Après plusieurs heures d'incertitude, le préfet du Rhône a finalement signé ce vendredi 23 octobre un arrêté interdisant les manifestations samedi à Lyon, de 10 heures à 23 heures, dans un vaste périmètre allant de la Presqu'île jusqu'à la Part-Dieu et une partie du Vieux Lyon.
Cette fois, les manifestants sont fixés. Alors qu'un acte II du mouvement contre la vie chère est annoncé samedi 24 octobre à Lyon, le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a signé ce vendredi un arrêté interdisant "les manifestations, cortèges, défilés, attroupements et rassemblements à caractère revendicatif" dans une grande partie du centre-ville.
L'interdiction sera en vigueur de 10 heures à 23 heures. Elle concernera notamment l'ensemble de la Presqu'île, de la place des Terreaux jusqu'à Perrache, mais également une partie du Vieux Lyon, de la Confluence, du 6e arrondissement et du secteur de la Part-Dieu. Les abords de la préfecture et de l'hôtel de ville sont également inclus dans ce périmètre.

La préfecture revoit sa copie
Une décision qui fait suite à 24 heures d'incertitude concernant l'interdiction ou non des manifestations entre Rhône et Saône ce samedi. Jeudi matin, les services de l'État avaient communiqué sur leur volonté d'interdire "par arrêtés tout manifestation dans la ville de Lyon ce samedi 24 octobre", avant que le préfet du Rhône, dans une interview accordée à nos confrères du Progrès se montre bien moins catégoriques, expliquant suivre "la situation au jour le jour." Dans le même temps, et à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, Grégory Doucet avait expliqué que le chef du gouvernement jugeait peu approprié d'empêcher les habitants des grandes villes de manifester. Emmanuel Macron avait également indiqué cette semaine qu'il voulait autoriser sur le territoire national les manifestations organisées et encadrées par un syndicat.
"Le Premier ministre a bien partagé avec nous le fait que, pour les grandes villes, Paris, Lyon et Marseille, ne pas offrir la possibilité aux gens de manifester ne lui semblait pas approprié, et même, à vrai dire, impossible" avait affirmé le maire écologiste de Lyon jeudi soir. Avant de poursuivre chez nos confrères de France Info : "Je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise a priori les manifestations parce que les gens ont des choses à dire."
Finalement, la préfecture du Rhône a légèrement revu sa copie, interdisant les manifestations et rassemblements dans un périmètre précis, même si celui-ci reste très étendu. Vendredi midi, les services de l'Etat expliquaient qu'aucune manifestation n'avait été déclarée en préfecture en dehors du périmètre d'interdiction.
Jusqu'à 25 000 manifestants attendus selon les renseignements
Dans son arrêté, la préfecture justifie sa décision par les violences du 17 octobre, qui avaient donné lieu à de nombreux pillages et à 160 interpellations. Selon les renseignements territoriaux, entre 20 000 et 25 000 personnes pourraient participer aux rassemblements annoncés samedi dans l'agglomération lyonnaise.
Les autorités redoutent de nouvelles attaques contre des commerces et des bâtiments publics, plusieurs sites étant désignés comme des cibles sur les réseaux sociaux. L'arrêté évoque également les risques d'affrontements entre groupes antagonistes et les intentions de certains commerçants de protéger eux-mêmes leurs établissements.
Un important dispositif de sécurité sera déployé samedi dans l'agglomération lyonnaise pour prévenir de nouveaux débordements. "Nous nous préparons à tous les scénarios avec un dispositif massif et réactif", affirme de son côté le préfet du Rhône, Étienne Guyot. Si l'interdiction ne concerne finalement pas l'ensemble de la ville, elle englobe les principaux lieux de rassemblement annoncés ces derniers jours, notamment la place Bellecour, où un appel à manifester à 14 heures circule sur les réseaux sociaux. Reste désormais à savoir si les manifestants respecteront ce périmètre ou tenteront malgré tout de se réunir au cœur de Lyon.
Trois maires d'arrondissement soutiennent le préfet
Dans un communiqué de presse, les maires des 2e, 5e et 6e arrondissements, Pierre Oliver, Thomas Rudigoz et Samuel Soulier, apportent leur "soutien plein et entier" à l'interdiction de manifester samedi. Estimant cette mesure "grave" mais "justifiée" après les violences du 17 octobre, les trois élus appellent Grégory Doucet à soutenir la décision préfectorale et les Lyonnais à la respecter.
