19 000 personnes ont défilé ce samedi 31 octobre dans les rues de Lyon.

Manifestation du 31 octobre : 19 000 personnes défilent à Lyon contre la vie chère et le gouvernement

Entre musique, slogans et moments de solidarité, jusqu’à 19 000 personnes ont manifesté à Lyon ce samedi 31 octobre contre la vie chère, selon la préfecture. Malgré une ambiance largement festive, quelques tensions en marge du cortège sont venues troubler la mobilisation à son arrivée place Jean Macé.

Si la Presqu’île lyonnaise était bien calme ce samedi, les 3e et 7e arrondissements étaient davantage animés. Aux alentours de 14 heures, de nombreux manifestants ont en effet convergé vers la Manufacture des tabacs, point de départ de ce troisième acte contre la vie chère. Comme les samedis précédents, beaucoup ont dû marcher pour rejoindre le rassemblement. Une grande partie du réseau TCL était à nouveau interrompue, tout comme les trottinettes en libre-service.

Sur les grands axes, les forces de l’ordre procédaient à des contrôles et des fouilles des manifestants, parfois à plusieurs reprises. Masques, lunettes de piscine ou de ski, cagoules et objets considérés comme dangereux étaient ainsi confisqués. Pas de quoi entacher la motivation des 19 000 participants, selon les chiffres de la préfecture. Ils étaient 20 000 d'après les syndicats.

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"On est là pour nos jeunes, pour leur avenir incertain"

Un important cortège s’est formé devant la Manufacture des tabacs, autour d'un char de Solidaires Rhône. Après les prises de parole des syndicats, les manifestants ont finalement pris le départ vers 14h30. Musique, slogans et déguisement ont accompagné la marche en ce jour d'Halloween, créant une ambiance bon enfant. Depuis les fenêtres, certains habitants saluaient les participants et manifestaient leur soutien.

"La rue elle est à qui, elle est à nous !", "À bas l’État policier !". Les slogans se sont ainsi succédé tout au long du parcours. Pour Félix, 24 ans, volontaire pour encadrer la manifestation, l’enjeu est aussi de préserver cette mobilisation. "Si la présence de bénévoles encadrants peut éviter les débordements et que nos revendications passent à la trappe, c'est pas plus mal". Parmi ces revendications, le pouvoir d'achat, les salaires, l'éducation, la formation et la santé revenaient à de nombreuses reprises. Mais face aux réponses peu convaincantes du gouvernement et aux mesures et restrictions instaurées dans de nombreuses villes après le 17 octobre, la liberté était également dans de nombreuses bouches.

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Un peu plus loin, Valérie, comptable de 43 ans, explique être venue manifester pour ses enfants qui défilaient ce-jour à Paris. "On est là pour nos jeunes, pour leur avenir incertain auquel le gouvernement ne semble pas accorder une grande importance". Fanny, quant à elle, répond présente chaque samedi. Et comme beaucoup d'autres, elle ne compte pas s'arrêter là. "Plus le gouvernement répondra par la violence, plus on sera nombreux dans les rues à chaque mobilisation".

Des gaz lacrymogènes à l’arrivée place Jean-Macé

Si le défilé s'est passé dans le calme et la bonne humeur, quelques jets de projectiles et tirs de mortier ont ponctuellement éclaté en marge du cortège. Les forces de l’ordre ont donc répondu par de brèves interventions et des tirs de gaz lacrymogènes. Mais à l’arrivée place Jean Macé, alors que les organisateurs et les policiers invitaient les manifestants à se disperser, les gaz ont rapidement envahi la zone. L'objectif était, selon la préfecture, de "faire reculer un groupe violent en première ligne". Mais l'ensemble de la place et les manifestaient se sont vite retrouvés encerclés par les fumées lacrymogènes. L'incident a provoqué un début de mouvement de foule, rapidement contenu, notamment par des organisateurs et bénévoles.

La fin de la manifestation n’a pas pour autant marqué le retour au calme. Des cortèges spontanés se sont en effet formés dans les rues voisines, tandis que plusieurs personnes continuaient d’occuper la place Jean Macé. Des incendies de poubelles et barricades ont également été signalés dans le secteur de Jean Jaurès. Les forces de l'ordre sont donc intervenues à plusieurs reprises dans ces secteurs. Et ce en réponse à des "individus hostiles", toujours selon la préfecture. A noter que la place doit être évacuée à 18 heures au plus tard.

Au milieu de ces tensions, des gestes de solidarité ont ponctué la dispersion. À la fin du parcours, une habitante a notamment lancé aux manifestants incommodés par les gaz des masques chirurgicaux et gouttes oculaires depuis sa fenêtre. De quoi illustrer les valeurs d'aide et de partage inhérentes aux manifestations qui divisent la France depuis plusieurs semaines.

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