Dans le Chablais, en Haute-Savoie, les travaux de la A 412 avancent mais les opposants restent mobilisés. Ils étaient encore 1000 ce wee-end à Machilly.
En Haute-Savoie, la contestation ne faiblit pas contre le projet d’autoroute A 412 dans le Chablais. Ce samedi, un millier d’opposants se sont encore réunis à Machilly pour un pique-nique de protestation. Dans le même temps, les travaux débutés en septembre se poursuivent. La tension monte à l’approche d’une échéance judiciaire cruciale. Le 14 octobre prochain, la justice administrative doit examiner une demande de suspension du chantier.
Depuis le 1er septembre, date du lancement des premiers travaux de déboisement sur le tracé, notamment à Perrignier, des opposants se mobilisent chaque jour pour retarder l'avancée des engins. Certains ont tenté d'occuper les bois concernés ou de barrer le passage des véhicules de chantier. La police est intervenue à plusieurs reprises pour disperser les militants, parfois à l'aide de gaz lacrymogènes. La plupart du temps, les forces de l’ordre n’ont procédé à aucune arrestation. Celle de Thomas Brail, un activiste écologique, a fait plus de bruit. Elle fait aussi écho au projet tout aussi contesté de l’A 69 qui doit relier Castres à Toulouse. Thomas Brail avait déjà été arrêté par la police dans le sud-ouest. Bien avant les premiers coups de pioche, les opposants avaient monté une ZAD (zone à défendre) en janvier 2026, à Mésinges, sur le tracé de la A 412. Les opposants dénoncent depuis le début un projet "d'un autre âge" et réclament en alternative le développement des transports en commun.
Sur le plan juridique, une trentaine d'associations a déposé des recours contre la construction de l'A412. Deux procédures ont ainsi été engagées par 21 organisations et 40 riverains, parmi lesquels France Nature Environnement Haute-Savoie, les Amis de la Terre, la LPO ou encore la Confédération paysanne. Le premier recours vise l'annulation pure et simple de l'autorisation environnementale signée par le préfet de Haute-Savoie, Jérôme Bonet, le 28 août dernier. Une signature qui avait permis le lancement des travaux quelques jours plus tard.
Porté conjointement par l'État, maître d'ouvrage, et le concessionnaire Amedea, le projet consiste à créer une liaison autoroutière à 2x2 voies de 16,5 kilomètres entre Machilly et Thonon-les-Bains, traversant douze communes du Chablais. L'objectif affiché est de désenclaver ce territoire, en le reliant à l'agglomération d'Annemasse, au bassin d'emploi genevois et à l'autoroute A40. Le chantier, dont le coût est estimé à 315 millions d'euros financés sans argent public selon Eiffage, doit s'accompagner d'un système de péage en flux libre. La mise en service reste prévue pour janvier 2029.
