“Circulez il n’y a rien à voir, rien à négocier, rien à dire ni surtout à redire ! Ainsi va notre belle ville de Lyon. On ne pourrait que se réjouir de ce que tout aille bien si tel était vraiment le cas.”
Qui sont et où sont les investisseurs ?
Gérard Collomb, maire de Lyon, président de la métropole qui accouche dans la douleur, président du conseil d’administration des Hospices civils de Lyon a donc fait déplacer Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication pour venir poser la première pierre des travaux. Une inauguration dithyrambique avec des promesses d’une finalisation de ce qui est en effet un beau projet, censé être achevé d’ici quatre ans alors que voilà déjà plusieurs années que le bail avec Eiffage a été signé… Selon Pierre Berger, président-directeur général du groupe Eiffage, cette opération “sera un peu le viaduc de Millau du bâtiment pour Eiffage dans les années qui viennent”.
Qu’on y prenne garde toutefois. Voilà des mois que notre association tente d’obtenir des informations sur cette opération destinée à rendre le patrimoine aux Lyonnais. Aucune information ne nous a jamais été donnée. Ainsi, s’agissant de l’hôtel, nous ne savons toujours pas officiellement quel sera l’investisseur ou la chaîne hôtelière qui va acheter le bâtiment pour y faire le grand hôtel de luxe. Les élus nous affirment que la signature du bail est certaine ; voilà des mois que cette signature est quasi acquise. Aujourd’hui, on nous affirme qu’un contact serait pris avec un investisseur. Des rumeurs tendent à laisser penser que celui-ci serait plus que récalcitrant et que d’intenses négociations auraient lieu pour le convaincre… Qu’en est-il, Monsieur le Maire ? Serait-il possible de nous dire la vérité ?
À quand un budget bouclé pour cette opération ?
S’agissant de l’ensemble de l’opération, il sera légitime de se poser la question de savoir si cette opération pourra être bouclée en quatre ans, alors que le budget n’est lui-même pas complet ? Est-ce à dire que, tant que le budget sera incertain, l’opération sera retardée ? En période de crise économique et financière, avec des entreprises fragilisées en ce qui concerne leurs résultats, l’investissement sera-t-il à la hauteur ?
En ce qui concerne enfin les commerces, on ne peut que s’inquiéter de la perspective très prometteuse qui nous est offerte alors que la rue Grôlée n’en finit pas de sombrer dans les abîmes du no man’s land commercial : les anciennes boutiques de ce qui fut un quartier animé ne sont plus que des numéros de vitrines fermées… Comment sera-t-il possible de concilier un nombre aussi important de commerces dans un endroit aussi restreint que constitue l’ensemble Carré d’or/Grôlée/Hôtel-Dieu ?
Autant de choses sur lesquelles il faut donc faire preuve de la plus grande prudence !
Manque d’équipements dans la Presqu’île
Enfin, le maire de Lyon a toujours dit qu’il ne mettrait aucun centime dans l’opération. Il s’agit là d’une option complètement irréaliste. Il faudra bien sûr investir pour contribuer à ce que cet endroit soit un endroit à la fois agréable et sécurisé. La collectivité devra mettre de l’argent dans la voirie extérieure publique ; elle devra aussi investir dans la vidéosurveillance afin que cet endroit et ces grands espaces ne deviennent pas un nouveau lieu d’insécurité, enfin dans la restauration de la chapelle. Le maire de Lyon pourrait-il nous informer de ses intentions sur cette question ?
En d’autres termes, il serait temps d’en savoir plus car cette opération censée être le viaduc de Millau pourrait bien connaître des avatars, pouvant, à l’instar du Titanic, le conduire à sombrer…
Et ce d’autant que la métropole, qui a récupéré l’endettement du nouveau département du Rhône passé à l’UMP, ne semble pas disposer d’une grande marge financière. Le président de la métropole a ainsi refusé, pour l’heure, d’intégrer dans son plan pluriannuel d’investissement la réfection de la rue Victor-Hugo, qui est devenue l’une des plus dégradées des voies piétonnes des agglomérations françaises et ce, alors que les autres arrondissements de Lyon se sont vu ces dernières années doter d’équipements considérables…
La Presqu’île n’est en effet pas dotée en équipements comme il le faudrait. Nous avons ainsi formulé des propositions au sein même de l’Hôtel-Dieu (espace intergénérationnel, avec crèche et établissements pour personnes âgées, nouvelle maison des associations, médiathèque municipale ou métropolitaine) : nous n’avons à ce jour même pas été écoutés !
Il est temps que les citoyens se mobilisent aujourd’hui pour en savoir plus et montrer leurs préoccupations.
C’est ce à quoi s’emploie notre association !”
Patrick Martin-Genier
Président du comité d’intérêt local Centre-Presqu’île

et quid du musée de la médecine ? Qu'en a dit Fl.Pellerin ?