Le mont Blanc culmine désormais à 4807, 47 mètres, soit 1,88 mètre de plus qu’en 2023 et 27 centimètres au-dessus de la mesure historique de 1894.
La nouvelle altitude du plus haut sommet d’Europe a été dévoilée mercredi 14 octobre, à Saint-Gervais-Mont-Blanc par la Chambre départementale des géomètres-experts de la Haute-Savoie.
Le mont Blanc culmine désormais à 4807,47 mètres ? C'est 29 centimètres de moins qu'en 2025, 4 centimètres de moins qu'en 2024 mais 1,88 mètres de plus qu'en 2023. Et 27 centimètres au-dessus de la valeur historique des Vallot (4807,2 mètres).
Pendant des générations, les écoliers ont appris par cœur que le mont Blanc mesurait 4807,2 mètres. Cette mesure des cousins Vallot, réalisée à partir de 1892 et arrêtée en 1894, était un travail monumental de mesures et de triangulation du massif, d’une précision estimée à l’époque de l’ordre du demi-mètre. Elle est ensuite devenue officielle, intégrée aux repères du SGA (Service Général des Armées).
Mais depuis la nuit des temps, l’altitude du mont Blanc varie continuellement. En 2001, la Chambre départementale des géomètres-experts de la Haute-Savoie a décidé de déployer son expertise pour le mesurer précisément. Vingt-cinq ans plus tard, elle dévoile une nouvelle altitude : 4807,47 mètres.


Ces chiffres pourraient laisser penser que le mont Blanc "grandit" ou "rétrécit". La réalité est évidemment plus complexe. Ce que mesurent principalement les géomètres- experts à la surface du sommet est la calotte de neige et de glace qui recouvre le relief rocheux. Cette calotte est soumise à des phénomènes extrêmement variables : accumulation de neige, précipitations, vent, transport et redistribution de la neige, températures, ensoleillement et conditions météorologiques des mois précédant la mesure. Le sommet que nous mesurons aujourd’hui n’est donc pas exactement celui que nous aurions mesuré quelques mois auparavant.

"Les conditions de l’année 2026 donnent un éclairage supplémentaire à cette nouvelle campagne, expliquent les géomètres-experts. L’année 2026 apparaît ainsi, à ce stade, comme une année particulièrement sèche par rapport à cette série de référence. Un autre indicateur mérite toute notre attention : l’altitude de l’isotherme 0 °C. Cette altitude correspond au niveau où la température de l’air atteint 0 °C. Les mesures réalisées par radiosondage à Payerne, en Suisse, constituent une référence particulièrement intéressante pour suivre l’évolution de l’atmosphère libre dans la région alpine. Certaines situations estivales récentes ont été particulièrement remarquables : l’isotherme 0 °C a dépassé les 5 000 mètres lors d’épisodes de chaleur exceptionnels. Mais elle ne permet pas, à elle seule, d’expliquer l’altitude du mont Blanc d’une année à l’autre. La calotte sommitale répond à une combinaison de phénomènes météorologiques et glaciologiques. Précipitations, vent, accumulation et redistribution de la neige, température et évolution de la glace doivent être considérés ensemble. C’est précisément l’intérêt de disposer d’une série de mesures régulières."
Les relevés de 2026 ont mobilisé, après dix heures d’ascension, une équipe de 32 experts et passionnés (géomètres-experts, guides, partenaires et photographe) répartis en 11 cordées (versus 22 personnes en 8 cordées, avec 10 kg de matériel et disposait d’une heure de mesure au sommet, écourtée par la menace de mauvais temps en 2023).

