et du boulevard périphérique nord (BPNL) va quant à elle coûter 130 millions à la métropole.

2 commentaires
  1. gédu - 1 juillet 2015

    Mauvaise nouvelle!!!!! Le bouclage du périphérique entre Valvert et Gerland est reporté à la prochaine mandature???? Et pourtant, ce tronçon permettrait de soulager la presqu'île du trafic local qui n'a pas besoin de traverser la ville! En conséquence pour de nombreuses années encore les habitants du 2ème vont subir la pollution et se laisser empoisonner par les particules; la presqu'île va rester coupée en 2 à cause de cette maudite autoroute; la Confluence ne parviendra pas à décoller économiquement; on va sacrifier les bords du Rhône inaccessibles en y construisant des parkings et des bureaux... !!! 5mois 1/2 de débat public avec la Commission Particulière du Débat Public qui ont coûté plus de 4 millions d'€ ,pour rien!!! Tout ces rapports, ces discussions, des dépenses pour rien !!!!!!

  2. collectifvalve - 1 juillet 2015

    L'autoroute A7 en centre une ville est un véritable plaie: nous sommes d'accord. Le débat public a justement montré qu'il était possible de la déclasser sans nouvelle infrastructure routière et pour un coût inférieur en misant sur une alternative tout transport en commun + modes doux + covoiturage. Le bouclage du périphérique coûterait entre 2,5 et 3 milliards d'euros : cet agent public n'est pas disponible et il serait beaucoup mieux employé à développer une mobilité durable, non polluante, non dépendante d'énergies fossiles qui deviendront chères et rares d'ici 15 à 20 ans. Enfin, une solution tout transport en commun pourrait être mise en oeuvre dans un délai plus cours que la solution routière (2027 ou 2028...).

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