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Corruption en prison: “Pour cette génération de détenus, tout a un prix”

Un parfum, une bouteille de whisky, puis une arme. Dans Journal d’un maton, Frédéric Ploquin et Sébastien Piteau décrivent comment des détenus achètent, pas à pas, leurs surveillants.

Journaliste spécialiste du crime organisé, Frédéric Ploquin cosigne avec Sébastien Piteau, ancien premier surveillant à la maison centrale de Saint-Maur (Indre), Journal d’un maton. La vérité sur la corruption au cœur des prisons (Fayard). Il décrit la mécanique patiente par laquelle des détenus achètent des surveillants.

Lyon Capitale : Quelle est l’ampleur de la corruption en prison ?

Frédéric Ploquin : Nous avons affaire à une génération de prisonniers jeune et friquée qui a changé la donne. Pour elle, tout est achetable : un élu municipal, un médecin, un policier… et donc un surveillant. La question n’est pas : “Est-ce que je vais me faire prendre ?” mais “Combien ça coûte ?”.

Comment les détenus choisissent-ils leurs cibles ?

Ils font des études de marché. Ils ont du temps, parfois des années, à passer au même endroit, face aux mêmes personnes. Ils repèrent les failles : le surveillant en fin de carrière qui n’est pas reconnu par sa hiérarchie, celui qui débute, celui qui vient d’être père, celui qui est loin de sa famille aux Antilles ou aux Comores. Il ne faut pas les prendre pour des imbéciles : certains sont extrêmement intelligents.

Extrait
“Un jour, alors que je fais mes courses au supermarché, je suis accosté par la sœur d’un détenu. Elle me parle sans détour : ‘Une tablette ça ferait plaisir à tes enfants, non ?’ C’est ainsi que ça se passe. […] On vous sonde, on vous teste, on vous jauge.”

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