Sacrés, chassés, exploités ou adorés, les animaux occupent une place particulière dans nos sociétés. À partir de ce vendredi 16 octobre, le musée des Confluences de Lyon leur consacre une nouvelle exposition intitulée « Animal culte », à découvrir jusqu'au 15 août 2027.
Ours en peluche, trophées de chasse, étole en fourrure : le musée des Confluences de Lyon dévoile vendredi l'exposition "Animal culte", une exploration de la relation de l'homme avec les bêtes dans différentes cultures. Sur près de 1.000 m2, le public est invité du 16 octobre au 15 août à emprunter un parcours où 330 objets ethnographiques et spécimens d'histoire naturelle sont mis en lumière dans une scénographie colorée et pédagogique.
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Chaque pièce permet de "traduire l'importance des animaux dans nos vies" et d'étudier de plus près les paradoxes des comportements humains vis-à-vis d'eux, estime Hélène Lafont-Couturier, directrice du musée des Confluences. Plusieurs espèces sont représentées et classées par thème, selon qu'elles soient sacrées, exploitées, chassées ou utilisées pour transmettre un message politique.
Dans la pièce dédiée à la perception symbolique des animaux, des reliques de sacrifice font face à un tambour d'offrande vietnamien du XIXème siècle destiné à "substituer l'animal vivant pour lui éviter des souffrances", explique Mathilde Gallay-Keller, cheffe de projet de l'exposition.
Malgré cette preuve de sensibilité à la cause animale, les activités d'élevage évoquées plus loin témoignent d'une accélération de l'exploitation intensive, illustrée notamment par un fer à marquer le bétail et une tunique écarlate chinoise en soie de bombyx. Sur le mur de l'espace suivant, nommé "sauvages", trône un postérieur de zèbre sous la forme d'un trophée de chasse. Un faux réalisé en 2016 par un artiste français "pour interroger les publics sur ces pratiques de chasse et en particulier le safari", avance Mme Gallay-Keller.
Livres naturalistes, fourrures, cages et éperviers empaillés cèdent leur place à une zone plus politique: s'y cotoient des planches du roman graphique "Maus" d'Art Spiegelman, où souris, cochons et chats incarnent juifs, Polonais et nazis pendant la Seconde guerre, et un tableau du peintre Philippe Rousseau où des rats servent par anthropomorphisme à critiquer le clergé.
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"2008 L214". C'est ainsi que s'achève la frise chronologique de la cause animale qui illustre un élan progressiste, porté notamment par des militants animalistes dans les années 1960 désireux de "cesser toute utilisation et toute exploitation animale", détaille la cheffe de l'exposition. Sur une note optimiste, la dernière salle invite à réfléchir à une meilleure cohabitation de l'espèce humaine et des animaux dont les environnements naturels se réduisent.
Près de 350.000 visiteurs s'étaient rendus à l'exposition précédente nommée "Zombis, aux origines", présentée d'octobre dernier à août 2026.
