Les journalistes du Progrès se mobilisent massivement ce vendredi 9 octobre contre le plan de départs volontaires annoncé par le groupe Ebra et le recours accru à l'intelligence artificielle.
C'est une mobilisation d'ampleur inédite au sein du groupe de presse Ebra, propriété du Crédit mutuel. Ce vendredi 9 octobre, les salariés de ses neuf journaux régionaux étaient appelés à faire grève pour dénoncer un plan de réduction des effectifs et l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle dans les rédactions.
Au Progrès, qui couvre notamment le Rhône, la Loire et l'Ain, le mouvement est particulièrement suivi. Selon les chiffres communiqués par les syndicats, 82 % des journalistes de la rédaction sont en grève, soit 113 personnes. Dans la Loire, le taux de participation atteint même 98 %.
Jusqu'à 400 départs volontaires envisagés
À l'origine de cette mobilisation, un plan annoncé fin juin par la direction d'Ebra, qui prévoit jusqu'à 400 départs volontaires parmi les quelque 3 200 salariés du groupe. Cette restructuration intervient dans un contexte économique difficile pour la presse quotidienne régionale. Selon la direction, les ventes au numéro et les abonnements ont été divisés par deux en dix ans, tandis que la perte opérationnelle du groupe a dépassé 10 millions d'euros en 2025.
Les syndicats soulignent toutefois que le Crédit mutuel, propriétaire d'Ebra, a dégagé un bénéfice net de 4,8 milliards d'euros.
Au-delà des suppressions de postes, les représentants des salariés s'inquiètent de la volonté de la direction de compenser les départs par l'automatisation de certaines tâches, notamment éditoriales, grâce à l'intelligence artificielle.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) de L'Est républicain et de Vosges Matin dénonce ainsi le risque de voir se multiplier des contenus produits ou retravaillés par l'IA, au détriment de la qualité de l'information et de la confiance des lecteurs. La mobilisation concerne également Le Dauphiné libéré, Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Républicain lorrain, L'Alsace et Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
De son côté, la direction d'Ebra indique avoir "pris acte" de l'appel à la grève et assure rester disponible pour échanger avec les représentants du personnel. La procédure d'information-consultation doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois de novembre.
Les détails du plan social
- Les Dernières Nouvelles d'Alsace : 57 postes supprimés dont 22 journalistes - 8 créations de postes - fermeture d'une ligne de rotatives
- Est Républicain/Vosges Matin : 65 postes supprimés dont 34 à la rédaction, dont 17 SR Le Républicain Lorrain : 35 postes supprimés dont 19 journalistes
- Est Bourgogne Médias (Le Journal de Saône-et-Loire et le Bien public) : 19 postes supprimés, dont 17 à la rédaction - 9 postes créés
- Le Progrès : 60 postes supprimés, dont 49 à la rédaction - 23 postes créés
- Le Dauphiné libéré et Vaucluse matin : 57 suppressions de postes, dont 28 journalistes – arrêt d'une ligne de rotatives
- Ebra services : 95 postes supprimés

".....................Les syndicats soulignent toutefois que le Crédit mutuel, propriétaire d'Ebra, a dégagé un bénéfice net de 4,8 milliards d'euros......................."
oui mais la pub à la télé nous dit que c'est "une banque dont les actionnaires sont ses clients/citoyens"... loin des grosses fortunes et vilains capitalistes...
alors, ont-ils voté pour ça ? 😀