Andrea Petrini et Mat Gallet
© Tim Douet

Le attable Festival veut "secouer le cocotier culinaire" lyonnais 

Zone d'activisme et d'expérimentation culinaire : an zéro. Du 16 au 18 mars prochain, l’édition pilote du attable Festival prendra ses quartiers dans le 7e arrondissement de Lyon pour "secouer le grand cocotier culinaire".

Faire de Lyon le Berlin de la cuisine, rien de moins. Toute l'équipe organisatrice du attable Festival (Arty Farty, Grand Cuisine, Andrea Petrini) s'était donné rendez-vous ce jeudi au Café Sillon de Mathieu Rostaing-Tayard. Lieu emblématique de la scène culinaire émergente à Lyon et épicentre du 7e arrondissement, le restaurant de l'avenue Jean-Jaurès a pris une allure de laboratoire. C'est l'ambition du festival : "Secouer le grand cocotier culinaire", avoue d'entrée Mat Gallet de Grand Cuisine (à qui l’on doit le Grand Cuisine Cinéma Club). "Il y a un paradoxe lyonnais. Lyon est la ville gourmande la plus connue du monde, mais sa prise de parole sur la cuisine est hésitante. La ville est bloquée entre un passé prestigieux avec Curnonsky, les mères lyonnaises, les bouchons et un futur qui reste à écrire, mais que l’on espère glorieux avec l'héritage de Bocuse. Et assise entre deux chaises, Lyon oublie de composer avec le présent alors qu’actuellement il se passe des choses dingues dans cette ville", poursuit le coorganisateur. Le roi est mort, vive le roi. De cette réflexion a germé l'idée du festival : écrire ce présent de la cuisine en la pensant, en interrogeant ses codes pour les casser ou les réinventer.

Étoiles montantes et étoilés

Le programme d'attable sera construit autour de trois axes : le "fun dining" (comprendre amusement culinaire), des événements ouverts et socialisants et des démonstrations croisant la cuisine avec d'autres disciplines artistiques. "Il manque aujourd'hui un espace physique temporaire pour collaborer, expérimenter et cuisiner en dehors des compétitions et des remises des prix. Cet espace mental, on l’a cherché, mais on ne l’a pas trouvé. Et on adorerait que Lyon devienne cet espace-là. Une zone d'activisme et d'expérimentation culinaire", s’enthousiasme Mat Gallet. En mars prochain, jeunes chefs et mandarins des fourneaux se croiseront donc dans divers lieux du 7e pour mettre les casseroles sur le feu. Pêle-mêle : Arnaud Laverdin et Remy Havetz (La Bijouterie), Benjamin Sanchez (À la Piscine), Christian Têtedoie (Têtedoie*), Florent Poulard (Monsieur P), Florent Remont ( Le bistrot du Potager Gerland), Gregory & Thibault Cuilleron (Cinq Mains), Jérémy Galvan ( Jérémy Galvan restaurant*), Katsumi Ishida (En mets fais ce qu'il te plaît), Mathieu Rostaing-Tayard (Café Sillon), Tabatha et Ludovic Mey (Les Apothicaires), Takao Takano (Takao Takano**), Tsuyoshi Arai (Au 14 février*) et de nombreux autres chefs français et européens dont les noms seront dévoilés prochainement.

"Attable en sera le Berghain de la food"

Les 40 chefs présents se succéderont dans divers événements qui iront de la cuisine de rue à la cantine improvisée et la cuisine à 26 mains, et bien d'autres. "Notre envie profonde est de faire à Lyon ce qu'il s'est passé avec Berlin sur l'électro. Lyon doit devenir une sorte de Berlin de la cuisine et attable en sera le Berghain de la food", conclut le coorganisateur. Tous attable du 16 au 18 mars pour le pilote, avant une première édition, si tout se passe bien, en 2019.

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