L’entrepreneuriat progresse dans les quartiers prioritaires d’Auvergne-Rhône-Alpes d’après les dernières données publiées par l’Insee. Pour autant, le secteur reste fragile, puisque les entreprises ne parviennent pas à s’installer dans la durée.
Selon une étude publiée ce vendredi 16 octobre par l’Insee, en partenariat avec la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), les 145 quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) comptaient 20 300 établissements économiquement actifs en 2023 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. C’est 42% de plus qu’en 2014. Cette hausse est proche de celle enregistrée dans les intercommunalités qui englobent ces quartiers (+43%).
Les micro-entrepreneurs représentent la moitié des établissements
Cette augmentation repose largement sur les micro-entrepreneurs. Leur nombre a bondi de 184% entre 2014 et 2023 dans les quartiers prioritaires. Ils représentent la moitié des établissements qui y sont implantés. Ces entrepreneurs sont en moyenne plus jeunes que ceux des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), avec 39 ans, contre 41 ans. Ils sont aussi plus souvent des hommes, qui représentent 75% des micro-entrepreneurs des QPV, contre 57% dans les intercommunalités voisines.
"Les quartiers prioritaires sont des territoires d’initiative et d’entrepreneuriat. La forte progression du nombre d’établissements depuis 2014 en témoigne. Elle invite aussi à poursuivre notre mobilisation collective pour accompagner les entrepreneurs dans la durée, favoriser le développement de leurs activités et renforcer leur capacité à créer des emplois", explique Fabienne Fournier-Beraud, directrice régionale de la Dreets.
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La construction comme premier secteur d’activité
En 2023, un établissement sur deux concerne les secteurs de la construction, du commerce, de la réparation automobile, ou du transport et de l’entreposage. Dans les intercommunalités, ces trois secteurs ne représentent que 29% des établissements. La construction arrive même en tête dans les QPV. À l’inverse, les secteurs qui demandent des niveaux de formation plus élevés, comme la comptabilité, l’architecture ou l’ingénierie, y sont deux fois moins implantés.
Cette spécialisation s’accompagne d’un tissu économique composé de petites structures. En 2022 et 2023, seuls 32% des établissements des QPV employaient des salariés, contre 37% dans les intercommunalités environnantes. Et lorsque des salariés sont présents, les établissements sont en moyenne plus petits : six salariés par établissement employeur dans les quartiers prioritaires, contre onze ailleurs. L’étude de l’Insee indique également que les quartiers prioritaires génèrent moins d’emplois salariés. On y compte 0,2 salarié pour un actif qui y réside, contre 0,7 dans les EPCI.
Dernier point de cette nouvelle parution, la création d’une entreprise ne garantit pas le maintien d’une activité économique. Parmi les établissements créés en 2021 dans les QPV, seuls 54% sont devenus économiquement actifs dans les deux années suivantes, contre 69% dans les intercommunalités environnantes. Ces activités sont plus fragiles et peinent à s’installer dans la durée.
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